Les enseignants du secondaire d’État et privés, de même que des chefs d’établissements, se disent « de plus en plus confus » sur la mise en oeuvre de l’Extended Stream destiné à remplacer la filière Prevocational. En cause, des « changements fréquents » dans la formule initiale. « Zordi zot dir tel zafer, e landemin zot sanze ! Il y a un grand cafouillage concernant l’Extended Stream ?! » constatent les dirigeants syndicaux des enseignants. L’intersyndicale des enseignants, lancée la semaine dernière, accentue les protestations sur certains points de la réforme et réclame une rencontre avec le Premier ministre pour expliquer leurs doléances.
Le ministère de l’Éducation a eu énormément de difficultés à se fixer sur le programme d’études et la formule d’apprentissage pour les “low achievers” terminant le cycle primaire et entrant en Grade 7 (Form I). D’après le plan de réforme pour le secondaire, ces élèves seront dirigés vers un “Extended Stream” en remplacement de la filière “Prevocational”.
Au départ, il était question que les élèves concernés poursuivent le même programme d’études que celui du “main stream”, mais ils l’auraient terminé en quatre ans au lieu de trois et auraient ensuite pris part au même examen national, à savoir le National Certificate of Education. Il s’agit d’un nouvel examen dans le parcours du secondaire et auquel les élèves participeront après le Grade 9 (Form III), soit à mi-chemin entre le Grade 7 et le SC.
Cependant, lors des récentes sessions de formation auxquelles ils ont participé, des enseignants du “main stream” et ceux du “Prevocational” ont appris qu’il y aura un curriculum adapté pour les “low achievers” de l’Extended Stream. Outre la première année, qui sera celle d’une remise à niveau, les élèves de l’Extended Stream suivront pendant trois années consécutives un programme d’études correspondant à leur niveau.
Le ministère et le MIE se sont finalement rangés à l’avis des enseignants du prévoc et autres pédagogues qui, depuis l’année dernière, font part de leurs inquiétudes quant au risque qu’un programme d’études commun ne soit inaccessible aux élèves de l’Extended Stream. D’aucuns se demandent si ce changement de dernière minute ne serait pas lié aux premières indications qu’auraient obtenues les autorités sur la performance aux premiers examens de PSAC.
Les enseignants du prévoc et les chefs d’établissement apprécient la démarche du ministère de proposer un “adapted curriculum” pour l’Extended Stream. Ils attendent toutefois que le ministère précise ses intentions quant au type d’évaluation auquel prendront part ces élèves après quatre ans d’études. « Le ministère est resté flou sur cette question », disent des participants aux récentes sessions de formation. « Il serait injuste qu’ils prennent part aux mêmes examens que ceux des élèves du “main stream”, c’est-à-dire au National Certificate Education », craignent des enseignants du prévoc.
Selon nos informations, il existe de profondes divergences au sein du ministère sur cette question d’évaluation des élèves de l’Extended Stream. Certains cadres se prononcent en faveur d’un examen correspondant à l’adapted curriculum tandis que d’autres insistent sur la participation de tous les élèves indistinctement au National Certificate of Education.
Par ailleurs, l’intersyndicale du secondaire – qui regroupe quatre syndicats d’enseignants du secondaire d’Etat et privé – s’apprête à envoyer une lettre au Prime minister’s Office pour solliciter une réunion. « Nous sommes d’accord que le système éducatif doit évoluer pour s’ajuster aux changements rapides dans la société et dans le monde, mais nous constatons que cette réforme proposée au secondaire contient beaucoup de faiblesses. Il y a de nombreuses questions importantes en suspens », affirme Roshah Boodnah, président de la Government Secondary Teachers Union.
« Il y a un manque de préparation pour la réforme au secondaire. Peut-être que le Premier ministre n’est pas au courant de toutes les données », soulignent les dirigeants de ce front commun syndical d’enseignants. Ces derniers craignent que les changements proposés n’aboutissent à un nivellement par le bas.