Un jugement de la Cour suprême rendu jeudi dernier et faisant état d’un « agreement » survenu entre deux groupes contestant la direction de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM) n’a nullement apaisé la tension qui règne depuis février 2015 entre les différents protagonistes. En effet, Alan Sheratan, porte-parole des “respondents” dans cette affaire, dit que son groupe « est étonné » de ce jugement dans la mesure où, affirme-t-il au Mauricien, il n’y a jamais eu d’ « agreement » avec la partie adverse. Néanmoins son groupe « adhère au jugement “under protest” » et participera aux élections pour le nouvel exécutif ordonnées par la Cour. Celles-ci sont prévues le 30 mars à 19 h 30 en présence des représentants du Registrar of Associations.
Sur 400 pharmaciens figurant sur le registre officiel du ministère de la Santé, il y a un peu plus de la moitié qui seraient membres de la Pharmaceutical Association of Mauritius. Un conflit a éclaté lors de l’Assemblée générale annuelle de 2015 concernant le quorum pour la tenue des élections du nouvel exécutif qui ont eu lieu ce jour-là. Certains membres présents réclamaient le renvoi de ces élections, estimant le nombre de personnes requis insuffisant. Les protestations ont débouché par la suite sur des plaintes par des contestataires auprès de plusieurs autorités, notamment le Registrar of Associations, l’ICAC et l’Ombudsperson. Sur la base d’une pétition auprès des membres, des contestataires de l’actuelle direction ont organisé au mois de juillet l’élection d’un nouveau bureau exécutif mais les nouveaux dirigeants n’ont pas été reconnus par les autorités concernées. Et depuis l’ambiance au sein de cette association de professionnels s’est détériorée, donnant lieu à deux groupes distincts, l’un mené par Ravind Gaya, le président issu des élections de février 2015 et l’autre par Noorina Sookmoulla, qui se présente aussi comme la présidente de l’Association à l’issue des élections de juillet 2015.
Ces relations conflictuelles ont créé beaucoup de confusion parmi les membres et ont paralysé les activités de la PAM. Au mois de septembre 2015, les dirigeants de cette association ont eu recours à une action légale en demandant à la Cour suprême de statuer sur la légitimité du comité de direction issu des élections de février 2015, laquelle a été validée par le Registrar of Associations en juillet de 2015. La Cour suprême a rendu son verdict la semaine dernière. D’après ce jugement un « agreement has been reached between the applicants and the respondents ». Sur la base de cet accord la Cour demande au Managing Committee d’organiser et de conduire les élections d’un « new Managing Committee » pour 2016 et ces élections devraient se tenir au plus tard le 31 mars 2016.
Ravind Gaya se dit « satisfait du verdict » de la Cour. « Ce jugement a tranché pour l’intérêt de la profession et nous nous sommes déjà attelés à l’organisation des prochaines élections en souhaitant que la majorité des membres y participent », dit-il au Mauricien.
Mais les respondents, eux, ne sont pas satisfaits de ce jugement. « Il n’y a jamais eu d’agreement avec l’autre groupe comme mentionné dans ce jugement. Nous contestons depuis février 2015 la légitimité de ce Managing Committee de la PAM mené par Ravind Gaya. C’est pour cette raison que nous sommes étonnés par ce jugement. Nous l’acceptons under protest et nous serons présents aux élections du 30 mars », a déclaré à la mi-journée au Mauricien Alain Sheratan, leur porte-parole.