La contestation menée par une quinzaine d’habitants et de pêcheurs de la région de Poste-de-Flacq, et assistée par le porte-parole du Forum Citoyens Libres, George Ah Yan, pour s’opposer au dragage qui a commencé la semaine dernière, s’est avérée payante, du moins pour le moment. En effet, le groupe de 15 contestataires a sollicité une injonction par l’entremise de l’avoué Doorgacharun Luchmun pour stopper le dragage qui a lieu dans le lagon et « qui risque de détruire l’écosystème marin ». Outre l’établissement hôtelier One and Only Le Saint-Géran, les ministères de l’Environnement, de l’Économie océanique, des Terres ainsi que le Conseil de district de Flacq ont été assignés comme co-défendeurs face à cette action juridique. 
Dans leur demande d’injonction, les contestataires affirment avoir été informés en décembre 2016 que l’hôtel Le Saint Géran avait obtenu le feu vert, par voie de permis Environment Impact Assessment (EIA), pour la réhabilitation de la plage se trouvant devant l’établissement. Mais selon eux, suite aux informations qu’ils disposeraient, « the removal of three existing breakwaters and construction of two offshore artificial reefs on either side of Ilot Banane » n’avait pas été recommandé. La bande des pêcheurs de la région de Poste-de-Flacq affirme dans la foulée que l’hôtel aurait « illégalement » autorisé « a Caterpillar to proceed onto Ilot Banane » en utilisant des sacs de sable comme pont pour y arriver, et ce « en présence de membres de la force policière »
Selon les pêcheurs, les femmes ayant l’habitude de recueillir les huîtres sont dans l’incapacité de travailler en raison des travaux de dragage de sable. Ils soutiennent avoir alerté les autorités concernées, notamment les co-défendeurs, après avoir constaté que les travaux effectués sur l’Ilot Banane étaient « illégaux ». Le groupe de pêcheurs a aussi avancé que c’est suite à sa démarche que le ministre de l’Environnement, Etienne Sinatambou, s’est rendu mercredi dernier sur les lieux. Face aux différents points avancés par les contestataires, le juge Ashraf Caunhye a donné un ordre intérimaire pour l’arrêt des travaux au One and Only Le Saint Géran.
L’ordre de ce dernier est en effet taillé en quatre points, soit « prohibit and restrain the Respondent No 1 from proceeding with any type of work (1) in the public domaine, i.e the sea and/or lagoon; (2) within the high water mark, which is 30 metres; (3) for the removal of the three existing breakwaters and to construct artificial reefs at Ilot Banane, and; (4) to construct any bridge in the lagoon to have illegal access to Ilot Banane ». Les parties concernées par cet ordre ont été sommées de se présenter devant le juge Caunhye dans la matinée du lundi 9 octobre.    Par ailleurs, apprend-on, une déposition a été consignée lundi soir au poste de police de Belle-Mare pour déplorer les travaux de dragage qui avaient lieu après le coucher du soleil ce jour-là.