L’ancien ministre de l’Environnement, Raj Dayal, convoqué ce matin au QG de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pour interrogatoire Under Warning, a fait un détour au QG du Central CID peu avant 9 heures. Accompagné de son fils, Me Dayal, il était venu consigner une déposition à charge sur un « complot allégué contre lui » avec de graves allégations contre le promoteur du morcellement de Gros-Cailloux, Patrick Soobhany, un homme de loi de même que d’autres complices présumés. Il demande au Central CID d’initier une enquête à ce sujet indépendamment des procédures au niveau de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans l’affaire de pots-de-vin contre l’octroi d’une EIA Licence pour ce projet de morcellement de 294 lotissements sur une superficie de 35 arpents. Par la suite, il devait se rendre au Réduit Triangle où il a été convoqué formellement par l’ICAC, qui a enclenché une Further Investigation sous les dispositions de la Prevention of Corruption Act avec une menace d’inculpation provisoire sous la section 7 de « public official using his position for a gratification » (50 bal kouler pour la fête Holi).
L’ancien ministre Dayal était attendu à l’ICAC en fin de matinée pour une séance d’interrogatoire formel, qui pourrait durer toute la journée, le temps que les limiers de la Commission Anti-Corruption ne fassent le tour de toute la question de l’octroi d’une EIA Licence pour le projet de morcellement de Gros-Cailloux. À la mi-journée, très peu d’indications ont transpiré de l’exercice en cours au QG de l’ICAC. Mais tout semble indiquer que l’interrogatoire devrait se dérouler en au moins trois volets, soit la Site Visit sur le terrain à Gros-Cailloux en compagnie du promoteur et ses représentants de lundi après-midi, le déroulement des échanges dans le bureau du ministre de l’Environnement au Ken Lee Tower mardi matin et ensuite les procédures pour l’octroi d’EIA Licence, et surtout pour le morcellement de Gros-Cailloux, dont mention de l’allocation est faite sur le site web du ministère alors que le scandale des « bal lapoud kuler » pour les célébrations de la fête Holi battait son plein.?Au vu de la convocation de l’ancien ministre Dayal, l’ICAC met les bouchées doubles en vue de conclure l’enquête dans ce « straightforward case » sous la Prevention of Corruption Act sans prendre le moindre risque. Aucune confirmation si l’ICAC compte loger une éventuelle inculpation provisoire avant la fermeture des tribunaux de cet après-midi ou si elle le fera à la conclusion de l’interrogatoire comme ce fut le cas pour l’ancien Chief Executive Officer de la State Investment Corporation (SIC), Iqbal Mallam-Hasham, lors de l’opération de Daylight Robbery avec l’écroulement de l’empire Rawat. La charge provisoire contre Iqbal Mallam-Hasham avait été logée par l’ICAC devant la Bail and Remand Court un samedi après son arrestation dans la nuit de vendredi à samedi.
Raj Dayal est arrivé à l’ICAC sur le coup de 11 h 30 alors qu’un petit groupe de ses partisans y avait fait le déplacement une bonne heure auparavant. L’évolution de l’enquête dépendra des réponses fournies par l’ancien ministre aux questions de l’ICAC.
Mais avant de se rendre à l’ICAC, Raj Dayal a débarqué au Central CID pour une déposition réclamant l’ouverture d’une enquête sur un complot allégué contre lui dans l’affaire d’EIA Licence pour le projet de morcellement de Gros-Cailloux. Il porte des accusations contre Patrick Soobhany et demande aux limiers du Central CID d’établir une liste de tous les contacts en personne et au téléphone de celui-ci après la visite sur le site du morcellement le long de la route Royale à Petite-Rivière de lundi après-midi dans le cadre des tractations pour l’octroi de ce permis par le ministère de l’Environnement.
Les rencontres que le dénommé Patrick Soobhany avait eues mardi matin dans des bureaux à Port-Louis avant le rendez-vous fatidique au ministère font partie des préoccupations de l’ancien ministre, qui cible, entre autres, un homme de loi, autre que celui, dont les services ont été officiellement retenus par le promoteur, et des tierces parties. Selon l’entourage de Raj Dayal, il a logé une demande pour que les cellulaires en possession de ces différents protagonistes fassent l’objet d’un IT Scrutiny en bonne et due forme pour les besoins de cette enquête.
Interrogé à sa sortie des locaux du Central CID, peu avant 10 heures, Raj Dayal s’est gardé de révéler la teneur de sa déposition. « Mo finn vinn isi pou fer enn Statement concernant konplo kont mwa », devait-il déclarer laconiquement à la presse.