PAUL BÉRENGER (LEADER DU MMM) : « Les élections générales, le plus grand cadeau qu’on puisse offrir à Maurice pour ses 50 ans»

À l'occasion du 50e anniversaire de l'organisation des élections générales ayant mené à l'indépendance, le 7 août 1967, et dans la perspective de la célébration du 50e anniversaire de notre indépendance le 12 mars prochain, nous avons rencontré cette semaine le leader du MMM, Paul Bérenger, dont la carrière politique est étroitement liée à l'histoire de Maurice indépendante. Au cours de l'interview qui suit, il soulignera que l'indépendance est née dans des circonstances difficiles, rappelant les bagarres raciales et la coalition répression, avec une incursion inévitable pour souligner que Maurice célébrera l'année prochaine ces 380 ans d'histoire et que l'Isle de France a connu une première indépendance en 1796. Il conclut en disant que « le plus grand cadeau » que l'on puisse offrir au pays pour ses 50 ans d'indépendance serait l'organisation d'élections générales.

Paul Bérenger, nous avons célébré les 7 et 8 août de cette semaine le 50e anniversaire des élections générales qui nous ont menés vers l’indépendance, dont nous célébrerons le 50e anniversaire l’année prochaine. Comment ces événements vous interpellent-ils ?
L’année prochaine nous célébrerons les 50 ans d’indépendance mais également les 380 ans de l’histoire humaine à Maurice. C’est en 1638 que Maurice a été colonisée pour la première fois par les Hollandais. Il y a eu, par la suite, la colonisation française. On ne peut vraiment parler de colonisation britannique bien qu’en termes administratifs nous avons été une colonie britannique. Les Hollandais sont partis en 1710. Je suis convaincu qu’une cinquantaine d’esclaves marrons étaient restés dans les bois. La colonisation française a commencé en 1722. Les voiliers Atalante et la Diane sont arrivés à Maurice en provenance de Lorient de la Bretagne le 7 avril de cette année-là avec quelque 300 personnes à son bord dont une vingtaine de femmes, une trentaine d’enfants, 200 soldats et des commis. Il faut dire que la moitié des femmes ont trouvé la mort en route. Il y a eu aussi des enfants qui sont nés à bord. Cependant la colonisation officielle démarre à partir de La Réunion le 12 juin 1722 avec l’arrivée de six colons et d’une trentaine d’esclaves. Plus tard il y a eu un Chinois. À cette époque, les esclaves venaient surtout de Madagascar, du Mozambique et de l’Inde. Ainsi dès le début de notre histoire, tous les éléments qui constitueront plus tard la nation mauricienne étaient présents dont les Français, les esclaves de Madagascar et du Mozambique et plus tard des Chinois.
Alors que nous nous apprêtons à célébrer les 50 ans de l’indépendance, il est de mon devoir de dire que l’histoire retient que l’Isle de France a connu une première indépendance esclavagiste en 1796. Haïti, alors St Domingue, avait connu une révolte des esclaves noirs et avait proclamé l’indépendance du pays… En même temps, ils ont envoyé des députés à la révolution française. En 1794, lorsque des députés haïtiens sont arrivés en France, la Convention française a aboli l’esclavage complètement. Cependant, l’Assemblée coloniale de l’île de France se prononça contre ce décret et réclama avec insistance à la Convention sa suppression. La France envoya des agents à travers le monde y compris à l’Isle de France afin d’appliquer la loi. Mais lorsque les deux commissaires français Bacot et Burnel arrivèrent à l’Isle de France en 1796 pour appliquer la loi, ils ont été éconduits par les propriétaires d’esclaves qui se révoltèrent et forcèrent les deux commissaires à quitter l’île. Ce qui fait qu’entre 1796 et 1803, l’Isle de France était administrée de manière indépendante de Paris avec la complicité du gouverneur général. En 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage aboli par la révolution française. Il envoya Decaen en 1803 pour imposer le nouveau régime politique. L’Isle de France fut à partir de là prise en main par les administrateurs nommés par Napoléon.
L’histoire de Maurice a certaines caractéristiques qui nous ont bien aidés et qu’il faut garder en tête, à savoir que nous venons tous d’ailleurs depuis le commencement de notre peuplement. D’ailleurs, en tant que Premier ministre entre 2003 et 2005, je me suis fait un devoir de visiter les cinq pays de peuplement de Maurice, à savoir la France, l’Inde, la Chine, le Mozambique et Madagascar. Il nous faut donc savoir premièrement que nous venons tous d’ailleurs ; deuxièmement, que Maurice fait partie d’une dizaine de pays qui se sont retrouvés et sur la route des esclaves et sur la route de l’engagement ; troisièmement, qu’en l’espace de plus d’un siècle nous avons connu un bouleversement démographique extraordinaire. À l’Abolition de l’esclavage en 1835, la population était composée de quelque 60 000 esclaves d’origine africaine et malgache, une poignée de blancs, une population de couleur, un petit nombre d’origine indienne. En l’espace de 80 ans, nous sommes devenus une population massivement d’origine asiatique. Ceux qui ont vécu cette période sont des héros. Lorsqu’on imagine que 450 000 coolies engagés ont été amenés à Maurice entre 1834 jusqu’au début du XIXe siècle… 300 000 ont fait de Maurice leur pays. Quatrièmement, nous avons été une colonie française et une colonie britannique, ce qui fait que Maurice figure parmi seulement sept ou huit pays qui appartiennent aussi bien au Commonwealth qu’à la Francophonie. Le seul pays qui peut être comparé à Maurice est le Cap Vert. Cependant, l’île n’a pas connu l’engagisme. À cette époque, les voiliers arrivant de France se rendaient d’abord au Cap Vert avant de traverser l’Atlantique en direction du Brésil et de retraverser l’Atlantique jusqu’aux Mascareignes en passant par le Cap de Bonne Espérance.

