Ils remettent dans le paysage des instruments traditionnels méconnus ou qui avaient simplement disparu. Composé de jeunes des Résidences Père Laval et Trèfles, le mouvement NRJ Kreol veut renouer avec l’histoire et valoriser la culture créole. À travers des sessions de travail avec des enfants, des expositions, des démonstrations et des sorties, ils espèrent ramener des pans du passé oublié dans le présent.
Initialement percussionnistes, Ludovic Kathan et Charles Maurinière ont finalement appris à maîtriser le bobre. Cet instrument traditionnel leur a été expliqué par Marclaine Antoine, à qui ils ont demandé conseil dans leur démarche de mieux comprendre des aspects disparus de la culture mauricienne. Comme ils n’ont pu trouver de calebasse assez grande, ils ont modelé la caisse de résonance de leurs bobres dans du papier mâché, qu’ils ont verni couleur bois. Des tiges de rotin ou des branches traitées de bois d’oiseau sont utilisées pour les manches, aux bouts desquels du fil de fer a été tendu. En le faisant vibrer, tout en variant la position du bobre sur le ventre, les musiciens créent un rythme.
Ludovic Kathan et Charles Maurinière se sont initiés aux techniques du bobre alors qu’ils apprenaient les secrets de son assemblage. Parallèlement, grâce aux efforts de Dominique Pierre et avec le soutien de Cédric Carré, ils sont retournés vers la source pour mieux comprendre la place qu’occupait un tel instrument dans la culture traditionnelle.