Malez est une formation de world music formée il y a sept mois. Doués et provocateurs, les cinq membres sillonnent ensemble Maurice pour conter leur histoire en musique.

Un peu de rock mêlé à Ras Kouyon, le seggae de Kaya, telle est la chanson d’introduction de Malez, un groupe constitué de François Henri (chanteur principal et guitariste), Berny Monneron (percussionniste), Damien Pontil (guitariste soliste), Kersley Tuyau (batteur) et Thierry Thievo (bassiste). Ensemble, ils façonnent leur musique et osent. “Mes textes sont engagés. Le groupe s’appelle Malez parski li rakont bann maler ki pe arive dan Moris. Nous parlons des maux de notre société et la division qui se fait de plus en plus sentir”, confie François Henri, le leader du groupe et qui écrit toutes les chansons.
“Notre musique est proche du seggae. Mais il n’y a pas que le seggae qui sert à revendiquer. Grup Latanier l’a bien fait avec des ségas. La musique à Maurice est devenue dansante”, souligne le chanteur, qui a débuté en 2010 aux côtés des BlackmenBluz et qui a côtoyé plusieurs artistes. La formation propose une musique dansante servie par des paroles engagées. “Certains de mes textes sont courts pour ne pas que les gens oublient le début. Il faut être dans la simplicité pour captiver l’attention.”

“Nou pa pe kapav rezoud bann vre problem”.

La chanson Dilo aborde la mauvaise gestion et le manque d’eau, un problème qui concerne tout le monde et pas uniquement ceux qui sont au bas de l’échelle. Sur ce morceau, les influences musicales sont le jazz, la soul et le reggae. Une voix rauque et soul ponctue la chanson. “Nou pe viv dan enn pei modern me nou pa pe kapav rezoud bann vre problem.” François Henri invite les Mauriciens à réfléchir et à prendre position. “Nous nous inspirons de la musique locale : Kaya, Eric Triton, Roland Fatime. Ce dernier a fait de la soul pop séga. Aujourd’hui, ça n’existe pas. C’est aussi un peu ce que nous faisons.”
Le quintet s’est rencontré la première fois lors d’un jam. Dès les premières notes, les membres se sont plu et ont décidé de continuer ensemble l’aventure. “Le guitariste faisait partie d’une formation de hard rock, le bassiste était un guitariste qui jouait des sets acoustiques, Kersley Tuyau a été au Conservatoire François Mitterrand et a étudié la batterie.” Dans la vie, ils viennent de divers domaines et sont âgés de 25 ans, à l’exception du leader. La musique les a rapprochés. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes lors de leurs prestations. “Nous nous rencontrons une fois par semaine pour répéter.”

Après avoir foulé les scènes du Sapin et de Kenzi, Malez se produira à l’IFM ce vendredi 29 juin. Le groupe présentera un nouveau morceau intitulé Malez. “Cette chanson parle de ce qui s’est passé à Port-Louis le 2 juin. Ça m’a marqué. Mesaz la li kri, li direk.” La formation se produira aussi le 27 juillet à Kas Poz pour une levée de fonds en faveur des enfants démunis, ainsi que dans d’autres festivals à venir.
Malez sortira un EP de quelques titres à la fin de l’année. “Nous allons l’offrir gratuitement. Ce sera un live.” Le groupe compte partir en tournée à La Réunion l’année prochaine. Malez est une histoire à suivre.