Alors que la Banque des Mascareignes tente de prendre ses distances du BAI Mega-Scam, avec des détournements d’au moins Rs 10 milliards au profit de l’empire B(h)AI Dawood Rawat, la banque-écran BCBG, dans le collimateur des autorités depuis le début de la semaine, est actuellement mise à l’index. Les dernières révélations quant à son implication dans le scandale BAI sont plus accablantes que les informations initiales qui ont circulé. En cette fin de semaine, des sources autorisées soutiennent que cette banque commerciale aurait dérogé aux règles et procédures établies non seulement en ce qui concerne la lutte contre le blanchiment de fonds, mais se serait également rendue complice du délit de « Fraudulent manipulation of accounts ».
La Banque de Maurice, qui passe au peigne fin les livres et documents de la banque BCBG, pourrait saisir le Central CID et l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pour approfondir les Findings sous la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act ou encore la Banking Act. Une autre société du groupe BAI, la BA Exchange, qui gère une vingtaine de comptoirs de devises étrangères dans le pays, a été placée sous haute surveillance par la Banque Centrale vu les soupçons qu’elle aurait participé au processus de transfert de devises. À partir de ce matin, le Chairman Emeritus et décoré de la Légion d’honneur de la République Française, Dawood Rawat, devrait se retrouver sous le coup d’un mandat d’arrêt international avec trois accusations logées contre lui devant le magistrat siégeant au tribunal de Port-Louis.
La direction de la Banque des Mascareignes a préféré sortir de l’ombre dans une tentative de repousser des allégations à son encontre par rapport au scandale financier BAI. « Des vérifications approfondies réalisées par la Banque des Mascareignes permettent de démentir formellement ces allégations. La Banque des Mascareignes confirme qu’elle n’a détecté aucune opération anormale, qui serait passée dans ses livres », soutient la Banque des Mascareignes dans un communiqué payant, mais revu et corrigé en faisant état d’un détail diffusé sur une radio privée.
Depuis le début de cette semaine, Le Mauricien avait révélé en primeur qu’une banque-écran, connue pour être très BCBG dans les milieux de la haute finance, avait été utilisée par le groupe BAI pour assurer une couverture à des transferts illégaux de fonds au profit de Dawood Rawat. Ces opérations se faisaient à un rythme quotidien et plusieurs fois par jour à coup de Rs 5 millions pour ne pas éveiller les soupçons des autorités.