PARTIELLE DE BELLE-ROSE/QUATRE-BORNES : Bonne foule du MMM et du PTr mais contingent plus mince du PMSD

La palme de l'ambiance au Reform Party de Roshi Bhadain

Le fait de la journée d'hier fut le singulier contraste entre la bonne foule bigarrée de partisans MMM ayant accompagné la candidate mauve et celle bien plus mince mais surtout plus monochrome du PMSD, un cortège PTr aussi conséquent et un Reform Party assurant surtout l'ambiance. Telle est l'autopsie générale de l'exercice de dépôt de candidatures pour la partielle du 17 décembre à Belle-Rose/Quatre-Bornes.
À la Sodnac State Secondary School, qui servait hier de centre d'enregistrement, les choses allaient démarrer comme sur les chapeaux de roue. Le centre à peine ouvert à 9h qu'un premier candidat indépendant, Ashvin Kumar Dillum, domicilié à Ilot, se présentait pour se faire enregistrer. Une trentaine de minutes plus tard, Nasanah Yenkanah, handicapé à la retraite résidant à Riche-Mare et qui célébrait hier ses 65 ans, se présentait en fauteuil roulant en vue de s'enregistrer lui aussi comme candidat indépendant. Manque de pot, il allait être contraint, plus d'une fois, de faire le va-et-vient pour se conformer aux exigences administratives de l'exercice.
Ce n'est finalement qu'à l'arrivée du candidat du Reform Party vers 10h10 que l'ambiance allait réellement commencer à s'animer. Pour l'occasion, Roshi Bhadain et la centaine de supporters qui avaient tenu à l'accompagner au centre d'enregistrement ont défilé à pied, tambour battant, jusqu'à la Sodnac SSS. À un certain moment, le brouhaha était tel dans la cour du collège que les policiers de service ont demandé aux partisans tout de jaune vêtus de s'abstenir de faire éclater des pétards. Ils étaient, par la même occasion, invités à attendre leur candidat devant le portail du centre d'enregistrement. Dans la foule des partisans de l'ancien ministre MSM démissionnaire, l'on remarquait notamment la présence de son père, Chand Bhadain, mais aussi celle de nombreux jeunes, voire d'adolescents.
Juste avant que n'arrive le candidat Bhadain et ses supporters, Me Désiré Basset, de l'Electoral Supervisory Commission, s'est pointé au bureau du Returning Officer, Raj Seebaluck, pour s'enquérir du bon déroulement des opérations. Entre-temps, d'autres candidats se manifestaient. À l'instar de Vivek Pursun du Mauritian National Congress (MNC). Aux journalistes présents, il n'a pas manqué d'expliquer que le nom de son parti s'inspirait de celui fondé par Nelson Mandela, soit l'African National Congress.
Un Reform Party surexcité
La première candidate à se présenter fut celle des Verts Fraternels, Cindy Antonio, celle qui s'était déjà alignée dans cette circonscription aux dernières élections générales de décembre 2014. Elle était notamment accompagnée, pour l'occasion, du président de son parti, Sylvio Legallant. Son crédo : lutter contre la misère et réparer les injustices subies par les descendants d'esclaves.
Au sortir du centre d'enregistrement, Roshi Bhadain, juché sur un caisson de 4X4, allait tenir un meeting impromptu au cours duquel il n'a pas manqué de prévoir sa victoire « avec 2000 à 3000 voix d'écart sur celui arrivant en deuxième position. » Il est alors aux alentours de 11h et au loin se profile l'arrivée en procession de la bien plus nombreuse foule de partisans du MMM accompagnant leur candidate, Nita Jaddoo.
La belle foule bigarrée de partisans MMM partie, c'est un plus petit contingent très monochrome d'une centaine de supporters du PMSD qui allait, par la suite, accompagner jusqu'au centre d'enregistrement le candidat bleu, Dhanesh Maraye. En tête du cortège, le vieux briscard Azad Dumun, l'air pensif mais aussi, entre autres, le leader Xavier Duval et son fils député de Curepipe/Midlands, Adrien, de même qu'Aurore Perraud. « Lakwizinn nou palé », « Xavier Premye minis », devaient-ils scander.
