À 20 ans, il est déjà connu et apprécié du public mauricien. À peine son premier album, 21st Century, a-t-il été publié en mai de cette année que Murvin Clélie a connu le succès grâce à son tube, Nou pou sirmonte. Il est aujourd’hui l’un des jeunes chanteurs les plus demandés de la scène locale. Un succès que le chanteur a su gérer, parallèlement à ses études. En mai 2015, le public a découvert un jeune artiste au talent assez particulier ainsi qu’un premier album, disque auquel les Mauriciens ont accordé une grande importance. Comment avez-vous vécu cette soudaine popularité ? Honnêtement, j’avoue que je ne m’y attendais pas. Ma vie a beaucoup changé. Dès la sortie de mon premier album, j’ai eu des feed-back très positifs du public. Certains estiment même que je peux être primé au concours du “Disque de l’année” 2015. Le changement a été rapide en ce qui concerne la vie de tous les jours. J’ai été très demandé, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. On m’a beaucoup sollicité pour des sorties sur scène. Je suis passé du statut de simple étudiant inconnu au jeune artiste le plus demandé de la scène locale. Au moment de la sortie de 21st Century, vous étiez en dernière année de secondaire. A-t-il été facile pour vous de combiner les études et la musique ? Cela n’a pas toujours été facile de gérer les deux. La semaine était consacrée aux études et le week-end était dédié à la musique, principalement aux concerts. Comme je suis également ingénieur de son dans un studio, il m’arrivait de devoir consacrer du temps à la musique, même en semaine. Je devais planifier mon temps pour ne pas négliger les études. Il y avait une heure pour travailler et une heure pour réviser. Grâce aux encouragements de mes parents, de ma famille et aussi par mes croyances spirituelles, j’ai su gérer mon temps et je suis arrivé à m’en sortir. J’attends les résultats de Higher School Certificate (HSC), qui m’indiqueront si j’ai bien su m’y prendre ou pas. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué depuis votre récent succès ? J’ai été touché de constater que toutes les générations sont derrière moi. Lors d’un concert, j’ai été surpris et ému de voir des personnes âgées dans les premiers rangs, en train de reprendre en choeur mes titres les plus connus. C’était d’autant plus agréable que les jeunes sont souvent pointés du doigt pour la musique qu’ils proposent. C’est encore pire quand on a des dreadlocks et qu’on chante du reggae. On nous reproche parfois de faire une musique qui casse les oreilles. Dans le cas de The Prophecy, même les aînés suivent la tendance. Personnellement, je suis fier de dire que mon groupe parvient à rassembler jeunes et moins jeunes dans un même concert. Vous parliez plus tôt du “Disque de l’année”, un événement qui approche. Pensez-vous avoir une chance d’être choisi par les Mauriciens pour la première place du concours de cette année ? Tout d’abord, je n’ai pas sorti l’album avec l’idée qu’un des titres qui y figurent soit le “Disque de l’année” 2015. Ce que je voulais montrer et prouver au public, c’est que la jeune génération a du potentiel et qu’il faut lui donner sa chance. Je ne fais pas partie des artistes pour qui être le “Disque de l’année” revêt une grande importance. Je suis conscient qu’il y a des machines à produire des “disques de l’année”. S’il arrive que je gagne le concours sur une radio, cela signifierait qu’il y a des Mauriciens qui soutiennent la jeune génération d’artistes. Mais que je gagne ou perde, cela n’a aucune importance. Le plus important est que le message de Nou pou sirmonte s’est propagé. En tant que jeune artiste, quelle opinion avez-vous de la musique locale actuelle ? Je vous ouvre mon coeur en vous disant que l’industrie musicale à Maurice est en panne. Sans les festivals musicaux que nous avons eus ces derniers temps, les artistes ne s’en seraient pas sortis. Je pense que l’État devrait accorder à la communauté des artistes le même intérêt qu’il accorde aux sportifs. Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est que le gouvernement parle de propulser la musique locale sur les plateaux internationaux. Toutefois, rien n’est fait pour permettre à la machine d’avancer dans cette direction. La musique locale d’aujourd’hui a tout le mérite d’être reconnue à l’international. Elle est particulière grâce à notre culture qui nous est propre. La musique mauricienne actuelle mérite une plus grande évolution, avec l’appui de jeunes artistes. Tout en reconnaissant que les anciens ont su tenir la barre durant de nombreuses années, je pense que l’heure est venue pour que la jeune génération la fasse avancer. En seulement sept mois, vous avez atteint les sommets. Quelle est l’étape suivante pour Murvin Clélie ? Pendant ces sept derniers mois, j’ai eu l’occasion de présenter 21st Century aux quatre coins de l’île. Récemment, au Festival International Kreol, j’ai joué devant environ trente mille personnes. Lors de mon passage sur scène, j’ai compris que le public m’attendait. Je pense que j’ai encore de la route à faire avec mon premier album. Je partagerai ma musique avec un maximum de Mauriciens avant de franchir la prochaine étape, qui est de me faire connaître à l’international. J’ai cru comprendre que The Prophecy était demandé en Angleterre, en Australie et en Suisse. J’essaierai d’aller rencontrer ces publics. Ensuite, je me concentrerai davantage sur mon deuxième album, un opus sur lequel je travaille déjà. J’en suis déjà à l’écriture des textes. Le défi sera de réaliser un deuxième disque qui plaira encore plus à nos fans. Côté musique, il n’y aura pas de grand changement puisque le public nous a montré qu’il aimait déjà le style que propose The Prophecy. Ce sera toutefois un album riche, avec une plus grande recherche musicale et artistique. ——————————————————————————————————————————— The Prophecy en quelques lignes Murvin Clélie a fait ses débuts dans la musique en 2012, en participant à l’album de Mahela, en tant que claviériste et choriste du groupe. Le jeune artiste a eu l’occasion de se présenter sur les scènes de concerts comme Reggae Zwe ou encore Hommage à Bob Marley. Parallèlement, Olivier Dauphine et lui, les deux membres fondateurs de The Prophecy, travaillaient sur des textes. En décembre 2014, Nou pou sirmonte est présenté pour la première fois en live sur la scène du Baz’Art. C’est là que Franco Prosper remarque le duo d’artistes et lui propose d’être son manager. Après cinq mois de studio, 21st Century sort dans les bacs en mai 2015. Le succès est immédiatement au rendez-vous, faisant de The Prophecy l’un des jeunes groupes les plus appréciés et demandés de 2015. ——————————————————————————————————————————— Musical Unity Festival à Mahébourg Le concert sera organisé par Géraldine Rainbow Island Events, le samedi 19 décembre à l’amphithéâtre de Mahébourg, de 20h à 2h du matin. Outre The Prophecy, Musical Unity Festival 1 accueillera Maroon Brothers, Natir Samarel, Kalmet Vibration, Jerry & The Resistance et Riddim Factory. Pour plus d’infos, appelez le 59-45-92-01. ——————————————————————————————————————————— Nou pou sirmonte Me wi nou pou sirmonte (x4) Me pourtan malgre tanpet nou’nn resi diboute Wi li vre ki avan mo ti anvi abandone Me mo’nn trouve ki nou lamour pli for ki tou Mo pou konbat toultan a to kote Mem si enn ta pa aksepte ki nou de nou viv ere Me donn mwa kouraz bondie pou fer fas a tou sa An gro les nou lamour brile Nou fer tou seki nou dezire Viv ansam pou leternite Refrin Me wi nou pou sirmonte Fer mwa konfians Se ki’nn arive to met sa lor mo konsians Mo ena pasians wi mo pou atann Mo sir ki nou pou arive dan lavi (bis) Wi vremem li ti mari dir Monn fer twa konfians mo kone ki zame to pou trair mwa To’nn aksepte manti pou le koz to pa perdi mwa E sa mo ena enn gran rekonesans Mo kone ki dan le fitir twa ek mwa nou pou viv ere Me akos twa, nou travers sot tou bann miray Deryer laport nou lavenir asire Pou twa mo kapav eskalad bann sirfas difisil a monte Refrain Arive dan lavi O non non non Ki zame to pou trair mwa O non non non Arive dan la vi Ki zame to pou trair mwa