Non-livraison

— Dis-moi si tu connais le grand directeur de la compagnie X.
— Moi, non. Mais peut-être que mon bonhomme connaît un quelqu’un qui le connaît. Pourquoi ?
— J’ai besoin de lui parler.
— C’est simple, bonne femme. Tu n’as qu’à téléphoner à son bureau et dire à sa secrétaire pourquoi tu veux lui parler.
— Si je dis à la secrétaire ce que je veux dire à son patron, elle ne passera jamais l’appel.
— Pourquoi ? Qu’est-ce que tu veux dire comme ça au grand directeur ?
— S’il est courant qu’il dirige une chaîne de magasins qui ne respecte pas ses engagements et ment à ses clients. Que c’est un grand magasin n’importe, quoi. Pourquoi tu ris ?
— Parce qu’on pourrait dire que beaucoup de magasins font comme ça à Maurice.
— Je ne te parle pas d’un petit magasin crazé crazé, mais d’une grande chaîne avec des magasins dans tout le pays
— Petit magasin ou grande chaîne, parfois il n’y a pas beaucoup de différence dans le mauvais service. Qu’est-ce qui t’est arrivée comme ça ?
— Comme je devais recevoir ma marraine chez moi, où la chaleur pé donne bal, je te dis, je suis allée acheter un climatiseur le 30 décembre.
— Mais tu es folle, toi.
— Pourquoi tu me dis ça ?
— Tu voulais acheter et te faire livrer un climatiseur à la veille de l’année ! ? Ta tête n’est pas bonne, toi.
— Pas du tout. J’ai acheté le 30 décembre pour que ce soit livré et installé chez moi le 5 janvier, le jour où ma marraine allait arriver.
— Tu sais, à cette période-là, c’est un peu compliqué, les gens sont en congé
— Je sais. C’est pourquoi j’ai expliqué mon problème et bien demandé au directeur du magasin s’il pouvait faire livrer et installer le climatiseur le 5 janvier. Il m’a dit qu’il n’y avait aucun problème et a promis de s’occuper personnellement de la livraison. Franchement te dire, je l’ai trouvé bien sympa, je te dis.
— Hum ! Tu sais, certains directeurs et vendeurs de magasin sont comme les politiciens.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Ils font des promesses qu’ils savent ne pas pouvoir tenir.
— En tout cas, ce n’est qu’après avoir parlé avec le directeur que j’ai payé.
— Et alors ?
— Le 5 j’ai attendu, attendu et attendu et ils ne sont jamais venus livrer.
— Qu’est-ce que tu as fait ?
— D’abord, j’ai téléphoné au magasin et là une fille m’a dit qu’elle n’était pas au courant et qu’il fallait voir avec le département livraison et qui est au store. Là-bas tu sais ce qu’on m’a dit…
—… que ta commande n’était pas dans le programme de livraison du jour.
— Mais comment tu sais ça, toi ?
— Parce que ça m’est déjà arrivé une histoire où le vendeur jette le tort sur le chef du store qui, lui; accuse le chauffeur. Dans ces groupes-là, ils sont des experts au jeu « pas moi ça li ça ». Ils sont plus meilleurs encore que le bonhomme Jugnauth. Et qu’est-ce que tu as fait alors ?
— Je suis allée au magasin, où j’ai appris que si on ma commande n’avait pas été envoyée au département livraison, par contre mon chèque, lui, avait été envoyé au département comptabilité et encaissé depuis le 31 !
— Et qu’est-ce que le directeur sympa qui avait promis de s’occuper personnellement de ta livraison t’a dit ?
— Il était en congé, toi.
— Donc, quand il t’a promis qu’il allait s’occuper de ta livraison, il savait qu’il ne serait pas là !
— Oui, toi. C’est révoltant. J’ai demandé qu’on me rembourse et tu sais ce qu’on m’a répondu ?
— Que ça concernait le département de comptabilité…
—… qui était en congé. C’est alors que j’ai demandé à parler au grand directeur. On m’a dit qu’il était en réunion.
— Mais il fallait demander à parler à quelqu’un d’autre. A un autre responsable.
— Je l’ai fait, mais tous les responsables étaient ou en congé ou en réunion et on ne pouvait pas les déranger ! Alors j’ai exigé qu’on me rembourse et la fille m’a dit…
—… qu’elle allait faire la demande au département de la comptabilité, mais que comme ils étaient en congé, ça allait prendre quelques jours !
— On dirait que tu es une spécialiste dedans, toi ?
— Ma chère, comme beaucoup de personnes dans ce pays, je suis passée par là. Les compagnies, ce qui les intéresse, c’est ton argent ! On peut ouvrir une caisse après l’heure pour encaisser ton chèque, mais pour te rembourser il faut suivre les procédures. Je parie que tu attends toujours le remboursement.
— Mais oui, toi. Hier on m’a téléphoné…
—… pas possible ? Pour te dire de passer prendre ton chèque ?
— Non. Pour me demander comment on écrit mon nom ! Ils n’ont pas ça sur la facture, foutour va !
— Ne t’excite pas, tu vas avoir des nerfs pour rien. Et ta marraine, comment ça s’est passé ?
— Comme le climatiseur pour sa chambre n’a pas été livré, elle dort avec nous, dans notre chambre ! Tout ça parce qu’un supposé grand magasin ne respecte pas ses engagements après avoir encaissé l’argent du client !

- Publicité -

J.C A

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour