OPÉRATION LAKAZ LERWA LION - ÉPILOGUE : Rs 220 M, 23 charges envisagées

  •  Deux des chefs d’accusations qui pourront être logés en Cour intermédiaire contre Navin Ramgoolam portent sur “Money Laundering” et “Limitation of Cash” (soit plus de Rs 350 000 en liquide)
  •  L’ancien Premier ministre attendu au CCID pour un dernier statement, avec la décision du DPP d’instruire un procès au pénal dans l’affaire des coffres de Rs 220 millions

Épilogue dans l’opération Lakaz Lerwa Lion en cette fin de semaine. Avec l’échéance de fin septembre en vue de loger le Main Case en Cour intermédiaire dans l’affaire des Rs 220 millions, dont Rs 110 millions en dollars américains et le reste en grosses coupures émises par la Banque de Maurice, le Central CID a déjà accusé réception du Legal Advice en provenance de l’Office of the Director of Public Prosecutions en vue d’instruire un procès au criminel devant la Cour intermédiaire contre l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam. Le “charge sheet” pourrait comporter pas moins de 23 chefs d’accusations contre le leader du PTr. Les procédures en vue de loger les charges formelles devant les instances judiciaires compétentes devront être entamées dans les prochains jours, Navin Ramgoolam ayant à effectuer, en compagnie de son panel de Legal Advisers, mené par Me Gavin Glover, Senior Counsel, un nouveau déplacement au QG du Central CID pour des dernières formalités avant que l’affaire ne soit appelée Pro forma devant le Full Bench de la Cour intermédiaire.
Les premières informations ayant transpiré hier en début de soirée de sources concordantes indiquent que le procès en Cour intermédiaire sera conduit sur fond de délits sous les dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA), soit de blanchiment des fonds et de “Limitation of Cash”, en l’occurrence de transactions financières au-delà de la limite des Rs 350 000. Le timing de ce développement a été déterminé par les services du Directeur des poursuites publiques. Lors de la dernière comparution de Navin Ramgoolam en cour de Curepipe, où la magistrate avait rayé les charges provisoires logées par la police, le représentant du DPP avait laissé entendre que le Main Case allait être logé au plus tard vers fin septembre.
À ce stade, très peu d’indications sont disponibles pour savoir si l’escouade du Central CID, qui a pris le relais de la Special Cell, menée jusqu’à tout récemment par l’inspecteur Natcheetram avant son transfert à la CID du port, a pu établir le “Missing Link” dans le transfert de l’équivalent de Rs 110 millions en dollars américains à Maurice. Par le truchement de la Legal Mutual Assistance, les autorités mauriciennes avaient tenté d’obtenir des dépositions de ceux, basés dans un des pays du Moyen-Orient, ayant facilité les retraits de cette si importante somme d’argent de banque avant de l’acheminer à Maurice.
Toutefois, l’enquête du Central CID a établi de manière formelle que ni la Banque de Maurice ni le département de la douane de la Mauritius Revenue Authority ne sont en présence de la documentation officielle de l’entrée de ces Rs 110 millions en dollars américains dans le circuit bancaire. La principale caractéristique de cette transaction est que les numéros de série de ces coupures de USD 100 se suivent, confirmant la thèse des “Never-Used Dollar Bank Notes”. Ces coupures en devises étrangères émanent de la Chicago Reserve Bank des Etats-Unis et avaient été transférées lors de l’étape initiale dans des banques en Allemagne. Puis la cargaison a fait le saut vers le Moyen-Orient avant d’arriver à Maurice par Airbus A380. C’est du moins ce que supputent les enquêteurs après l’examen de 17 blocs de billets verts américains d’un montant de USD 100 000 (Rs 3,5 millions) chacun, avec le code-barres de la Federal Reserve Bank de Chicago.
Quant au reste des Rs 110 millions en coupures de Rs 1 000, le Central CID a déjà consigné des dépositions auprès des banques commerciales, au moins une, d’où étaient effectués les retraits. Ainsi, parmi les exhibits qui pourront être produits en Cour intermédiaire lors du déroulement du procès se trouvent trois “Transparent Sealed Plastic Bags” contenant des coupures de Rs 1 000, d’une valeur de Rs 1 million chacun. Un “tag” de couleur rose attribué à la State Bank of Mauritius atteste de la provenance de cette somme, avec des informations au sujet de l’identité des préposés de la banque ayant traité cette transaction. Les deux premiers retraits de Rs 1 million chacun, en liquide, sont intervenus un lundi avant le rush de fin de mois, le troisième étant livré le jour du Pay Day. Les officiers de banque devront être assignés en tant que témoins par le ministère public pour les besoins du procès.
Affaire à suivre, Navin Ramgoolam étant susceptible de faire face à un deuxième procès avec l’opération Lakaz Lerwa Lion du 6 février 2015 après celui sur les incidents survenus au campement de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, où l’ancien Premier ministre avait été agressé avec un tournevis alors qu’il avait été surpris par un intrus dans la chambre à coucher en compagnie de Nandanee Soornack...