Nandanee Soornack, l’une des plus importantes VVIPs sous le précédent gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam, a été maintenue en détention policière suite à sa comparution, hier, devant le tribunal de Parme, en Italie. Des premiers détails de l’arrestation de Madam Ou Kone Ki Mwa ont filtré dans la presse italienne d’hier et sur les réseaux sociaux. Force est de constater que les autorités italiennes ont pris toutes les précautions nécessaires pour mettre à exécution le mandat d’arrêt international émis par la magistrate Adila Hamuth, siégeant au tribunal de Port-Louis, en date du 23 mars dernier.
Des informations en provenance de Parme indiquent que la police italienne avait monté une filature au cours des cinq derniers jours pour mieux suivre les mouvements de Nandanee Soornack, qui avait trouvé refuge chez sa soeur dans cette ville du nord de l’Italie. Finalement, jeudi, les carabinieris italiens devaient décider de passer à l’action pour l’arrestation aux termes du mandat émis par la magistrate Adila Hamuth. Les autorités italiennes ont toutefois préféré faire l’impasse sur la soeur de l’ancienne patronne d’Airway Coffee, car, en tant que résidente d’Italie, elle n’avait rien à se reprocher dans cette affaire. D’ailleurs, elle s’est vu confier la responsabilité de la garde de la petite Xara Chandra, la benjamine de Nandanee Soornack, qui est en Europe depuis le 11 décembre dernier.
Madam Ou Kone Ki Mwa, qui semait la terreur là où elle passait au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport jusqu’à la fin de l’année dernière, a été présentée devant le tribunal de Parme, où elle a été reconduite en cellule policière. Elle avait bénéficié d’un avocat du barreau italien commis d’office. Il se pourrait que, durant le week-end, ses conseils légaux de Raj Boodhoo Chambers, de Londres, fassent le déplacement en Italie pour des démarches pour contester son extradition vers Maurice. De leur côté, les autorités italiennes sont dans l’attente d’une demande formelle d’extradition logée par le bureau du Directeur des Poursuites publiques (DPP). Les premières démarches engagées par l’antenne mauricienne d’Interpol aux Casernes centrales pourraient être complétées en début de semaine prochaine avant la transmission des documents en Italie.
Des précisions quant à un éventuel retour de Nandanee Soornack à Maurice devront être disponibles dans les jours à venir. Elle a été appréhendée en Italie sous trois charges provisoires alors qu’elle avait quitté Maurice bien avant le début des enquêtes du Central CID. La première accusation porte sur le délit de blanchiments de fonds de Rs 100 millions, avec les commissions présumées versées par Dufry AG sous le contrat de « management » et d’approvisionnement de la Mauritius Duty Free Paradise Co Ltd. La deuxième accusation porte sur le blanchiment d’argent de Rs 30 millions et la troisième pour entente délictueuse dans le « cover up » suite aux incidents ayant eu lieu dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 dans le bungalow de Roches-Noires en présence de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam.
Le principal intérêt d’un éventuel retour de Nandanee Soornack est le match annoncé avec son ancien partenaire d’affaires, Rakesh Gooljaury, devenu aujourd’hui la véritable coqueluche du gouvernement Lepep. La femme d’affaires rouge promet de faire des révélations sur les dessous des transactions du patron de Fashion Style…