L’élection partielle dans la circonscription N° 18 est une injustice imposée aux habitants de cette région qui subissent aujourd’hui le poids du regard de toute la nation mauricienne pendant que les partis traditionnels procèdent à leurs pratiques de division et portent atteinte à l’harmonie sociale. Le mouvement Nou Repiblik présente ici les enjeux de cette élection partielle et invite les Mauriciens en général et les électeurs du N° 18 en particulier à ne pas faire le jeu des formations politiques qui ont monopolisé le pouvoir depuis l’indépendance en opposant les Mauriciens les uns aux autres.

La cause de cette élection partielle ?

Il était initialement question de l’opposition de Roshi Bhadain au projet de Metro Express. C’était la raison invoquée par cet élu de la circonscription N° 18 quand il avait choisi de démissionner de son siège provoquant ainsi cette élection partielle. Il avait pourtant participé aux négociations menant à la concrétisation de ce projet avec l’Inde. La suite, on la connaît : il y a bien un projet de tram-train sur les rails, mais il n’en est plus du tout question dans aucun meeting…

Ce projet qui est censé soulager les habitants de la circonscription sera payé par l’ensemble des Mauriciens sur plus d’une génération. Or, les habitants de cette région savent parfaitement que ce n’est pas avec ce projet que l’on va décongestionner le réseau routier entre Vacoas, Quatre-Bornes et Rose-Hill et pourtant, ce sont eux qui vont faire l’objet de tous les mécontentements.

Le train de la division ?

S’il n’est plus du tout question du Metro Express, on aura, par contre, constaté que les habitants de la circonscription N° 18 ont été embarqués dans le train de la division.
En effet, étrange coïncidence : l’enregistrement des propos méprisants tenus par Showkutally Soodhun en juillet a fait surface en novembre ! Et on sait aujourd’hui que c’est Xavier-Luc Duval qui a remis la vidéo à deux journalistes qui sont allés jouer les messagers… auprès du Premier ministre et Leader du MSM !
Certes, les Mauriciens choqués ont exprimé leur indignation, forçant ainsi la main au PM pour qu’il se débarrasse de son ministre encombrant et gaffeur. Mais encore une fois, les Mauriciens auront démontré qu’ils ne sont pas aussi stupides que le prétendent ceux qui, à chaque fois, évoquent « le tissu social fragile » alors qu’ils continuent d’exploiter l’ignorance et la peur entre les communautés pour leurs intérêts électoraux.

Ainsi, en regardant ces événements avec du recul, on s’aperçoit que les formations politiques traditionnelles sont capables et toujours disposées à distiller le soupçon communal pour diviser l’électorat d’une circonscription. Peu leur importent les conséquences de telles pratiques ; pour ces partis dont les responsables sont animés par le cynisme, seul compte le résultat.

Quel sens démocratique ?

La partielle au n° 18 est sans intérêt pour le pays, encore moins pour les habitants de cette circonscription. Il n’y a qu’à compter le nombre de questions que l’élu éventuel pourra poser pour le reste de cette législature pour réaliser qu’il s’agit là d’un non-sens démocratique résultant en une perte de temps et de ressources pour le pays. Encore une fois ce sont les contribuables qui vont casquer, les habitants de la circonscription qui assistent impuissants à l’envahissement de leurs lieux publics par un affichage sauvage et une orgie de banderoles.

À l’avenir, il faudrait interdire qu’un parlementaire démissionnaire puisse être candidat à son propre remplacement : comment justifier que l’on puisse mettre autant de ressources et de moyens à la disposition d’individus qui engagent une circonscription dans une joute électorale, sous le seul prétexte de leur honneur personnel et de leur ego ?

Pour un renouvellement ?

Cette pratique politique, qui se fait au mépris de la population, commence à s’essouffler. Un changement d’ère se précise. Le souhait de changement de la vie politique mauricienne, des institutions en passant par le changement des représentants à l’Assemblée nationale s’exprime à tous les niveaux. Ce changement est nécessaire. Même les partis traditionnels sont conscients de ce vœu populaire et cette élection partielle nous montre qu’au moins deux de ces formations ont aligné des jeunes qui, en outre, s’étaient mis dans l’orbite du mouvement Nou Repiblik. Mais le peuple a besoin d’un véritable renouvellement et non d’un rajeunissement, le pays a besoin de nouveaux moteurs de développement et de justice sociale et non d’un lifting cosmétique. Encore une fois, les partis traditionnels entendent proposer leurs vieux chicots en ayant recours à de nouveaux emballages.

Pourquoi nous n’y sommes pas ?

Nou Repiblik ne peut s’engager dans cette partielle où 1) les enjeux sont tronqués; 2) la démocratie est bafouée, et 3) le train de la division est en marche.
Avant même l’indépendance du pays, durant plus de cinquante ans, les partis conservateurs ont démontré que seul le pouvoir les intéresse, même quand il est exercé au détriment de la population au bénéfice de quelques-uns. Ils ne s’embarrassent plus de leurs séparations cosmétiques pour proposer de nouvelles alliances à une population traînée de mystification en escroquerie. Ils ne s’embarrassent plus de l’argent qu’ils soutirent des corporations ou qu’ils pourraient obtenir de sources mafieuses.
Cette partielle ne sert qu’à établir les rapports de forces des différentes formations dans la perspective de nouveaux arrangements politiques. Ces formations songent déjà à la manière de caser leurs dirigeants politiques inamovibles. Tout cela dans l’irrespect total de la population.

Participer à cette partielle aurait consisté ni plus ni moins qu’à légitimer cette joute électorale. Non, nous ne sommes pas dupes et nous n’allons pas participer à cette duperie de la population. Le peuple mauricien a droit au respect et cela commence par le respect de nous-mêmes. Hors de question pour Nou Repiblik de se compromettre dans une campagne de division où les Mauriciens sont comme autant de tribus dont peuvent disposer des dirigeants politiques sans vergogne. Nou Repiblik est un mouvement qui est déterminé à engager l’ensemble de la population dans une vision nationale où l’unité se conjugue avec la justice pour tous. Nous savons donc que ce sont les prochaines législatives qui constituent notre rendez-vous avec la population et l’histoire de ce pays.

Le vote utile ?

Cette partielle verra la participation de plusieurs partis se présentant comme des formations alternatives aux partis traditionnels. Même s’il faut saluer le courage de ceux qui ont décidé de se jeter cette fois dans l’arène et d’affronter l’électorat, le regard doit plus que jamais être tourné vers les prochaines échéances législatives de 2019.
Pour notre part, nous sommes conscients d’un éparpillement des forces républicaines et nous estimons que seule une fédération de ces différentes forces pourra faire vaciller les partis traditionnels. Un appel en ce sens est lancé. Nou Repiblik y travaille déjà.
L’élection partielle du numéro 18 doit démontrer cette détermination de changement par le biais d’un vote utile hors des partis traditionnels.