Véritable emblème de l’époque des colons, la case créole n’est désormais plus que l’ombre d’elle-même. Elle disparaît ainsi sous les yeux impuissants de ceux qui ont à coeur le patrimoine mauricien. Retour sur cette maison traditionnelle qui a longtemps fait partie du quotidien de nos ancêtres…
Caractérisée par sa toiture de bardeaux qui imite la structure d’un bateau renversé en tôle ondulée, sa grande véranda et son jardin, la case créole n’est aujourd’hui plus que le souvenir d’une époque révolue. Certaines de ces maisons traditionnelles tombent en ruine alors que d’autres ont été intégrées à des bâtiments modernes…
Les quelques cases créoles mauriciennes tentent malgré tout de résister aux années, aux intempéries et à la modernité. On peut admirer ce genre de bâtisses, entre autres, à Port-Louis, Moka et Vacoas. Les plus emblématiques étant la cure de l’Immaculée Conception, le restaurant Lambic dans la capitale et la Maison Eurêka à Moka.
Les premières cases créoles ont vu le jour à Maurice au 18e siècle grâce aux Français. Le bois était mis à contribution pour sa conception. Son architecture s’inspirait des formes typiques des décorations indiennes. Ces maisons traditionnelles se composent de plusieurs chambres. Son haut plafond permet quant à lui une bonne aération de l’habitation.
À l’époque, les riches recouvraient les murs de leur case créole avec de la toile et les pauvres avec du papier. La fondation de la maison était isolée par des plots qui lui servaient de soutien. La cuisine se trouvait généralement à l’extérieur et la véranda était le lieu où les gens se rencontraient ou faisaient du commerce.
La cherté des matériaux est l’une des raisons pour lesquelles les cases créoles tendent à disparaître. La rénovation de certaines maisons de ce type coûterait environ Rs 15 millions. D’où la décision de certains propriétaires de les abandonner. De plus, la main-d’oeuvre spécialisée se fait de plus en plus rare.
David Ardill, membre de SOS Patrimoine en Péril, affirme que « le gouvernement devrait avoir un fonds pour aider à sauvegarder les cases créoles. » Et à Nelly Ardill, présidente de SOS Patrimoine en Péril et propriétaire d’une case créole datant de 1863, de renchérir : « Le gouvernement devrait surtout mettre en place un fonds d’emprunt qui sera géré par un board privé. Les propriétaires pourraient alors avoir l’argent nécessaire sans payer d’intérêt. » Elle suggère aussi la création d’un atelier afin de former Par ailleurs, comme pour rendre justice à celles qui ont été les piliers de l’architecture mauricienne, de nombreux bâtiments s’inspirent aujourd’hui des cases créoles… Bagatelle – Mall of Mauritius, Jumbo Phoenix, entre autres ont ainsi des toitures et autres structures rappelant ces maisons traditionnelles.