PARTIELLE AU NO 18 — PAUL BÉRENGER : « Le MMM, qui s’engage pour gagner, honoré d’être le seul parti à aligner une candidate »

Blanchiment d’argent allégué : « Yerrigadoo aurait dû avoir été révoqué sur le champ »

Paul Bérenger, leader du MMM, se dit honoré que son parti soit le seul du “mainstream” à avoir choisi d’aligner une femme en la personne de Nita Juddoo pour la partielle du 17 décembre à Belle-Rose/Quatre-Bornes. « Le MMM s’engage dans cette partielle pour gagner et nous gagnerons », répète le leader des mauves. Commentant les incidents de vendredi à un rassemblement du Mouvement Patriotique (MP), il dénonce sans détour le Reform Party de Roshi Bhadain d’avoir ameuté les personnes impliquées dans ces incidents. Selon lui, cette même bande avait précédemment visé le candidat du PTr Arvin Boolell.

Paul Bérenger indique qu’à compter ce week-end, les activités de campagne vont s’enchaîner au niveau de son parti après la publication, vendredi, du writ of election fixant la date du dépôt des candidatures et du jour du scrutin pour la partielle de Belle-Rose/Quatre-Bornes. Pour lui, cette élection de remplacement au N°18 sera l’occasion pour le MMM de « donn sok » au gouvernement pour surtout précipiter la tenue de nouvelles élections générales. Le leader des mauves réitère, dans la foulée, qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de rapprochement de son parti avec le MSM.

Paul Bérenger note au passage que la date du 17 décembre retenue pour le scrutin coïncide avec celle de la crémation de sir Seewoosagur Ramgoolam en 1985. Il trouve en cela « un manque de respect » à la mémoire du premier Premier ministre de l’île Maurice indépendante. Pour lui, cela aura au moins révélé un manque de rigueur dans le cas où cet aspect des choses n’a pas effleuré l’esprit du Premier ministre quand il a décidé de la date de la tenue de cette partielle. Le leader du MMM se déclare en tout cas honoré que son parti soit le seul du mainstream qui ait choisi d’aligner une femme en la personne de Nita Juddoo à cette élection.

Enchaînant avec les incidents rapportés au rassemblement du Mouvement Patriotique vendredi, Paul Bérenger note que ce fâcheux événement intervient après de précédents incidents où, affirme-t-il, Arvin Boolell, candidat du PTr, avait été pris à parti « par la même bande organisée ». À ce propos, le leader du MMM dénonce sans détour Roshi Bhadain et son Reform Party pour être, d’après lui, les instigateurs de ces troubles. « Il est clair que c’est Bhadain qui tente d’ameuter ces personnes qui sont les mêmes à avoir essayé de créer des incidents dans les deux cas. »

Paul Bérenger demande dans la foulée que l’on en reste là et que la campagne se poursuive dans le calme et le respect de l’adversaire. S’il entrevoit que le MSM, principal parti de l’alliance gouvernementale, « se défilera » et ne présentera pas de candidat à ce scrutin, le leader des mauves ne fait pas grand cas de ce que fera le parti du Premier ministre durant la campagne électorale. S’il assure une fois encore qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de rapprochement du MMM avec le MSM, Paul Bérenger dément aussi fermement tout arrangement « en sous-marin» avec n’importe qui d’autre. 

Nita Juddoo : « L’électorat réagit  positivement »

« Nous nous engageons dans cette élection partielle pour gagner et nous gagnerons », soutient-il à cet effet. Mais au-delà de la partielle à Belle-Rose/Quatre-Bornes, le leader du MMM réaffirme que le pays est « prêt pour de nouvelles élections générales ». Selon lui, nombreux sont ceux qui, d’ailleurs, pensent effectivement que « de nouvelles législatives ne sont pas aussi loin. La meilleure chose qui puisse arriver est l’organisation de nouvelles élections générales cool au cours desquelles chaque parti aligne 60 candidats comme le MMM. »

Présente hier aux côtés de son leader, la candidate mauve Nita Juddoo souligne que, désormais, le travail initial commencé sur le terrain depuis plus de deux mois va s’intensifier. Elle affirme que les électeurs rencontrés réagissent très positivement. Nita Juddoo insiste aussi sur la volonté du MMM de mener sa campagne dans la sérénité et le respect de l’adversaire. 

« À la manière de l’ancien ministre de l’Environnement Raj Dayal, l’ex-Attorney General Ravi Yerrigadoo aurait dû avoir été révoqué sur le champ dès lundi dernier quand la presse a publié la choquante lettre dans laquelle il vient donner une formal clearance à quelqu’un impliqué dans une affaire d’escroquerie pour aller deal à l’international à Paris », estime par ailleurs Paul Bérenger autour de toute l’affaire de blanchiment allégué d’argent via un site de jeu en ligne. Pour le leader du MMM, en effet, cette correspondance émanant de l’ancien Attorney General suffit à elle seule pour le disqualifier.

Il note qu’il aura fallu attendre, selon lui, que les « charges » s’accumulent pour que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, se décide de réagir et demande à son Attorney General de « step down ». Paul Bérenger affiche quand même son scepticisme. « Qui est celui qui peut affirmer qu’il n’y aura pas de cover-up dans cette affaire et que la police et l’Independent Commission against Corruption (ICAC) feront leur travail comme il le faut ? » s’interroge-t-il à ce propos. Le leader du MMM doute pour sa part que tout se passe comme il le faut.