Un peu après 13h, le candidat du PTr, Arvin Boolell, allait à son tour faire son entrée à la tête d'une longue file de partisans rouges. À ses côtés, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, mais aussi le président du parti, Patrick Assirvaden, de même que le chef de file des rouges à l'Assemblée nationale, Shakeel Mohamed. Présence aussi remarquée aux côtés du candidat Boolell des membres influents de la vieille garde, dont Anil Bacchoo et Rajesh Jeetah. Sans oublier quelques revenants, à l'instar de l'ancien ambassadeur de Maurice à Maputo, Alain Laridon.
Il faut dire que l'entrée au centre des partisans travaillistes s'est aussi faite au son des tambours et des trompettes. On notait une forte présence d'activistes travaillistes venus d'ailleurs. L'enregistrement du candidat PTr coïncidait avec la présence au centre des candidats des deux partis de gauche, Jack Bizlall du Mouvement 1er Mai et Kugan Parapen de Rezistans ek Alternativ.
Fort heureusement, cette présence simultanée de candidats se regardant en chiens de faïence s'est déroulée sans anicroche dans le respect de l'adversaire. Si pour l'occasion Kugan Parapen était, entre autres, accompagné d'Ashok Subron, Jack Bizlall pouvait lui compter sur la présence des deux dirigeants de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo.
Candidature surprise du MTM
Tania Diolle, candidate du Mouvement Patriotique (MP), devait pour sa part se présenter à la tête d'un petit groupe de quelques dizaines de partisans aux alentours de 14h. Elle allait faire son entrée flanquée, notamment, d'Alan Ganoo et de Jean-Claude Barbier. Objectif affiché : miser sur les indécis et les jeunes lors de cette « élection sous-marin » (Ganoo dixit).
En ce jour du dépôt de candidatures pour la partielle du N°18, il n'y a pas eu de surprise du côté du MSM. En effet, à la fermeture du bureau à 15h, le principal parti du gouvernement a confirmé son forfait pour le rendez-vous du 17 décembre. En revanche, le Mouvement Travailliste Militant (MTM) de Vasant Bunwaree, que l'on croyait partant pour soutenir la candidature du candidat du PMSD, a, au final, choisi d'aligner sa propre candidate en la personne de Reshma Sumputh-Ramchurn, ancienne candidate PTr battue aux élections municipales de 2012 à Quatre-Bornes.
Sinon, confirmation d'un certain nombre de candidatures presque anecdotiques dont celle du chanteur engagé Nitish Joganah, qui bénéficiera finalement pour l'occasion du soutien de Joyce Virasamy, connu du monde artistique. Une candidature qui a fait se demander à un quidam si en réalité Nitish Joganah n'était pas en train de « rod enn brans pou li poze… »
Finalement, deux candidats ont dû revenir quelques heures après l'enregistrement de leur candidature. La première, Nita Jaddoo, la candidate mauve, à qui les officiers avaient oublié de rendre, semble-t-il, sa carte d'identité. Le second, un candidat indépendant, Kevin Payen, qui avait lui, dit-il, oublié d'inscrire son logo.
En fin d'après-midi, Iswardeo Seetaram, ex-ministre du PTr, en loup solitaire toutefois, zieutait le tableau d'affichage, prenant des notes pour constituer une base de données quant aux enjeux de ces élections, dit-il. « Noting is much certain, it's now that the game begins », laissait-il entendre. Vers 15h20, le secrétaire général du MMM était à nouveau au centre d'enregistrement. Cette fois, pour scruter le tableau en vue d'une éventuelle contestation à faire. Cela n'a toutefois pas été le cas.
À 16h00, au terme de la période d'une heure impartie pour toute contestation de candidatures, le Returning Officer, Raj Seebaluck, disait sa satisfaction quant au bon déroulement de cette journée d'enregistrement de candidatures. « Il n'y a pas eu de temps mort. Au total, 40 candidats se sont inscrits. Tout s'est très bien passé. Il n'y a pas eu de contestation. » Raj Seebaluck révélait que c'est la toute première élection partielle pour laquelle il agit en tant que Returning Officer.
Il devait convenir que l'enregistrement de 40 candidatures constitue un fait marquant, même s'il n'était pas en mesure de confirmer si cela constituait un record.