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LE NOMBRE DE MANDATS: Éveiller la population aux sujets d’intérêt national

Think Mauritius remercie Le Mauricien d'ouvrir ses colonnes à nos idées quant à un nouveau modèle de société. Notre objectif consiste à éveiller la population à ces sujets demeurés trop longtemps sous l'éteignoir.
Cette semaine, nous avons abordé le projet de réforme électorale. Au-delà de nos brèves interventions à la radio, nous souhaitons aborder un aspect du thème de la réforme électorale. Il s'agit de la limitation du nombre de mandats à deux au sommet de l'État.
Mais avant tout, soulignons que la population pourrait douter de la bonne foi du Premier Ministre et du Leader de L'Opposition si la Nation mauricienne n'obtenait pas une réforme électorale. La démarche initiale pour une réforme électorale est de corriger l'iniquité de First Past The Post. La formule généralement acceptée pour rétablir l'équité est la Représentation Proportionnelle. S'il ne s'agissait que de cela nous aurions eu notre réforme électorale depuis belle lurette. Mais l'art de rendre complexe tout ce qui est fort simple revient comme toujours au politicien mauricien. C'est de cette façon qu'on parle beaucoup plus du communalisme que de réforme.
Le Best Loser System est une consécration des diverses composantes de la société mauricienne. D'aucuns disent que c'est l'obstacle principal à l'unité nationale que nous n'avons jamais atteinte plus de 40 ans après l'indépendance. Le BLS est, malheureusement, venu joué au trouble-fête.
Abordons la réforme systémique qui pourrait guérir notre pays de plusieurs maux en même temps. Ce qui contribuerait énormément au nouveau modèle de société que Think Mauritius s'évertue à proposer.
L'ancien Président américain George Washington avait le mérite de renforcer la pratique de deux mandats. Le Congrès américain avait proposé cette résolution connue comme l'Amendement 22 le 21 mars 1947. La ratification eut lieu le 27 février 1951.
La limitation de mandats comporte au moins deux grands avantages.
1. Éviter aux dirigeants l'humiliation d'être bottés dehors après l'usure. Cela arrive même aux Pères de la Nation à travers le monde.
2. Éviter la tendance à s'éterniser et à installer une dictature.

Les pays comme les États-Unis et la France, qui pratiquent cette limitation de par leur Constitution, ne connaissent pas les abus de la réélection. Il en est de même pour la Russie, en dépit du « musical chair » inauguré par Poutine.
Sans une limitation des mandats, il peut y avoir un abus dans l'utilisation de l'appareil d'État et de ses ressources. Au Sénégal, le Président Wade passe à côté d'un départ noble et honorable en imposant un troisième mandat. Il n'y a pas beaucoup de dirigeants politiques à travers le monde, comme Senghor, Mandela ou Lee Kwan Yu, qui se retirent au lieu de « overstaying the welcome ». La limitation du nombre de mandats aura évité au monde, par exemple, de subir plus longtemps les Bush.
Néanmoins, il existe des hommes d'État qui proposent des projets pour le bien du pays durant deux mandats et laissent dans leur sillage des éléments positifs avant de se retirer avec le sens de l'honneur. Autrement, si le système de mandats successifs perdure, les dirigeants ne s'occupent que de se faire réélire au lieu de songer au bien du pays.