L’éventuelle ouverture du capital de la National Insurance Company, ex-BAI Assurance avec l’écroulement de l’empire Rawat, à des entités parapubliques, suscite des remous, notamment au sein de la SICOM. En effet, le projet envisagé et qui a fait l’objet d’une présentation de la NIC, est de mettre 45 % de l’actionnariat à la disposition de trois entités publiques, le Fonds national de Pension (NPF), la State Bank of Mauritius et la SICOM. En cas d’approbation de ce plan de la NIC, chacune de ces entités devra souscrire la somme de Rs 850 millions. Toutefois, le projet pourrait être mis à rude épreuve avec les objections formulées au niveau de la direction générale de la SICOM et des remous au niveau du conseil d’administration.
Ces Rs 2,5 milliards collectées dans le sillage de cette prise de participation au sein de la NIC devront permettre d’atteindre un double objectif, soit un apport de Rs 2,5 milliards dans la cagnotte à être constituée pour le remboursement des victimes du Super Cash Back Gold Scheme de la BAI à la fin de juin prochain et éventuellement éviter de faire appel à des investisseurs étrangers, dans le cadre d’une opération de rachat de la National Insurance Company Ltd. Toutefois, la NIC concède formellement qu’à ce jour, elle n’est en présence d’aucune offre formelle de rachat. La contribution de ces Rs 2,5 milliards est jugée cruciale dans la conjoncture avec la vente de la clinique Apollo-Bramwell sur le point d’être finalisée et des négociations cruciales au sujet des placements de la BAI au sein de Britam (Kenya).
Les Commitments de ces trois entités susmentionnées devront être soumises à la NIC d’ici la fin de ce mois. Toutefois, à ce jour, la SICOM, qui avait été au centre de l’affaire de la Gooljaury Tower avec plus de Rs 500 millions engagées sous le gouvernement de Navin Ramgoolam, et qui avait des dépôts de Rs 800 millions au sein de la défunte Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership), a formulé de sérieuses objections à cette prise de participation. L’une des principales porte sur l’absence de toute évaluation des avoirs de la NIC par des actuaires et que durant les trois prochaines années, la SICOM ne devra pas s’attendre à engranger de Returns on Investment.
Cette ouverture annoncée du capital de la NIC a fait l’objet de dénonciations de Jack Bizlall au nom de l’Observatoire de la Démocratie. Dans une correspondance adressée au ministre des Finances en date du 14 mars, il tire à boulets rouges sur le secrétaire financier, et président de la Financial Services Commission (FSC), Dev Manraj, dans la gestion du dossier de la NIC.
« Je me demande comment la FSC peut garder le silence quant à la création de la National Insurance Company pour s’approprier la BA Insurance sans le transfert des polices d’assurance à la NIC avec l’accord formel des souscripteurs », fait comprendre Jack Bizlall en ajoutant que « je viens d’apprendre que des instructions ont été données pour un investissement de Rs 850 millions de la SICOM, de la SBM et de NPF individuellement, soit Rs 2,5 milliards en tout ».
Le principal animateur de l’Observatoire de la Démocratie soutient que « toute cette affaire doit être référée à des actuaires. L’échec d’autres transferts ne peut être comblé de cette façon. Le secrétaire financier, qui reçoit des instructions, ne peut à la fois agir comme demandeur au nom de l’État et décideur en tant que dirigeant de la SICOM, de la SBM et du NPF ».
Affaire encore à suivre…