La All Employees Confederation (AEC) et la Fédération des Syndicats du Secteur public (FPSOU) ont fait part des leurs propositions de changement au National Wage Consultative Council Bill. Pour le président des deux confédérations, Rashid Imrith, « c’est le ministre des Finances qui doit présider ce conseil. Le Chairman ne peut être une personne nommée par le ministre ou un fonctionnaire. Celui-ci n’a aucun pouvoir pour prendre des décisions politiques fondamentales ». Un esprit de tripartisme est souhaité, tel que le recommande le BIT.
« Avant que ce projet de loi ne parvienne en première lecture au Parlement, nous avions eu trois réunions avec le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, où on nous a assuré que les syndicats en prendraient connaissance avant qu’il n’aille à l’Assemblée nationale. Nous déplorons que le gouvernement n’ait pas respecté sa parole », a dit Rashid Imrith ce matin à une conférence de presse. L’AEC et la FPSOU demandent ainsi « des changements en profondeur ». Pour eux, deux questions sont prioritaires : le salaire minimal et le quantum de la compensation salariale.
Les deux syndicats déplorent que « le gouvernement n’aura pas son représentant au sein du conseil en dépit du fait que ce sont des décisions politiques qu’il faut prendre sur ces deux questions. Le gouvernement délègue des fonctionnaires. Or, un fonctionnaire n’a pas le droit de prendre des décisions politiques ». Dans cette optique, les deux fédérations proposent que le Chairman du conseil soit nul autre que le ministre des Finances lui-même, assisté de six ministres dont le Deputy Prime minister, le ministre du Travail et le ministre de la Fonction publique.
Ils demandent par ailleurs que siègent sept ministres, sept représentants d’employeurs et sept représentants de syndicats, dans un esprit de tripartisme tel que recommandé par le BIT. « Seuls ces trois partenaires doivent siéger », soutiennent les syndicats. Selon Rashid Imrith, si ce projet de loi avait été en vigueur en janvier 2015, « les employés n’auraient pas eu Rs 600 de compensation et en janvier 2016, ceux touchant moins de Rs 10 000 n’auraient pas eu une augmentation de Rs 250 ».
S’agissant de la catégorisation des pauvres et des personnes ciblées comme étant ceux touchant moins de Rs 6 000, Rashid Imrith estime que la notion de pauvreté est « relative » et la catégorisation ne devrait pas être basée, selon lui, sur les revenus mais bien plus sur la somme que l’employé rapporte chez lui chaque mois. C’est ainsi qu’il demande plus de considération pour la classe moyenne, qui s’est appauvrie « à cause de la politique gouvernementale ». Pour l’AEC et la FPSOU, qui se basent sur le “Household survey”, le salaire minimal devrait être entre Rs 26 000 et Rs 27 000 par famille.
« Il faut prendre en considération les sacrifices de la classe moyenne. Ceux touchant entre Rs 15 000 et Rs 40 000 sont souvent des personnes endettées, qui payent la taxe et contractent des emprunts pour leur maison. Certains touchent Rs 30 000 à 40 000 mais ne ramènent que Rs 5 000 à la maison. La classe moyenne devrait avoir un intérêt préférentiel quand elle construit une maison. Il faut inclure la classe moyenne dans la liste des pauvres », insiste Rashid Imrith.
Autre proposition d’amendement au projet de loi : pour l’AEC et la FPSOU, « le comité technique doit être composé d’un employé, d’un employeur et d’un ministre et non pas d’un technicien ou d’un fonctionnaire ».
Les deux confédérations se disent par ailleurs contre l’amende de Rs 50 000 ou emprisonnement de pas moins d’un an à un membre du conseil qui ébruiterait des informations internes. « C’est très grave, relèvent-ils. Un représentant de travailleurs doit être libre de rapporter des sujets discutés au sein du Conseil. Il doit pouvoir communiquer avec la presse. Nous insistons pour que cette provision soit enlevée dans le projet de loi ».