« Ceux qui ont foi en la démocratie et en l’État de droit ont longtemps pris la mesure du mode de fonctionnement de la police et de l’ICAC qui n’inspirent plus confiance », dit-il. Il dément par ailleurs que l’avocat député du MMM Veda Baloomoody aurait été réticent à défendre les intérêts de l’accusateur dans cette affaire. « Non seulement Veda Baloomoody n’est pas le conseiller juridique de Dry Cleaning, comme il a été prétendu, mais il a même défendu des salariés de cette entreprise contre leur direction », affirme le leader des mauves.

Industrie           sucrière : « Les problèmes        demeurent »

Il explique que l’avocat MMM a rencontré l’accusateur en deux fois mais que ce dernier ne s’est pas pointé à un troisième rendez-vous. « Ce qui est sont droit », concède-t-il. Quant à l’implication de l’autre protagoniste dans l’affaire, le dénommé Sylvio Sundanum, Paul Bérenger répond par une boutade : « Ce n’est qu’Only in Mauritius qu’un responsable de blanchisserie se retrouve impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent ! » Revenant à Ravi Yerrigadoo, le leader du MMM rappelle la précédente implication de ce dernier dans l’affaire Dufry « en la bonne compagnie de Bhadain, mais surtout de Pravind Jugnauth ».

Aussi, pour lui, à la manière de Showkutally Soodhun, l’Attorney General démissionnaire serait encore à son poste si jamais il était un élu. « Si, après ses innombrables dérapages et sa menace de mort contre le leader de l’opposition, Xavier Duval, Soodhun est toujours ministre, c’est qu’il a bien dû menacer de démissionner comme député pour provoquer une partielle », soutient Paul Bérenger. Il dénonce la manière par laquelle, selon lui, la police mène son enquête dans l’affaire de menace de mort contre Xavier Duval.

Paul Bérenger dénonce aussi dans la foulée le « dernier dérapage » du vice-Premier ministre et ministre du Logement lors d’une activité avec les syndics des complexes de la National Housing Development Compagny à Quatre-Bornes cette semaine. « Je tiens à saluer le courage de cette dame qui a remis Soodhun à sa place, surtout pour le ton posé qu’elle a choisi d’adopter pour le faire », déclare le leader du MMM.

D’autre part, Paul Bérenger commente de nouveau le dossier économique. Particulièrement l’Exchange Rate Support Scheme annoncé par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, ainsi que d’autres mesures d’incitation à l’export. Selon lui, l’efficacité de ce scheme dépendra de l’attitude qu’adoptera la Banque de Maurice par rapport au cours du dollar américain. Le leader du MMM anticipe que la Banque centrale prendra des mesures pour combattre la dépréciation du billet vert. Ce qui, alors, fera, selon lui, de la mise en place de cet Exchange Rate Support Scheme « un coup d’épée dans l’eau ».

Paul Bérenger considère par ailleurs que les problèmes demeurent entiers au niveau de l’industrie sucrière. Il se réfère à une déclaration de presse du président du conseil d’administration du Sugar Industry Fund Board (SIFB), Vivekanand Lochun selon laquelle l’actuaire du SIFB, qui s’apprête à décaisser Rs 500 millions, a laissé entendre que la situation financière du fonds sucrier est « très serrée ». Il demande que le rapport d’actuaire qui sera prêt bientôt soit rendu public, « compte tenu de l’inquiétude qui gagne les petits planteurs ».

Tout en accueillant favorablement la suspension du paiement des contributions des planteurs au CESS Fund, soit quelque Rs 200 millions globalement, Paul Bérenger se demande pourquoi cette autre mesure n’est que temporaire. Il rappelle que pour tous les autres secteurs, dont le tourisme, l’État prend entièrement à sa charge les frais de financement des organismes de soutien au secteur. « Pourquoi cela ne devrait-il pas être le cas sur une base permanente pour le secteur sucrier également ? » se demande-t-il. Pour le leader des mauves, il n’est surtout pas question « de donner d’une main pour prendre de l’autre. »

Par rapport à la récente baisse par 50 points du Repo Rate, Paul Bérenger souligne que dans son dernier rapport pour Maurice, le Fonds monétaire international avait pourtant recommandé que, compte tenu de la tendance à une relance de l’inflation, il convenait de procéder à un resserrement de la politique monétaire au moyen notamment d’un rehaussement du taux directeur. Il constate que, « suivant des pressions exercées », le Repo Rate a en fait été révisé à la baisse. Même s’il reconnaît que cela n’a été que pour une légère baisse de 0,5%, Paul Bérenger anticipe une relance de l’inflation. « Qui dit inflation dit taxe injuste sur les économiquement faibles. »

Au sujet des recommandations attendues de la Banque mondiale pour la réforme du secteur de l’eau, le leader du MMM parle de « mise en scène » du gouvernement et du ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo, en vue de préparer l’opinion publique et les salariés à ni plus ni moins qu’une privatisation de la Central Water Authority. « Inutile de noyer le poisson », dit-il à cet effet.