En prévision de sa venue prochaine, Scope interroge Nathacha Appanah. La romancière répond à nos questions à propos de Tropique de la violence, son dernier roman. Elle ouvre une fenêtre sur les complexités du métier d’écrivain : “J’apprends comment dire exactement, comment incarner justement, comment raconter sincèrement.” Décrire un temps particulier, dire un monde précis…
 
Apprend-on à devenir écrivain ?
Il me semble que la réponse à cette question est plus complexe qu’un simple oui ou qu’un non définitif. Je crois que nous avons tous, en nous, quelque chose à dire, à exprimer et que, si nous avons de la chance, nous trouvons, au cours de notre vie, des manières de le faire. Certains choisissent l’écriture. Pourtant, ce choix-là ne suffit pas pour aller au bout d’un texte, de plusieurs textes, pour construire un chemin littéraire si tant est qu’on veuille faire cela (car il y a des personnes qui veulent écrire un livre parce qu’elles ont quelque chose de très précis à raconter, et ensuite elles en restent là). Et c’est là qu’interviennent l’apprentissage, l’oeil ouvert, la lecture, la curiosité et le travail. J’apprends tous les jours à écrire. J’apprends comment dire exactement, comment incarner justement, comment raconter sincèrement. Je lis énormément, je travaille beaucoup la forme, la narration, j’écoute les autres écrivains, je discute avec certains d’entre eux. Ce n’est pas parce que vous avez écrit un, deux, trois romans que vous savez. Au contraire.