Les huit résidentes sont prêtes pour crier “Ale Moris!” mard

Elles ont la patate et sont prêtes à crier pour supporter l’équipe mauricienne mardi pour la compétition de voile à Grand-Baie. Huit fringantes mamies, dont une centenaire, de la Nightingale Residential Care Home, sise à Curepipe, ont, elles aussi, contracté la fièvre des Jeux. Nous les avons rencontrées: drapeaux, chapeaux, lunettes, rien ne manque, un vrai club de supporteurs !

Il est vendredi. Allons à la rencontre des résidentes de la maison de retraite à quelques jours de leur grande sortie. Malgré une pluie battante, c’est la bonne humeur à la Nightingale Residential Care Home. L’enthousiasme pour les Jeux des îles est à son comble. Elle seront donc huit âgées entre 50 et 100 ans à assister à la compétition de voile. D’ailleurs, pour notre rendez-vous, elles ont décidé de se mettre sur leur trente et un et ont enfilé chapeau et lunettes aux couleurs du drapeau mauricien. Un premier essayage avant le jour-J. “Ki ti ena yer mamzel ? Nou ti pe tann bann dimounn kriye”, nous demande une des résidentes. Située à quelques mètres du stade George V qui accueillait le match Seychelles-Maurice, la maison de retraite a vibré au son des “vuvuzelas” et des cris des supporters, jeudi.

En effet, de leur demeure, les résidents ont vécu l’excitation des premiers matchs et trépignent déjà d’impatience pour la sortie de mardi.

“Cela nous fait une petite sortie et un peu de distraction”, nous confie Marie-Thérèse Delphine Gabina, surnommée affectueusement “Soso”. A la veille de ses 86 ans, et elle nous raconte avoir vécu les trois Jeux des îles à Maurice. “Oui, je l’ai vécu de loin, car je travaillais à Grand-Baie, et je me souviens qu’à la moindre occasion, je me faufilais pour aller regarder les athlètes”, confie la Curepipienne de naissance. Ravie de pouvoir de nouveau revivre ces moments forts, elle attend avec impatience la compétition de voile. “Si Dieu nous préserve, nous irons voir l’équipe mauricienne mardi. Vous savez, la vie est courte, on ne sait pas ce qui peut nous arriver demain”, nous lance-t-elle, le sourire aux lèvres.

Dans la grisaille curepipienne, un timide soleil apparaît enfin et les visages s’illuminent. A côté de grand-mère Soso, une dame nous attend, le chapeau rouge-bleu-jaune-vert sur la tête. Chantal Tsa Sun Lin a elle aussi vécu les trois Jeux des îles sur le sol mauricien. “J’ai une nièce, Giliane Quirin, et un neveu, Gilles Brelu-Brelu, qui avaient participé aux Jeux. Oui j’ai vécu cet événement de très près”, dit-elle. “C’était en 1985. On ne savait pas ce que c’était encore et c’est alors qu’on a vu défiler les athlètes, les boxeurs, etc.”, s’en souvient-elle. La nostalgie des beaux jours que les huit habitantes revivront dans quelques jours, dont la grand-mère de 100 ans.

Des mamies fières d’ailleurs des athlètes mauriciens, et non moins fières des autres pays participants. Jane Dax est celle qui a eu cette brillante idée. La jeune directrice de la Nightingale Residential Care Home voulait absolument que ses résidents puissent profiter de cet événement national. “Nous sommes tous des Mauriciens, et il est impératif de supporter notre pays pour ces jeux”, nous dit-elle. Depuis qu’elle a annoncé la nouvelle à nos supportrices et à leurs familles, les préparatifs vont bon train. “Je le redis : sortez vos grands-parents, ils doivent prendre l’air, ils doivent pouvoir profiter de la vie, à leur manière et à leur rythme. Vous voyez, nos résidentes iront à la compétition de voile sans aucun problème, alors vous pouvez vous aussi le faire, vous verrez comme ils seront contents”, dit-elle.

Accompagnées de Jane Dax et de deux autres gardes-malades, les mamies seront encadrées pour pouvoir profiter du spectacle dans les meilleures conditions possibles. “Et puis, on ira faire un tour à La Croisette: ça va leur faire tellement du bien”, lance Jane Dax.

“Allez Maurice !”, lancent les huit résidentes le temps d’une photo pour immortaliser ces préparatifs très festifs. Serrant bien fort le drapeau mauricien, elles ne se laissent pas du tout abattre par le froid de Curepipe.