• Bruno Raya et Dr Boyzini avaient porté plainte contre lui pour non-publication de nouveaux tarifs concernant la diffusion de leurs œuvres

Alors qu’il était attendu en cour le 6 janvier prochain, l’ancien ministre des Arts et de la Culture, Pradeep Roopun, est devenu lundi président de la République. Avec cette nouvelle conjoncture, la plainte des artistes Bruno Raya et Boyzini tombe à l’eau, car le président bénéficie de l’immunité tant qu’il est en fonction. Les deux artistes reprochaient à l’ancien ministre de les avoir lésés de leurs droits, en refusant de publier les nouveaux tarifs élaborés par la Mauritius Society of Authors (MASA). Celle-ci fixe le montant à payer pour la diffusion de leurs œuvres à la radio notamment. L’actuel tarif est de 68 sous par chanson.

En août dernier, les chanteurs Bruno Raya et Dr Boyzini avaient déposé une plainte en cour contre le ministre des Arts et de la Culture de l’époque, Pradeep Roopun. Cette action voulait signifier leur ras-le-bol devant ce qu’ils considéraient comme une discrimination du ministère à leur égard. Même si la plainte était au nom de ces deux artistes, membres de la Mauritius Society of Authors, toute la communauté des artistes était derrière eux, comme ils l’avaient d’ailleurs démontré, lors de la conférence de presse annonçant leur action. Ces derniers reprochaient principalement au ministre d’alors de les avoir privés de leurs droits, pour une rémunération équitable lors de la diffusion commerciale de leurs œuvres.

En effet, la MASA avait élaboré une grille de nouveaux tarifs, considérée comme « étant plus en phase avec la réalité du jour ». L’actuel tarif est de… 68 sous. « Ce n’est même pas le prix d’un pain », avaient fait valoir les artistes en plusieurs occasions. Pour que ces nouveaux tarifs soient appliqués et qu’ils soient respectés par les utilisateurs, le ministre des Arts et de la Culture devait les faire “gazetted”. Ce qui n’a jamais été fait, provoquant ainsi la colère des artistes qui estiment qu’il y a eu une discrimination envers eux, particulièrement à un moment où l’on a appliqué le salaire minimum pour les autres secteurs. D’où leur action légale.

Convoqué en cour le 5 novembre dernier, à deux jours des élections générales, Pradeep Roopun avait demandé un renvoi. La cour a alors fixé la date au 6 janvier. Or, lundi dernier, l’ancien ministre des Arts et de la Culture a été nommé président de la République. Ce qui lui confère l’immunité pendant sa fonction. Sollicité à ce sujet, Bruno Raya dit avoir cherché un avis légal dès qu’il a appris la nomination de Pradeep Roopun. « On m’a fait comprendre que la plainte tombera vu que le président a l’immunité. Qu’est-ce que je peux dire ? Il a eu une nouvelle responsabilité, mais notre problème reste entier », déplore-t-il.

Il ajoute qu’il faudra dorénavant engager des discussions avec son successeur. « Il y a un nouveau ministre de la Culture. Il est jeune et semble ouvert au dialogue, on verra. Nous allons chercher une rencontre pour lui exposer nos demandes », indique-t-il.

Lors du rassemblement des artistes le 27 octobre dernier, auquel assistaient plusieurs leaders politiques — à l’exception de Pravind Jugnauth – les artistes avaient émis une série de demandes, dont un statut d’artiste, la reconnaissance de la profession, la publication de nouveaux tarifs, la construction d’un stade musical pour l’organisation de concerts et la création d’un National Arts Council.