PARTIELLE - BELLE-ROSE/QUATRE-BORNES : Le scrutin du 17 décembre sur fond de turbulences

A son retour de mission à l’ONU vers le 25, Pravind Jugnauth attendu devant la commission sur la drogue, présidée sur l’ancien juge, Paul Lam Shang Leen, au sujet des allégations du parrain des parrains, Peroumal Veeren
  • A prévoir, la publication du rapport du comité d’enquête Aujayeb sur les salaires (Rs 323 200 par mois) et allocations de Vijaya Sumputh en tant qu’Executive Director du Trust Fund for Specialised Medical Care
  • Une épée de Damoclès toujours sur la tête du VPM et président du MSM, Showkutally Soodhun, avec l’enquête du Central CID toujours “Live” au sujet des menaces de mort contre le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval
  • Le leader du MSM devra également décider si l’alliance gouvernementale alignera un candidat pour la partielle au No 18 avec le siège laissé vacant par la démission de Roshi Bhadain

 
A quelques heures de son départ pour sa première mission officielle aux Nations unies, le Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, a fait publier le Writ pour la partielle à Belle-Rose/Quatre-Bornes (No 18). Le Nomination Day pour le dépôt des candidatures se déroulera le 4 novembre avec les 42 052 électeurs inscrits et répartis dans 13 Wards appelés aux urnes pour le dimanche 17 décembre. Sur le terrain, les principaux partis d’opposition sont déjà passés à la vitesse supérieure pour galvaniser leurs partisans et réduire au maximum les risques d’un fort taux d’abstention en cette période de fin d’année. Il y a aussi le fait que l’alliance MSM/Muvman Liberater au pouvoir n’a pas encore confirmé sa décision d’aligner un candidat à cette élection partielle. Toutefois, en cas de décision dans un sens comme dans l’autre, des zones de turbulence se profilent à l’horizon de l’Hôtel du gouvernement. Il n’y a pas que la Yerrigadoo Saga de BET365, dont les séquelles et la pression sur le terrain politique s’annoncent difficiles à gérer en dépit de l’optimisme affiché par l’ancien Attorney General, Ravi Yerrigadoo, forcé à la démission, que « ce n’est qu’un au-revoir ». Dès son retour au pays, vers le 25 septembre, Pravind Jugnauth a rendez-vous que la Commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge, Paul Lam Shang Leen, pour répondre aux allégations du parrain des parrains, Peroumal Veeren. D’autre part, le rapport du comité d’enquête Aujayeb au sujet des salaires de Rs 323 000 par mois alloués à l’anciennne Chief Executive du Trust Fund for Specialised Medical Care et proche du ministre Anil Gayan, Vijaya Sumpith. Puis il y a la hantise des conclusions de l’enquête du Central CID sur les menaces de mort proférées par le vice-Premier ministre et ministre du Logement Showkutally Soodhun, à l’encontre du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval.

