MUSIQUE - MINANZI MBIRA BAND D’AFRIQUE DU SUD À MAURICE : Au rythme de l’Afrique

Étoile montante de la musique traditionnelle sud-africaine, le groupe Minanzi Mbira Band est actuellement en tournée à Maurice. Scope a rencontré les membres du groupe afin de mieux les connaître et d’en savoir un peu plus sur leur style musical. Ils nous accueillent au son doux et nasillard du mbira, leur instrument fétiche.

“Notre musique est animée et mélodique. Elle montre efficacement la beauté des instruments traditionnels comme le mbira et le djembé. Nous nous sommes formés en 2015. D’ailleurs Danmore et Thendayi Kusaya sont originaires du Zimbabwe et moi je suis Sud-Africain. Nos influences musicales nous ont rapprochés et aujourd’hui nous sommes plus que des potes, nous sommes une famille”, dit Justin Behrendt, le djembéiste et batteur du groupe. En effet, Minanzi Mbira Band est un groupe de musique de Nelspruit, d’Afrique du Sud, dont la musique est une fusion de chansons traditionnelles aux rythmes de danse sud-africains. Évoquant le nom du groupe, il ajoute : “Minanzi signifie belle musique.”

 

L’engouement envers la musique africaine.

Aujourd’hui, le groupe joue un mélange de musique moderne et traditionnelle afin d’attirer plus de jeunes vers sa musique. “Vous savez, en Afrique du Sud comme ailleurs dans le monde, la jeune génération se penche vers le house et le hip-hop. Nous sommes là pour faire renaître cette sonorité.” Le trio est sans équivoque de niveau mondial. “L’Afrique est riche de par sa culture et sa musique. Elle jouit aujourd’hui d’une hausse de popularité globalement. Par exemple, la musique africaine est très populaire en Europe et en Amérique. Les Américains sont davantage en train de chercher un son ressemblant au rock’n’roll. C’est l’une des raisons pour lesquelles notre musique les interpelle.”

Au son de Shangara, une des musiques du Minanzi Mbira Band, le djembéiste nous fait découvrir la richesse des sons africains. Heureux de nous raconter les mythes derrière ce lamellophone, Danmore Kusaya, le chanteur et joueur de mbira, nous explique : “Le mbira est un instrument secret. C’est un instrument de musique traditionnel aux lames métalliques, que l’on fait vibrer avec les pouces sur une caisse de résonance. Il est répandu dans diverses régions d’Afrique. Il y a très longtemps, les gens n’avaient pas le droit de jouer des airs de musique au son du mbira car c’est un instrument spirituel. Les gens l’utilisaient pour méditer et pour se connecter aux esprits. C’était un rêve pour moi d’en jouer.”

Sa passion pour la musique a rapidement augmenté à partir de là, et il a ensuite enseigné à Thendayi, son jeune frère, à jouer aussi. “J’ai appris à jouer de la basse tout seul”, dit ce dernier. Ils ont souvent joué pour leur père, notamment lors de rassemblements et durant des concerts. Quant au batteur, son histoire est différente de celle des frères Kusaya, son amour de la musique lui ayant été transmis par son père. “Mon père était un rocker dans les années 60 et j’ai grandi avec de la musique autour de moi. J’ai souvent dormi à côté de son kit de batterie quand j’étais petit. Puis mon amour pour le reggae m’a amené à jouer du djembé.”

 

Mandela, le héros.

Toujours sur le même sujet, les membres du groupe partent un peu plus loin dans leurs explications et parlent de la discrimination qu’il y avait jadis. La ségrégation raciale, disent-ils, fait partie d’un lointain souvenir. “Comme vous pouvez le constater, notre groupe est formé d’un blanc et de deux noirs. Nos grands-parents pratiquaient cette politique mais nous, nous avons grandi autrement. La situation s’améliore de jour en jour. Nelson Mandela a apporté un souffle nouveau et même après sa mort, il continue de propager la positivité. On le voit un comme héros. Il s’est battu pour nous, pour nos droits.” Un droit qui leur permet aujourd’hui de vivre pleinement de leur passion et d’unir le peuple sud-africain au son d’un rythme perdu, et qu’ils essaient de faire renaître depuis trois ans.

Changeant de registre et de titre, le batteur se met cette fois-ci au chamutengure, une musique aux allures de séga. “La première fois que j’ai entendu un séga, cela m’a tout de suite fait penser à la musique traditionnelle africaine. Surtout celle qu’écoutaient nos aïeux”, confie le bassiste. Et si le groupe a emmené son matos à Maurice, c’est parce que notre musique a un air de ressemblance avec la sienne. “Nous sommes venus ici car notre musique est proche de vous. Après quelques recherches sur le net, nous nous sommes aperçus que vous jouez du djembé comme nous mais avec un rythme différent”, admet le chanteur.

 

Le rêve.

Suivant sa bonne étoile, le groupe poursuit son rêve. “Tout ce que nous voulons, c’est voyager, propager notre musique et faire des tournées sur d’autres îles comme les Maldives, celles de Thaïlande, les Comores, entre autres. C’est un rêve devenu réalité de pouvoir jouer pour le public mauricien.”


Minanzi Mbira Band au Jam Inn le 28 juillet

Après son premier rendez-vous musical au Hangar à Pointe aux Canonniers, le Minanzi Mbira Band se produira le vendredi 28 juillet au Jam Inn à Albion à partir de 20h 30. A l’issue de la soirée, une exposition d’instruments africains et de bijoux par Salem Emilien aura lieu. Eric Triton et Shakti Ramchurn animeront la soirée au côté du groupe sud-africain et celle-ci se terminera au son d’afro beat avec aux platines François Henri. Le public pourra emmener des djembés pour un drum circle avec le Minanzi Mbira Band. Le frais d’entrée est à Rs 200.