NOUVEAUX CRITÈRES POUR LES PERMIS : Protestations grandissantes des pharmaciens

L'Union of Pharmacists : « La loi est dépassée. Une pharmacie ne fonctionne pas comme une boutique  ! »

Le mécontentement enfle au sein de la profession des pharmaciens. Le point de discorde principal : le fonctionnement des pharmacies à la suite de l'introduction de nouveaux critères fixés par le ministère de la Santé pour l'octroi des permis d'opération. Après l'Association des Pharmaciens, c'est au tour de l'Union of Pharmacists (UOP), syndicat des pharmaciens employés dans le privé, de monter au créneau et de critiquer sévèrement les autorités au sujet des lois en vigueur qui, selon eux, « ne tiennent pas compte des réalités du jour ». Ce syndicat réclame un nouveau cadre légal pour le fonctionnement des pharmacies privées. 
Suite à l'introduction de nouveaux critères pour l'octroi de permis d'opération aux nouvelles pharmacies, l'UOP y relève un unique point positif. Celui-ci concerne la décision du ministère de ne plus geler les demandes de permis après plus d'une année d'attente des demandeurs. « Les jeunes pharmaciens qui n'ont pas les moyens d'ouvrir leur propre pharmacie pourraient trouver de l'emploi dans les nouvelles », espère Siddick Khodabocus, président de ce syndicat. Cependant, le critère de « une pharmacie pour 2 000 habitants » fâche ce syndicat. 
« Nous ne sommes pas contre l'ouverture de nouvelles pharmacies mais il ne faut pas que ce secteur de l'économie soit ingérable avec un nombre exagéré de pharmacies », prévient le président de l'UOP. « Le nouveau critère incitera ceux ayant de l'argent à ouvrir des pharmacies n'importe où. À La Réunion, où le nombre d'habitants est plus faible que le nôtre, il y a une pharmacie pour 4 000 personnes. Il faut éviter des pratiques abusives », plaide-t-il. L'UOP rejoint la Pharmaceutical Association of Maurice : « Une pharmacie pour 4 000 habitants est raisonnable. »
Par ailleurs, la loi régissant le fonctionnement d'une pharmacie privée fait mention de la présence obligatoire d'un “recognised pharmacist” pendant les heures d'ouverture. Or, les horaires des pharmacies ne sont pas uniformes. Certaines d'entre elles opèrent en effet du lundi au dimanche tandis que d'autres restent ouvertes jusqu'à une heure très tardive. Ainsi, l'UOP déplore l'absence d'un cadre légal concernant les conditions de travail des pharmaciens exerçant dans le privé, notamment par rapport à leurs horaires de travail et les salaires de ces professionnels de la santé. 
« Il y a un risque que le pharmacien ne soit pas aussi efficace s'il doit travailler du matin jusqu'au soir non-stop et être, en outre, sur son lieu de travail pendant sept jours consécutifs. Une pharmacie ne fonctionne pas comme une boutique ! » clament les dirigeants de l'UOP. Ce syndicat réclame le respect de « 40 heures par semaine » ainsi que le droit au “sick leave” et au “local leave” pour ces pharmaciens exerçant dans le privé. 
L'UOP interpelle également les autorités sur le non-respect de la loi par certaines pharmacies dans le cas d'absence obligée du pharmacien pour cause de maladie. « Que se passe-t-il lorsque le seul pharmacien employé dans une pharmacie est malade et que son médecin lui prescrit quelques jours de repos ? Est-ce que cela signifie que la pharmacie concernée fonctionne sans pharmacien pendant plusieurs jours ? Si tel est le cas, cela voudrait dire que la pharmacie commet un délit », fait ressortir avec pertinence le président de l'UOP. Ce qui fait dire à ce dernier que « le règlement pour l'octroi de permis aux pharmacies privées est incomplet ».
Par ailleurs, l'Union of Private Pharmacists n'est pas d'accord sur le fait que le fonctionnement des pharmacies du service public ne soit pas soumis aux mêmes exigences légales que les pharmacies du privé.