Avec l’enquête sur le prêt de $ 1,1 million à des taux d’intérêts de seulement 1,5% par an et qui fait jaser depuis bientôt cinq semaines, l’Independent Commission against Corruption fait une collection de Judge’s Orders. En effet, des recoupements d’informations de sources concordantes ont confirmé en fin de semaine qu’un quatrième ordre a été émis par un juge de la Cour suprême siégeant en référé, avec pour conséquence qu’au moins cinq juges se sont prononcés à ce stade sur cette enquête diligentée contre l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, si l’on tient compte du fait que le juge Asraf Caunhye avait rejeté le 4 avril dernier la demande d’injonction intérimaire en vue de bloquer son interrogatoire under warning au sujet de cet emprunt obtenu de la State Bank of Mauritius Ltd. Avec les directives new-look et contestables du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, au commissaire de police Karl Mario Nobin, les recommandations de l’ICAC par rapport à Vishnu Lutchmeenaraidoo devront être vetted par l’Office of the Director of Prosecutions dans les jours à venir. En prélude à la reprise de son interrogatoire à l’ICAC, jeudi matin, le Senior Member of Cabinet a lancé une attaque d’une rare virulence contre son collègue des Services financiers, Roshi Bhadain, l’accusant d’avoir ourdi cette cabale contre lui.
Ce quatrième « Judge’s Order at this late hour of the investigation » a été rendu nécessaire avec le nouvel élément versé dans le dossier par Vishnu Lutchmeenaraidoo, jeudi, lors de son audition en présence de ses conseils légaux, Mes Maxime Sauzier, Senior Counsel, Ajay Daby et Jaykar Gujadhur (avoué). En effet, il a soutenu qu’en 2006, alors qu’il était dans l’opposition, il avait obtenu un prêt d’un million de dollars américains de la même State Bank of Mauritius Ltd à des conditions nettement plus favorables que celles obtenues avec le Loan Agreement en date du 11 septembre 2015.
 Avec l’accès à la documentation par le truchement de la levée du secret bancaire, les limiers de l’ICAC procèdent à une contre-vérification de la version consignée par l’ancien ministre des Finances avec la responsabilité de la State Bank of Mauritius Ltd dans son portefeuille de tutelage ministériel. Les findings dans la comparaison des séries de conditions assorties aux deux transactions bancaires, dont les taux d’intérêts, devront constituer autant de facteurs déterminants. N’empêche que la principale différence dans les deux cas concerne cette exemption à l’enregistrement des charges auprès du Registrar General, même si les circonstances diffèrent. Dans le cas présent, Vishnu Lutchmeenaraidoo se trouve dans la catégorie de Public Officials sous la Prevention of Corruption Act et de Politically Exposed Person (PEP) au terme des prudential guidelines émis par la Banque de Maurice. Des facteurs qui pourraient peser lourd dans la balance of probabilities.
 Toutefois, avec les démarches auprès de la Cour suprême en vue de ce quatrième Judge’s Order en fin de semaine, il est plus que certain que l’ICAC n’avait pas encore initié les consultations triangulaires avec le Commissioner of Police’s Office et l’Office of the DPP selon la formule adoptée depuis l’arrestation de l’ancien ministre Raj Dayal le 6 courant. Des indications préliminaires sont que cette étape pourrait être franchie en début de semaine avec Vishnu Lutchmeenaraidoo fixé sur son sort subséquemment.