Lors des différentes éditions de la Coupe des clubs de l’océan Indien de handball, les équipes mauriciennes ont toujours fait office de Petit Poucet. L’édition 2015, qui s’est achevée jeudi dernier au gymnase de Phoenix, n’a pas dérogé aux précédentes, car les handballeurs du Curepipe Starlight et les représentantes de l’Union Sportive Beau Bassin Rose-Hill se sont retrouvés au pied du podium. L’écart s’est certes réduit face aux formations de La Réunion et de Madagascar, mais l’heure de la grande première n’a toujours pas sonné.
Le président de l’Association mauricienne de handball (AMH), Daniel Gérard, estime que les équipes mauriciennes auraient dû avoir abordé cette échéance dans un meilleur état d’esprit. « Comment voulez-vous remporter un tournoi quand des équipes se présentent sans entraîneurs et ne sont pas préparées convenablement ? Qui plus est, elles ont fait preuve d’un manque de finish lors de certaines rencontres. La formation doit donc primer afin que des résultats probants soient obtenus ».
L’entraîneur de l’équipe féminine de l’USBBRH, Cédric Kistohurry, avance de son côté un manque de technique. Quoi qu’il en soit, cette dernière formation s’est bien défendue, à l’image de la première mi-temps face aux Malgaches du THBC. « Les joueuses n’ont jamais baissé les bras. Je suis fier de leur parcours et je m’attends à un podium en 2016 », soutient Cédric Kistohurry.
Ce même sentiment du devoir accompli anime Jonathan Ramsamy, un des responsables de l’équipe masculine du Curepipe Starlight. « Certes, nous avons manqué d’agressivité en défense et nous n’avons pas assuré aux six mètres. Sinon, l’équipe a fourni une prestation honorable et les joueurs ont vécu une expérience intéressante ». La défaite au couteau face à Châteu-Morange lors de la demi-finale est restée toutefois en travers de la gorge.
Quant à l’Association Sportive Vacoas-Phoenix, elle s’est battue avec ses armes pour son baptême du feu. Par contre, les handballeurs de l’USBBRH, tirés dans un groupe délicat, sont passés à côté de leur sujet, tandis que les Curepipe Rangers devront à tout prix rajeunir leur effectif en féminin.
Château-Morange a donc repoussé le challenge de l’ASC Tsingoni en finale. Multiplie champion de l’île soeur, deux fois lauréat de la CCOI, cette formation a su forger son succès final dans les moments cruciaux. « Lors de la finale, nous avons produit un jeu que nous n’avions pas démontré auparavant. Notre attaque a mis le feu, bien que c’était costaud en face », analysait l’entraîneur Fabrice Payet.
Du côté des Mahorais, la déception d’avoir échoué au port pour la quatrième fois émerge. Toutefois, l’entraîneur Ali Ibrahim veut croire en des lendemains meilleurs. « Avec l’intégration de nombreux jeunes au sein du groupe, l’équipe ne pourra que progresser. Nous sommes sur la bonne voie et nous participerons à la Nationale 3 en France en juin 2016 afin d’acquérir encore plus d’expérience », soutient-il.
Chez les dames, l’AS Saint-Gilles, en stage à Maurice au début de cette année, a tour à tour écarté de sa route Case Cressonnière et le THBC. « Nous avons su gérer collectivement et l’équipe n’a pas craqué physiquement et psychologiquement. Le mérite des joueuses s’avère d’avoir pu enchaîner les rencontres », souligne Christian M’Tima, responsable d’un groupe actuellement troisième du championnat local.
Avec un resserrement de niveau et l’éventuelle présence des équipes masculines de Madagascar à Mayotte l’année prochaine, il va de soi que la course vers la consécration sera encore plus acharnée.