Un nouveau vaccin contre la pneumonie a été inclus dans l’Expanded Programme Immunisation à Maurice et à Rodrigues. Le programme de vaccination concernera les enfants nés à partir du 1er janvier, soit ceux âgés entre 6 et 14 semaines et 9 mois. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé Anil Gayan lors du lancement de cette nouvelle vaccination au dispensaire Odette Leal, à Beau-Bassin, hier. Les doses déjà reçues par le ministère de la Santé ont coûté à l’État Rs 33 M. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a offert à Maurice 7 000 doses supplémentaires, selon l’OMS Biennium Fund. Au cours de ces trois dernières années, 670 à 700 patients ont été admis dans les hôpitaux mauriciens à cause d’une pneumonie. Le ministre de la Santé a aussi annoncé qu’un nouveau vaccin sera introduit cette année contre le Human Papilloma Virus pour prévenir le cancer du col de l’utérus.
Le vaccin, lancé hier, prévient la pneumonie chez les enfants de moins de 5 ans. Selon l’Unicef, « la pneumonie était la principale cause de mortalité en 2012 chez les enfants de moins de 5 ans ». Le pneumocoque tue plus d’enfants de cet âge que le sida, le paludisme et la rougeole réunis. Cette infection provoque la formation de liquides et de pus dans les poumons, entraînant des difficultés respiratoires. Les bébés et les enfants sont les principales cibles du pneumocoque, la bactérie responsable de l’infection, qui se transmet de personne à personne à travers la toux et l’éternuement. Les personnes les plus à risque sont normalement les bébés âgés de moins de 2 ans, ceux fréquentant les crèches ou qui ne sont pas allaités par la maman. « Nous espérons que ce vaccin réduira le nombre de cas de pneumonie. En même temps, les antibiotiques seront moins prescrits. La vaccination évite aussi à l’enfant de s’absenter de l’école et aux parents de s’absenter de leur travail pour veiller sur leurs enfants malades », fait ressortir le ministre de la Santé.
Anil Gayan indique que ce vaccin est coûteux. « Les pays à revenus intermédiaires comme Maurice ne bénéficient pas de facilités pour se procurer le vaccin et nous les achetons à des prix plus élevés alors que des mesures sont prises par l’Alliance globale pour les vaccins pour que les pays les plus pauvres, ceux ayant un revenu par tête d’habitant de USD 1 580, aient accès aux vaccins. » Et de poursuivre : « Mon souhait est que les sociétés pharmaceutiques aident à financer à bas prix tous les vaccins qui sont nécessaires pour la santé de nos enfants. » Néanmoins, le ministère de la Santé a décidé, dit-il, que les programmes locaux de vaccination contre les maladies infectieuses – comme la variole, le tétanos, la rougeole et la poliomyélite – couvrent aussi les risques associés à la pneumonie.