Y’a pas plus cool que Neeshi ! Humoriste, comédienne et mannequin, la jeune femme de 20 ans resplendit de talent et de fraîcheur. Il ne faut surtout pas se fier à son apparence frêle, cette véritable boule d’énergie finit vite par exploser pour aller dans tous les sens. Que ce soit avec les Komiko ou sur le Web aux côtés de la bande de One Tv, elle fait le buzz en se démarquant par son style unique. Rencontre avec une jeune artiste qui ne manque pas de sauce pimentée dans son délire.

Qui est Neeshi Beeharry?

Nous avons voulu savoir qui est réellement Neeshi Beeharry…

Posted by SCOPE – magazine on Monday, June 25, 2018

Elle l’admet : “Quand Neeshi est dans la place, tout le monde rit. Kot ena mwa ena tapaz.” Elle assume parfaitement sa personnalité de “meter nisa”. L’humour et le théâtre la font s’épanouir quotidiennement. C’est au début de l’année que sa popularité est montée en flèche. Neeshi Beeharry a rejoint la bande de One Tv pour apporter son grain de folie sur les vidéos de Et Si ?, Eh Cam, entre autres sketches. Depuis, elle se fait souvent aborder pour s’entendre dire : “To ena dan twa selma twa.” “Cela fait plaisir, car ce qu’on voit dans les vidéos, c’est un peu moi au naturel, dans la vraie vie.”

Le théâtre, c’est la vie.

De quoi susciter la curiosité pour comprendre ce que ce petit corps d’à peine 40 kilos peut contenir d’aussi phénoménal. À 20 ans, cette Quatrebornaise ne passe pas inaperçue. Son joli minois et sa tchatche captent très vite l’attention. “Je n’ai pas calculé ma façon de faire rire les gens, c’est totalement instinctif. Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé imiter les gens, jouer la comédie, faire rire ma famille et mes amis. Étonnamment, j’ai aussi eu ma phase de grande timide, qui m’a permis cependant d’être très observatrice et d’analyser absolument tout ce que je voyais autour de moi.”

Sa toute première fois, “pa ti dan enn lasam ou dan kwin banbou”. C’était au collège, lorsqu’un professeur de français a repéré son talent d’actrice, “of course. What else ?”. Elle se rappelle avoir hésité un moment car elle ne s’imaginait pas monter sur une scène devant un public. “Tous les comiques n’ont pas nécessairement envie de se donner en spectacle.” Mais ceux qui connaissant le personnage savent que toutes les occasions ou activités extrascolaires qui permettaient de kap klas étaient bonnes à prendre. La cadette des Beeharry se présente alors aux auditions pour la pièce La Cigale et la Fourmi, où elle décroche le premier rôle. Elle comprend alors que le théâtre, c’est la vie, qu’il forge la personnalité : “J’y ai pris tellement goût que j’ai compris que plus rien dorénavant ne m’arrêterait. J’avais trouvé une place où je pouvais bavarder sans cesse.”

Un talent pour faire rire.

De la petite scène du collège Dr Maurice Curé, la jeune femme relèvera bien d’autres défis, tels que le Drama Festival en 2015 ou la dernière édition du Spectacle d’Humour organisé par Immedia. C’est précisément lors de sa participation que les Komiko décèlent chez elle une aisance et un talent pour faire rire. Lorsque Miselaine Duval, “ma deuxième maman”, lui propose de rejoindre sa troupe en 2016, Neeshi Beeharry accepte la proposition comme “un grand honneur, une chance qui ne se présente pas deux fois dans une vie”. Dès lors, celle que l’on imaginait “ankor enn ti baba frel-frel” révèle l’étendue de ses capacités. Comme actuellement dans Le malade imaginaire, après Made in Moris et plusieurs autres affiches : Belle-Mère, Belle-Fille; Mariaz lor Kosion; Bon Demaraz; Tok Tok Tok, Police Tropical et Parey pas parey 1.

Entre deux vannes et deux “ki manier Mazor”, les confidences de Neeshi Beeharry laissent entrevoir d’autres facettes de sa personnalité. Une fille rigolote, qui peut incarner enn ti-royos et être très à l’aise dans la peau d’une fille sérieuse. D’ici quelques semaines, elle entamera sa deuxième année à l’Université de Maurice où elle tient à décrocher son degré en français. “J’ai de l’ambition dans la vie et je compte persévérer. J’adore le monde artistique, mais il faut aussi savoir que j’ai aussi un solide background qui se met en place parallèlement au théâtre et à la comédie. Mo enn ti-kouto ki kontan koup gro ziromon.”

La tête sur les épaules.

Outre ses études, faire partie des Komiko, accepter des rôles sur plusieurs projets de courts et longs-métrages de la MFDC et avoir rejoint le quatuor de One Tv, Neeshi Beeharry s’est découvert une nouvelle passion pour le mannequinat. “Je me demande souvent moi-même où je trouve le temps pour tout faire. Mais j’estime qu’il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour commencer quelque chose.” Pour l’instant, les gens l’apprécient pour ses différents rôles qui font rire, mais Neeshi la Cool veut aussi inspirer d’autres jeunes, et surtout montrer les filles à croire en elles et à ne pas dépendre trop des autres. “Il faut oser faire des choses pour soi d’abord avant de plaire aux autres. Les filles ont trop tendance à être derrière les garçons, à vivre pour un garçon, pour avoir un peu de valeur. Me se kareman fo. Mo tifi, grandi ek aprann konn tomem.”

La suite, Neeshi Beeharry préfère ne pas trop en écrire le scénario à l’avance, étant consciente qu’un artiste n’a pas encore la place qu’il mérite à Maurice. Et encore moins quand “tu es une femme et que les gens disent que notre place se trouve à la maison. La société mauricienne is sick. Si pena pasion, to pa fonse isi”. Même si “mo figir pe pase” et que ses vidéos avec One Tv récoltent des milliers de likes et de vues, la jeune femme préfère garder la tête sur les épaules. “Je n’oublie pas d’où je suis sortie. Je suis éternellement reconnaissante envers mes parents, envers Miselaine, Yousouf Elahee, Sada Rajaah, mes fans et tous ceux qui me soutiennent.”

Le “ti-zozo” n’a pas encore révélé tout ce qu’elle a sous son plumage. Elle est bien décidée à explorer d’autres univers, en s’appuyant sur le parcours atypique de Sushmita Sen. “Son parcours nous montre qu’on peut être une femme indépendante dans la vie et qu’on peut réussir si on sait ce qu’on fait.”

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