PARTIELLE AU NO 18 : L’opposition agitée à la veille du Nomination Day

Le PMSD se défait de son secrétaire général, Mamade Khodabaccus
  • Hostilités entre les bleus et le MMM au sujet des « koz koze » avec le MSM
  • Une aile du PTr agacée par la position adoptée par Shakeel Mohamed vis-à-vis du Chief Minister indien Yogi Adityanath
  • Congé politique pour Mico Arunasalom au MP  
  • L’équipe gouvernementale MSM/ML absente au No 18

Ces 48 dernières heures précédant le dépôt de candidatures en marge de l’élection partielle dans la circonscription No 18 (Belle Rose/Quatre Bornes) ont été marquées par des agitations politiques. Celles-ci proviennent des partis de l’opposition impliqués dans la course pour récupérer le siège laissé vacant à l’Assemblée nationale par Roshi Bhadain en juin dernier.
Le Parti Mauricien Social-Démocrate (PMSD) a décidé de « mettre en retrait » Mamade Khodabaccus, le secrétaire général du parti, pour une durée indéfinie à ce stade. Une décision qui intervient à la suite de ses propos tenus à Quatre-Bornes mardi soir lors d’un rassemblement des bleus. Commentant la position adoptée par la Speaker au parlement vis-à-vis de son leader, Xavier-Luc Duval, Mamade Khodabaccus avait laissé entendre : « Nou pou defons twa Maya. Maya, to pa enn defanser nanye twa. Nou pou defons twa kot to kontan ! » Des phrases qui, à peine relayées sur les réseaux sociaux, ont causé l’embarras au sein de la basse-cour bleue, nécessitant dans la foulée le sacrifice du soldat Mamade, illico presto. Xavier-Luc Duval ne veut prendre aucun risque de subir des dommages collatéraux politiques vu que son candidat à la partielle, Dhanesh Maraye, aura à concourir face à deux candidates, soit Nita Judoo du Mouvement Militant Mauricien (MMM), et Tania Diolle, du Mouvement Patriotique (MP).   
Rencontre Ajay Gunness-Mahen Jhugroo
Le PMSD s’est aussi aventuré à lancer une nouvelle pique politique sur Facebook à l’adresse du MMM, insinuant qu'il y aurait des « koz koze » entre les mauves et le Mouvement Socialiste Militant (MSM). « Koz Kozer Mam : que pourrait bien cacher le dîner en tête-à-tête entre Mahen Jhugroo et Ajay Gunness au Restaurant 88, à Bagatelle, mardi soir  ? Est-ce un suivi de la rencontre, il y a quelques semaines, dans les cuisines d’un hôtel entre Amir Meea et Pravind Jugnauth  ? Affaire à suivre », a publié Xavier-Luc Duval dans la soirée de mercredi. Comme pour faire croire que les pourparlers entre mauves et oranges sont réels.
Le secrétaire général des mauves n’a pas tardé à lui donner la réplique en publiant dans la foulée : « Encore une fois, le leader du PMSD montre à quel niveau de bassesse il peut descendre. C’est indigne d’un leader de l’opposition qui a mieux à faire, comme régler le problème de Mahmad Khodabaccus. Il est tellement obsédé par une alliance qu’il perd la tête (propos postés avant que Mamade Khodabaccus ne soit mis en retrait, Ndlr). » N’empêche que Ajay Gunness et le ministre des Collectivités locales, Mahen Jhugroo, se sont bel et bien échangé quelques mots tout en dînant séparément avec leur bande respective.
Shakeel Mohamed pas dans les bons carnets de Ramgoolam
Le chef de file du Parti Travailliste (PTr) au parlement, Shakeel Mohamed, aurait été quant à lui réprimandé par le leader des rouges, Navin Ramgoolam, suite à sa démarche visant à objecter à la venue du Chief Minister de l’État de l’Uttar Pradesh, Yogi Adityanath. Le parlementaire du PTr a écrit au bureau du Premier ministre pour contester l’arrivée de l’Indien à l'occasion des célébrations officielles du 183e anniversaire de l'arrivée des travailleurs engagés à Maurice. Selon nos recoupements d’informations, Navin Ramgoolam aurait indiqué à son chef de file à l’Assemblée nationale que « sa ban zafer-la pa mars koumsa sa », reprochant ainsi à Shakeel Mohamed qu'il agisse en solo en ce qui concerne de telles démarches. L’élu rouge aurait toutefois indiqué qu'il n'a « fait qu’agir en mon nom personnel » et qu’il n’a fait « qu’exprimer les réserves émises par nos mandants ».
De sources concordantes, on apprend qu’une aile du parti n’a pas apprécié que Shakeel Mohamed ait procédé de cette manière « sans avoir obtenu au préalable le feu vert du parti à ce sujet ». Ce qui a causé un embarras de « realpolitik » entre le PTr et ses connexions avec la Grande péninsule. Le principal concerné, le député de la circonscription No 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est), a, lui, quitté le pays mardi. Dans son entourage, on laisse entendre « qu’il n’en est pas à son premier différend avec Navin Ramgoolam » et qu’il ne s’agit que « d'opinions différentes sur un sujet en particulier ». Shakeel Mohamed était attendu au pays ce matin.
Congé politique pour Mico Arunasalom du MP
Le MP d’Alan Ganoo a lui aussi subi des secousses internes dans l’entame des choses sérieuses en vue de la partielle. La direction du MP a en effet demandé à l’ancien ministre du Tourisme, Mico Arunasalom, de prendre un congé politique après qu’il aurait insulté la présidente de l’aile féminine, Karuna Munbodh, sur un groupe WhatsApp où les principaux animateurs du parti communiquent. Cette dernière avait par la suite décidé de claquer la porte du parti à la suite de ces propos échangés.
MSM/ML absents à Belle-Rose/Quatre-Bornes
Quoi que la stratégie a été de faire perdurer le suspense quant à l’alignement d’un candidat sous la bannière gouvernementale, il serait surprenant de voir un candidat de dernière minute de l’équipe au pouvoir, MSM/ML. S’il y avait eu quelques intéressés qui auraient tenté de convaincre l’état-major du Sun Trust sur une participation à cette joute électorale, le leader du parti soleil, Pravind Jugnauth, semble avoir campé sur sa position : « C’est une partielle sans enjeu pour le gouvernement. » Jusqu'à hier, aucun mouvement du côté orange ou encore des « carré carré » n’était palpable sur le terrain au No 18.
Une posture qu’il aurait choisi d’adopter même vis-à-vis de son partenaire, le Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo. Ce dernier avait à quelques reprises animé des réunions du ML à Belle-Rose/Quatre-Bornes pour tâter les pouls de l’électorat. Mais il semblerait que le rapport des forces aurait penché plus en faveur du fait de jouer aux abonnés absents pour l’élection du 17 décembre.