Une chose est indéniable : la natation mauricienne a tenu la gageure dans le bassin de Roche-Caïman. Avec les problèmes qui ont ébranlé la Fédération mauricienne de natation (FMN) avant les Jeux, il y avait des risques que les résultats soient différents. Mais, heureusement, les jeunes protégés du Directeur technique national (DTN), Philippe Pascal, et de l’entraîneur Gaël Adam ne se sont pas laissé affecter et les résultats qu’ils ont produits parlent d’eux-mêmes.
Avec huit médailles d’or, la natation mauricienne a tout bonnement réalisé sa meilleure moisson dans l’histoire des JIOI depuis 1990 à Tana. Déjà, par rapport à la septième édition en 2007, le nombre de médailles d’or a quadruplé. À Tana, Gaël Adam en avait rapporté deux. Ce qui veut dire que la progression est réelle.
Il y a eu les nageurs dont on attendait beaucoup et qui ont confirmé et d’autres qui ont surpris agréablement. Du côté de ceux qui ont confirmé, on citera d’abord Darren Chan Chin Wah. Le sociétaire du Club de Natation du Pavillon (CNP) a décroché deux médailles, soit au 100 m et 200 m brasse. Malgré toute la pression qu’il avait sur ses épaules, car se sachant attendu au tournant, le jeune nageur a gardé le cap. Il a même ajouté à cette moisson une médaille de bronze au 50 m brasse.
Autre confirmation : Heather Arseth. L’Américaine née de mère mauricienne a pris part à beaucoup d’épreuves et a été médaillée dans presque chacune d’elles. L’on retiendra qu’elle avait rapporté la première médaille d’or à la natation mauricienne alors qu’elle était alignée au 50m dos. Elle a aussi été sacrée au 100m dos ainsi qu’avec l’équipe du relais 4x100m nage libre.
Olivia de Maroussem a, elle, confirmé qu’elle était la plus rapide de l’océan Indien sur le 100m nage libre. Elle a nagé sous la minute — tout comme sa camarade Heather Arseth — et donc maintenu son rang. Stephanie Ah Quah, l’autre expatriée, a été moins sous les feux des projecteurs mais a quand même décroché une médaille d’or au 200m dos.
Du côté des bonnes surprises, il y a eu la médaille d’or d’Emmanuel Froget au 100 m papillon. La manière avec laquelle il a remonté et dominé ses adversaires au finish a impressionné plus d’un. Cette médaille, il a été la chercher. C’est ce genre d’attitude de battant qui doit être adopté par l’ensemble de l’équipe.
D’autres nageurs, à l’instar de Mathieu Marquet, Oliver Ah Ching, Jean-Pascal Hugues-Grégoire et Elodie Poo Cheong, entre autres, ont tiré leur épingle du jeu de manière plus qu’honorable. Il y a eu beaucoup de records personnels améliorés et de records nationaux battus. Ce qui est une traduction chiffrée de la progression de la petite élite de nageurs mauriciens.
Désormais, le grand défi — comme l’a d’ailleurs reconnu la présidente de la fédération, Doreen Tiborcz — sera de conserver l’ossature de ce groupe. Ce ne sera pas chose aisée, mais il faut tout mettre en oeuvre pour le faire. Car ce n’est que de cette façon que la natation mauricienne sera encore plus performante dans quatre ans aux 9es Jeux à La Réunion.
Car s’il faut tout recommencer, ce sera la catastrophe. Il faut saluer le travail effectué par le DTN, Philippe Pascal, depuis qu’il est en poste à Maurice. N’oublions pas l’apport du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) qui a sous sa responsabilité la plupart des nageurs de la sélection. Maintenant, il faut que le travail se poursuive avec la même rigueur afin de pouvoir atteindre d’autres sommets !
Il ne faut pas oublier le handisport, qui a apporté deux médailles d’or avec Scody Victor (50m nage libre handi-physiques) et Gessika Rungoo (50m nage libre sourdes-muettes), et une médaille d’argent grâce à Darelle Calice (50 m nage libre sourdes-muettes). Il faut tout faire pour conserver cet enthousiasme car à chaque compétition, les handisportifs produisent des résultats.