Puisque nous parlons également des élections de 1967, étiez-vous à Maurice à cette époque ?
J’étais encore étudiant mais je revenais à Maurice lors des vacances et j’étais revenu en 1967. J’avais refusé à cette époque de verser dans l’hystérie anti-indépendance. Je me souviens le jour du scrutin, mon père qui était déjà retraité de la fonction publique, m’avait prêté sa voiture. Un ami et moi avons fait le tour de Maurice et je me souviens encore de la tension qui prévalait dans la circonscription n° 3. À cette époque tous les blancs étaient derrière Gaëtan Duval. Razack Mohamed avait son équipe de gros bras. Je peux vous dire que l’atmosphère était très tendue. Nous avons témoigné de cette haine communale, qui était palpable. C’est la raison pour laquelle j’avais écrit deux articles qui ont paru dans l’Express du 5 et du 8 août 1967 respectivement. J’appréhendais une explosion. Dans une lettre intitulée : « Après les élections… ? » je disais qu’il fallait à tout prix empêcher l’explosion surtout après les bagarres de 1965. Malgré le fait que je n’étais qu’un simple étudiant de passage, Philippe Forget a publié les deux lettres en première page du journal. Dans la deuxième lettre, j’ai proposé la constitution d’une coalition afin de faire de l’indépendance un succès. Pour avoir dit cela, je me souviens avait été conspué et injurié par les fanatiques anti-indépendance. Je précise toutefois qu’à ce moment je ne préconisais nullement la coalition répression qui est intervenue par la suite mais le contraire. Je suis revenu pour de bon en 1969 après avoir terminé mes études.

Cette année-là marque également la naissance du MMM…
C’est vrai que nous célébrerons les 50 ans du MMM en 2019, qui coïncide également avec mes 50 ans de carrière politique. Le parti va naître après la visite de la princesse Alexandra en septembre 1969 et verra le jour dans la répression et la violence.