 
Pravind Jugnaiuh, qui dirige une délégation comprenant des Senior Officials du Prime Minister’s Office et de la Mission Permanente à New York, devra intervenir à la tribune des Nations unies pour la première fois en tant que Premier ministre vers la fin de la semaine, probablement jeudi soir (heure de Maurice) au plus tard. Auparavant, il participera à des fonctions officielles, dont le déjeuner formel offert par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres aux chefs de délégations, une réception offerte par le Premier ministre britannique, Theresa May, aux chefs d’Etat et de gouvernement du Commonwealth aussi bien que la Welcome Reception du président des Etats-Unis, Donald Trump. Des entretiens bilatéraux sont également au programme du Premier ministre, même si à ce jour très peu de détails ont transpiré officiellement. Un tête-à-tête avec son homologue indien, Narendra Modi, est une des possibilités dans la conjoncture politique.
Dès son retour au pays au début de la dernière semaine de septembre, Pravind Jugnuath devra trancher sur une participation ou non de l’alliance gouvernementale à la partielle du No 18. A ce moment, il restera six semaines avant le Nomination Day pour l’éventuel candidat du gouvernement avec une promesse du fauteuil de Grand Argentier en cas de victoire. Que ce soit pour un retrait de la joute électorale ou le contraire, le leader du MSM et ses principaux lieutenants au sein du gouvernement devront animer des campagnes d’explications pour justifier le retrait ou solliciter le soutien de son électorat au No 18. Dans les rangs du gouvernement, certains n’hésitent pas à trouver que l’absence de participation à la partielle constitue « un couteau politique à double tranchant ».
Mais Pravind Jugnauth n’aura pas qu’à s’occuper du scrutin de Belle-Rose/Quatre-Bornes pour le dernier trimestre de cette année, marquée par la reprise des travaux de l’Assemblée nationale. Un rendez-vous crucial l’attend devant la commission Lam Shang Leen. Il devra réfuter les allégations de financement de trafic de drogue et de la campagne électorale pour les législatives du 10 décembre 2014. Certes, ce sera aussi une occasion pour le chef du gouvernement de réitérer sa détermination de lutter contre les barons de la drogue.
L’audition de Me Devir Lanket : une des étapes phares des travaux de la Commission sur la drogue
Dans le contexte qui s’est développé au cours de ces derniers mois en marge des travaux de la commission d’enquête, le message de Pravind Jugnauth, sera-t-il suffisamment convaincant, d’autant plus que l’un des derniers Senior Members at the Bar à être convoqués par l’ancien juge Lam Shang Leen n’est nul autre qu’un des conseils légaux du Premier ministre et Chairman de la Gambling Regulatory Authority, Me Raouf Gulbul. L’audition de Me Devir Lanket se présente comme une des étapes phares des travaux de la Commission sur la drogue tant qu’il y a des zones d’ombres à élucider en matière de connexion entre membres de la profession légale, la classe politique et le monde de la drogue. Difficile de s’aventurer pour préciser la portée politique de ce passage de Me Gulbul devant la commission Lam Shang Leen. Mais les blessures pourront être difficiles à cicatriser au vu des témoignages encore à venir.
Un autre dossier accablant, qui avait marqué la première séance des travaux de l’Assemblée nationale, pourrait resurgir d’un moment à l’autre. Le comité d’enquête Aujayeb, qui a bouclé les auditions sur les salaires et allocations de Vijaya Sumputh à la tête du Trust Fund for Specialised Medical Care, procède actuellement à la rédaction du rapport sur les circonstances dans lesquelles les salaires de l’ancienne Executive Director ont été révisés à la hausse de plus de Rs 100 000 par mois en dépit des objections du ministre de la Santé, Anwar Husnoo, et du chef du gouvernement. Le rapport devra être soumis au Conseil des ministres, qui a avalisé cette instance d’enquête en dépit des réserves de l’état-major du Muvman Liberater, qui s’était rangé derrière Vijaya Sumputh.
Le député du MMM, Rajesh Bhagwan, qui avait soulevé ce lièvre en or, attend au tournant pour relancer la polémique sur le thème des ti kopin ek gran kokin. Au cours de la période allant de février 2015 à février 2017, soit 24 mois, les salaires bruts versés à Vijaya Sumpouth étaient de Rs 7,1 millions, soit une moyenne de Rs 295 000 par mois, dont les diverses allocations. Au cours de la même période, elle a bénéficié d’allocations de voyages pour un montant de Rs 2,2 millions sans oublier un Gratuity de Rs 226 000 et le remboursement de ses congés pour un montant de Rs 77 100 à son départ au 1er mars de cette année.
Enfin, encore plus imminentes devraient être les conclusions de l’enquête du Central CID dans l’affaire des menaces de mort contre Xavier-Luc Duval à l’occasion des célébrations Eid à Centre-de-Flacq. En principe, une séance d’interrogatoire Under Warning de Showkutally Soodhun était au programme de travail des limiers du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Devanand Reekoye au cours de la semaine écoulée. Les mauvaises langues prétendent qu’après ce passage aux Casernes centrales, une inculpation provisoire pourrait être recommandée dans ce cas. Aucune confirmation n’est disponible à ce chapitre, discrétion légendaire de la police oblige.
Pour clore cette série, la décision du Directeur des Poursuites publiques dans l’enquête des coffres des Rs 220 millions de Navin Ramgoolam est au programme pour la fin de ce mois dans le sillage de la charge rayée devant le tribunal de Curepipe. Dans l’éventualité que l’ultime document formel sous la Legal Mutual Assistance au sujet des Sources of Fonds de ces Rs 220 millions soit classé aux abonnés absents, cette affaire pourrait être traitée pour des infractions relevant des responsabilités de la Mauritius Revenue Authority (MRA) avec des amendes imposables, exonérant l’ancien Premier ministre de poursuites au pénal. 
Ainsi, l’Hôtel du gouvernement pourrait se retrouver en posture politique compromettante, mais la fin de septembre n’est pas pour demain et qu’il reste plus que “one week” encore...