Il a beau être un invité de dernière minute – sa participation fait suite aux désistements de S’Manga Khumalo et Eduardo Pedroza – mais Olivier Plaçais ne fera certainement pas le déplacement en simple touriste lors de l’Attitude International Jockey’s Day. Le Français, qui vient d’enregistrer très récemment la 500e victoire de sa carrière, compte bien faire profiter les turfistes mauriciens de son indéniable talent.
Après avoir débuté son apprentissage chez Jean Lesbordes, c’est auprès d’André Fabre que ce natif d’Angers termine son cursus. Durant ses cinq années passées aux côtés du légendaire entraîneur, Olivier Plaçais pouvait se targuer, à 18 ans, d’avoir déjà remporté cinq courses de Groupe 3, dont les prestigieux Prix Exbury et Prix Corrida en 2002 sur Jomana. Sa carrière prend toutefois une tournure pour le moins inattendue deux ans plus tard quand André Fabre lui annonce qu’il ne fait plus partie de ses projets. Très vite, il se sentira « lâché » par les autres entraîneurs et il ne lui restait plus que l’option de l’exil pour remettre sa carrière sur les bons rails.
C’est en Suisse que débute donc son périple hors des frontières françaises. Durant son premier passage au pays du chocolat, Olivier Plaçais décrochera deux cravaches d’or, une en argent et une en bronze. De cette période faste découlera des offres intéressantes dont celle de Singapour, pays où il avait monté en tant qu’apprenti-jockey en 2002 et 2003 sur l’invitation de l’entraîneur Arnaud de Moussac. Dans le chaudron qu’est Kranji, l’unique hippodrome du pays, Olivier Plaçais développera une nouvelle facette de son métier, notamment par rapport à la gestion de vitesse et au fait de devoir être très précis au niveau de la lecture d’une course. De nature timide, le Français a dû sortir de sa coquille pour se vendre auprès des entraîneurs car ce n’est uniquement de cette manière que les cavaliers peuvent décrocher des montes à Singapour.
Évoluer au sein de cet environnement ultra compétitif peut être très stressant pour un jockey et Olivier Plaçais l’a appris à ses dépens. Afin de pouvoir monter en course, le jockey français à dû consentir d’énormes sacrifices, quitte à mettre en danger son intégrité physique par moments pour honorer des montes. Bien qu’il n’atteignit pas les sommets durant son passage à Singapour, le Chef d’Orchestre – c’est ainsi qu’on l’a surnommé là-bas eu égard à son style majesteux avec la cravache – parvint quand même à enregistrer un peu plus de 80 victoires dont une course de Groupe 2, la Queen Elizabeth Cup en avril 2014 avant que son corps n’en eut assez de se maintenir à 50,5 kg. Sa saison la plus prolifique à Singapour a été en 2011 où il s’est hissé à la cinquième place du championnat des jockeys.
De retour en Suisse, Olivier Plaçais devient le premier jockey chez Miro Weiss, l’un des meilleurs entraîneurs helvétiques qui possède une soixantaine de coursiers. Après un temps de réadaptation aux courses suisses, l’Angevin a engrangé les victoires, raflant le titre de jockey champion lors des trois dernières années et il détient même le record de victoires en une année, à savoir 31. Même s’il fait de temps en temps le déplacement dans l’Hexagone, le cavalier français ne regrette pas son exil et sa 500e victoire, décrochée à Maisons-Laffitte l’an dernier, demeure un véritable pied de nez à tous ceux qui l’avait mis de côté.