La circonscription No 7, Piton/Rivière du Rempart, est sous les feux des projecteurs en raison de l’élection partielle. Des agitations, rassemblements de partisans et autres rallyes y sont notés de temps à autre. Ce qui n’étonne guère les électeurs des différents villages concernés par cette partielle, pour lesquels c’est “du bluff” ou simplement “enn badinaz”. Malgré la présence de quelques oriflammes et les opérations de séduction, cette élection n’est pas le sujet qui retient leur attention. Au contraire, elle fait surgir des sentiments d’amertume et de lassitude.

Les électeurs du No 7 préviennent qu’ils ne sont pas dupes. Ces élections partielles, “se enn sinema” qui ne mérite pas de trop s’y attarder, disent-ils. Que ce soit du côté de Plaine des Papayes, de Mapou, Piton, Amitié-Gokhoola, Belle-Vue Maurel, Amaury, Plaine des Roches, Roches Noires, Cottage, Poudre d’Or Hamlet, Espérance Trébuchet, Rivière du Rempart ou Villebague, c’est pratiquement avec la même certitude que ces villageois disent que “cette élection n’aura pas lieu”. Et si elle devait vraiment se tenir, ce serait, disent-ils, “un gaspillage d’argent public que d’élire un député pour être en poste pendant 37 jours”.
Une semaine après le dépôt de candidatures, la vie a donc repris son cours normal.

Du moins en surface, selon Asif, habitant de Rivière du Rempart, car “andan andan ena bann zafer pe deroule soutapi”. Alors que les agents, députés et autres figures politiques se faisaient rares, Georgy, 24 ans, de Mapou, indique qu’“on s’attend très prochainement à les voir devant notre porte. Me zot pa pou vini pou parsiel me pou pli divan. Ce sont surtout pour les élections générales qu’ils commencent à travailler sur le terrain”. Aux abords des boutiques, des commerces ou encore près des marchés, l’actualité du pays demeure présente dans les conversations. Mais pour un trio d’amis retraités du village Amaury, “vo mie pa gat lamitie ar koz politik”. C’est un sujet qui fait “surgir trop de frustrations et de colère”. “Bizin nou ziss pou vot zot apre zot blier nou”, souligne Basslochun Jootun, 70 ans, qui ne cache pas son amertume d’avoir “marss ar bann la enn lepok”. Sauf que depuis, trop d’eau a coulé sous les ponts, et comme l’indique Amadullah Fokeerbux, “il sera bien difficile kouyonn nou ankor. Fode ena fiel vinn remontre figir dan landrwa”.

C’est donc un terrain bien glissant qui se présente aux 26 candidats inscrits pour ces élections partielles au N° 7. D’ailleurs, Asif est convaincu à 100 % que la réaction des habitants du N° 7 donne largement une indication de ce qui se dessine à l’horizon d’ici quelques mois. Pour cette raison, ce fonctionnaire est d’avis que “gouvernman pa ankor pare pou desann lor terrin. Il y a trop de risque pour l’équipe de Pravind. Si jamais on ose vraiment tenir cette élection, le résultat de cette partielle va certainement influencer les élections générales et je ne pense pas qu’il soit prêt à voir la vérité en face”. Georges, laboureur et originaire de Cottage, affirme pour sa part que “nou pa bet. On sait très bien que le gouvernement est doué pour jouer la comédie. Me nou silenss ve pa dir ki nou pou less nou fer”.

C’est uniquement par devoir civique qu’Asraf Azmuttally ira aux urnes si la partielle se tient au N° 7 comme convenu, nous dit-il, mais pour l’instant il s’en lave les mains car “je connais trop bien la chanson des fameux discours et fausses promesses. Ki so Bolom, ki so piti, ki so bann lezot parti, pena nanye pou linstan ki pou kapav vinn interess dimounn pou suiv zot dan zot betiz”. Les réunions, les baz et meetings nocturnes se font d’ailleurs encore attendre. Pour Rajesh Seeboruth ou encore Alain Marmite, ce n’est pas vraiment étonnant puisqu’“ils risquent de se retrouver entre eux-mêmes. Nous avons d’autres priorités et tellement de difficultés à joindre les deux bouts que nous ne sommes pas intéressés par sa bann spektak la”.

Sur certaines routes principales, quelques oriflammes ont été placardées ici et là. L’un des seuls éléments qui indiquent que les élections sont “derrier laport”, ironise Bharat J., c’est la présence de personnalités dans les mariages et anniversaires. “Antan normal, ziss dan lamor ki zot ti envoy enn reprezantan”. Sauf que ces opérations destinées “à faire du charme à l’électorat”, comme le dit Hassim B., chauffeur de taxi de Plaine des Roches, “ne fonctionnent plus” car “nous sommes tous très déçus d’avoir été bernés. Trop c’est trop. Zordi zour zot pou bizin fer sir avan vinn rod nou vot”.