A PARTIR DE FÉVRIER 2018 : Un “No More cars in Singapore” qui fait débat

Cette mesure est-elle envisageable à Maurice pour combattre la congestion routière ?

Souvent cité comme référence par les gouvernements mauriciens dans bien des domaines, allant du secteur de l’éducation à la planification urbaine, en passant par la gestion des déchets… Singapour représente sous bien des aspects un exemple à suivre sauf en ce qui concerne les libertés fondamentales. Ce pays, qui a fêté ses 50 ans d’indépendance il y a tout juste deux ans, et à qui d’ailleurs l’État mauricien fait appel à l’expertise fréquemment, dont pour l’introduction du Metro Express, pourrait inspirer les dirigeants locaux et les citoyens mauriciens. Notamment en matière de planification routière ! Le pays a en effet décidé d’appliquer une politique de « No more cars ». Politique qui prendra effet en février 2018 selon les médias et qui verra ainsi contenir  la congestion routière dans le pays, d’autant que l’Etat annonce  privilégier le transport en commun. A l’heure où les débats se passionnent autour de l’introduction du Metro Express, tenant compte que l’étude de faisabilité de ce projet d’envergure a été réalisée pour Maurice par les Singapouriens eux-mêmes, cette mesure peut-elle être envisagée à Maurice ?

La semaine dernière, Singapour a annoncé un plan visant à réduire le taux de croissance des véhicules de 0,25% par an à 0%. Une mesure qui ne s’applique pas aux véhicules de transport de marchandises et d’autobus, mais concerne uniquement les voitures et les motos, et qui sera effective à partir de février 2018, selon les médias. 
La raison avancée par le gouvernement : la superficie limitée disponible. En effet, les routes singapouriennes occupent 12% de la superficie totale de la ville, soit environ 3500 km avec plus de 600 0000 voitures privées et de location sur cet espace routier limité. Avec une population de 5,5 millions d’habitants, la saturation du réseau routier pour cette ville-Etat de 719 km2 préoccupe les instances de Singapour. La densité de la population et de véhicules pose en effet problème. 
Actuellement un quota des permis de véhicules est imposé sur les Singapouriens. La Land Transport Authority (LTA) délivre ces permis — certificats de droit — qui donnent l’autorisation aux propriétaires de véhicules d’avoir leur véhicule pour une période de dix ans. Ces permis sont limités et vendus aux enchères tous les mois. Mais à partir de 2018, « no more cars will be allowed on the road ». Le gouvernement a laissé comprendre que cette décision de zéro croissance sera réétudiée en 2020. 
Une restriction qui, selon les autorités singapouriennes, aura des effets secondaires positifs dans le long temps, notamment en termes d’impact environnemental. En effet, en contrepartie les autorités se sont engagées à développer le réseau des transports publics. Outre la réduction des embouteillages, dommageables sur l’environnement, moins de voitures sur les routes de Singapour signifie moins de pollution pour les moteurs à combustion fossile. Qui plus est, l’arrêt de l’expansion du réseau routier dans le pays empêchera la poursuite du développement du transport au detriment des espaces naturels.
Maurice peut-elle suivre cet exemple ? Pour une population de 1,3 millions d’habitants, le parc automobile qui augmente de 4 % chaque année, compte, à ce jour, plus de 520 000 véhicules, dont quelque 260 000 de voitures sur un réseau routier long de 2500 km. A Singapour, qui compte 5,5 millions d’habitants, le nombre de voitures par milliers d’habitants s’élève à 149 pour un réseau routier de 3500 km. Soit environ 280 véhicules par km. Si à Singapour la densité de km2 occupée par les routes s’élève à 5 km par km2, à Maurice la densité est d’environ 1,3 km par km2. Et le nombre de voitures par milliers d’habitants tourne autour de 373, soit quelque 200 véhicules par km routier. 
Certes la superficie des deux pays est largement différente, Singapour faisant 719 km2 et Maurice 2048 km2. Cependant, compte tenu de la saturation de notre réseau routier, la récente décision du gouvernement singapourien de stopper l’introduction de nouveaux véhicules à partir de 2018 pourraient faire débat pour ceux qui ne cessent de vanter les mérites de l’expertise singapourienne. D’autant qu’avec une  mesuresemblable fort improbable, c’est aussi la protection de l’environnement qui est prise en compte !