NMH : Emprunt d’un montant maximal de Rs 6 mds envisagé

Les obligations d’IBL attirent des souscriptions records de Rs 12,6 milliards

Les entreprises, en particulier les grosses pointures du marché boursier, font de plus en plus appel aux investisseurs privés, institutionnels et individuels confondus, pour lever des capitaux conséquents sur le marché financier en vue, entre autres, de restructurer leur endettement. Le groupe New Mauritius Hotels (NMH) a ainsi annoncé une émission de titres de créance en multiples devises (multicurrency note programme) d’un montant maximal de Rs 6 milliards, l’émission devant être exécutée en une ou plusieurs tranches.
Dans une communication adressée au marché boursier hier après-midi, la direction de NMH indique que les fonds qui seront recueillis avec la première émission des titres de créance seront utilisés pour le refinancement des « existing financial liabilities » et ce conformément à un plan de restructuration de la dette du groupe. Ce dernier indique qu’il est en train de peaufiner les termes et conditions attachés au programme d’emprunts en devises et à la nomination des intermédiaires et autres fournisseurs de services financiers qui seront impliqués dans cet exercice. La direction de NMH recherchera l’aval des actionnaires avant de procéder à l’émission des obligations.
NMH avait enregistré pour l’exercice financier se terminant en septembre 2016 des pertes de Rs 966,9 millions, faisant face à des frais financiers élevés de Rs 981,9 millions et des provisions de Rs 647,7 millions sous l’item « depreciation of property, plant and equipment ». Le groupe avait eu à revoir sa politique de dépréciation en ligne avec les normes de l’industrie hôtelière, ce qui a résulté en une hausse significative des frais de dépréciation. Pour la période octobre 2016-juin 2017, NMH a enregistré un chiffre d’affaires de Rs 7,7 milliards et des profits après impôt de Rs 507,8 millions contre Rs 305,9 millions pour la période correspondante du précédent exercice financier.
NMH vient de compléter la rénovation de l’hôtel Le Canonnier et a déjà entamé des travaux d’extension (40 nouvelles chambres, piscine et restaurant) au Victoria. Le groupe prépare en outre un projet de développement hôtelier et résidentiel aux Salines. Aux Seychelles également, le Beachcomber Sainte Anne Resort subit actuellement des travaux de rénovation majeure avec une augmentation du nombre de chambres. L’établissement sera ensuite transféré par NMH à Beachcomber Hospitality Investments Ltd (BHI) en échanges d’actions dans BHI.
Le marché financier regorge de liquidités. C’est le cas de le dire au vu des résultats obtenus par le groupe IBL pour son émission d’obligations. Alors que le premier conglomérat mauricien recherchait Rs 2,5 milliards pour la première tranche son programme de titres de créance en multiples devises, il s’est retrouvé finalement avec des souscriptions de Rs 12,6 milliards. L’émission a été sursouscrite par 405 %, « an unprecedented success for the island », commente AfrAsia Bank qui a agi comme « arranger » pour cette émission. La direction d’IBL Ltd se réjouit également du succès de l’opération. « This strong interests in the IBL Bond Programme demonstrates the solidity of the IBL Group as well as the development of the local capital markets where markets are looking for alternative investment solutions », déclare Arnaud Lagesse, chief executive du groupe IBL Ltd. Ce dernier fait ressortir que c’est la plus forte souscription pour une émission d’obligations lancée par une entreprise à Maurice. Le fait que la première tranche de l’émission a été sursouscrite par environ cinq fois, dit-il, témoigne de la confiance du marché dans le groupe IBL.
Chez AfrAsia Bank, on indique que la banque a ciblé des banques, fonds de pension, gestionnaires de portefeuilles, compagnies d’assurance et d’investissement pour l’émission d’obligations d’IBL. « We wish to establish our credentials in the Debt Capital Markets space and IBL afforded us the opportunity for this association », soutient Sanjiv Bhasin, CEO d’AfrAsia Bank. Pour Parik Tulsidas, senior executive-Head Treasury and Markets chez AfrAsia Bank, « l’émission d’obligations d’IBL a établi qu’il y a un réel intérêt pour des produits d’investissement de qualité dans un environnement marqué par la pratique de taux d’intérêt bas ». Les investisseurs institutionnels aussi bien qu’individuels recherchent toujours des moyens alternatifs pour faire des investissements.
Selon Krishna Sithanen, Transaction Manager for Debt Capital Markets à la banque AfrAsia, le gros montant souscrit pour l’émission d’obligations d’IBL est une indication claire de la situation d’excès de liquidités prévalant sur le marché local et de l’intérêt que portent les investisseurs pour les titres de créance émis par de grands groupes.
Notons que le groupe IBL a décidé, au vu des résultats de sa première émission d’obligations, de retenir un montant de Rs 3 milliards au lieu de Rs 2,5 milliards comme annoncé au départ.