Nous étions partis à sa rencontre pour un constat. Car l’hôtel de ville de Curepipe, que le site de la mairie présente encore comme étant “une des structures coloniales les mieux conservées de Maurice”, est un patrimoine à l’agonie. Malgré son état, c’est la Grande Dame qui nous a ouvert son coeur…
“Bonjour ! Je vous ai vue me tourner autour. M’observer. Vous attarder sur mes contours. Vous êtes de la presse, c’est cela ? Oui ! Encore… Les journalistes se sont souvent – pour ne pas dire toujours – intéressés à moi. Qu’allez-vous écrire cette fois-ci ? Qu’y a-t-il de plus à dire que l’on n’ait déjà dit ? Quoi écrire sur une vieille dame qui perd son âme dans la grisaille d’une ville humide ?
Excusez-moi, je pose des questions, alors que c’est à vous de le faire. Vous m’en voyez fort navrée. J’aurais pu rougir de cette malencontreuse maladresse, mais voyez-vous, je suis usée, en décrépitude, dirais-je. Mais comme l’atteste mon vocabulaire dans ce court monologue, je reste une Dame. Digne et fière, même dans l’agonie.