Y a-t-il un lien entre la coalition qui a eu lieu par la suite et la création du MMM ?
Non. Aucun. Le MMM est né de lui-même alors que la coalition est née dans le renvoi honteux des élections. Nous avons accédé à l’indépendance en 1968. Après l’accession à l’indépendance, Ramgoolam et Duval, surtout sur la pression de la France, ont commencé à discuter d’une coalition et d’un renvoi des élections générales. Il y avait à l’époque le club des étudiants qui est devenu par la suite le club des étudiants militants avec Dev Virahsawmy, Jooneed Jeeroburkhan, entre autres. La coalition était en gestation depuis 1967, 1968. Jusqu’aujourd’hui, personne ne sait qui de Duval et Ramgoolam a émis en premier l’idée de la coalition. À un moment donné Ramgoolam a dit que c’est une idée de Devienne, à quoi Duval a répondu qu’il avait pris sur lui, n’étant plus membre du PMSD. Les élections ont eu lieu en 1967 et logiquement les nouvelles élections auraient dû avoir lieu en 1972 au plus tard. Or le 18 novembre 1969 au moment où le MMM voyait le jour, ils apportèrent un amendement à la Constitution pour dire que « the elections which were held in 1967 will be considered to have been held in 1971 ». Sookdeo Bissoondoyal avait raison de dire alors que l’adoption de cette loi marquait le début de la dictature car personne n’aurait pu les empêcher de renvoyer les élections tous les cinq ans. C’était également l’époque du règne des tapeurs. Le PMSD était violent. Je me souviens avoir été leur victime derrière la municipalité avant d’être jeté dans le fourgon de la police et conduit en cellule. On aurait pu avoir perdu la vie à cette époque. Notre indépendance avait pris un très mauvais départ. Nous sommes devenus indépendants sous la baïonnette anglaise venue d’Aden en raison des bagarres communales qui ont éclaté à nouveau au début de 1969. En plus du renvoi des élections, il y avait une répression impitoyable, y compris contre la presse qui était censurée.

On vous accusait alors d’être des communistes…
À cette époque nous étions des jeunes, nous étions les enfants de la guerre du Vietnam, de mai 1968 en France et de la révolution antisoviétique en Tchécoslovaquie etc. Nous avions une vision globale des choses. Il est vrai que le MMM voulait remplacer le système démocratique et la démocratie parlementaire. Nous y croyions. Nous considérions que la démocratie parlementaire était faussée par l’argent et le communalisme. Nous parlions alors de démocratie directe où les électeurs contrôleraient leurs élus. C’était complètement idéaliste.

Il y a eu également une répression syndicale…
Les années 1970-71 étaient une époque difficile à imaginer. C’était un vrai Far West. On a essayé à plusieurs reprises de me tuer jusqu’à ce qu’on éclate ma voiture à la rue Chateauneuf à Curepipe, devant le restaurant Welcome. C’est Azor Adélaïde qui est mort à ma place. Par la suite, ce fut Fareed Mattur qui trouvera la mort. Ajouté à cela, il y avait à cette époque un gel des salaires et les syndicats étaient accaparés par des syndicalistes professionnels qui agissaient comme un deuxième patron sur la tête des travailleurs. Certains sont encore vivants. Les travailleurs se sont libérés et ont pris leur destin en main, en particulier dans le port. En 1971, une grève de l’industrie du transport a été déclarée illégale. Des travailleurs ont été incarcérés dont moi-même. Plus tard, le juge Ramphul a considéré que la grève était parfaitement légale.
Des fois, les gens pensent que tout cela avait été planifié etc. Pas du tout. À cette époque nous étions des jeunes sincères avec des idées révolutionnaires, nous avions été emportés par les événements surtout à partir de la grève du transport qui a finalement débouché sur une grève générale.

Parlez-nous des élections partielles de Triolet…
L’élection est intervenue en 1970 après la mort de Lall Jugnauth. Ne ne croyions jamais que nous remporterions cette élection. On a beaucoup discuté sur le nom du candidat. Certains avaient suggéré que je sois candidat. Mais une ligne plus traditionaliste, plus respectueuse de la réalité du terrain, a suggéré Heeralall Bhugaloo. Finalement on a choisi Dev Virahsawmy. Malgré les résistances, malgré le peu de moyens dont nous disposions, on a fait campagne. La présence des tapeurs du PMSD et du PTr dans les villages avait été très mal accueillie et a contribué à l’élection de notre candidat.

Que retenez-vous des élections générales de 1976 ?
Le pays a commencé à retourner à la normale en 1973-1974 après notre mise en liberté, après avoir été incarcérés pendant près d’une année et après la rupture de la coalition PTr-PMSD. Nous nous sommes alors préparés pour les premières élections générales de l’île Maurice indépendante qui ont eu lieu en 1976 et à partir de là, la vie politique a évolué au rythme des élections. Lors des élections, nous avions obtenu 34 élus contre 28 au PTr et 8 au PMSD. Par manque d’expérience, nous étions bien naïfs, on a perdu du temps et le PMSD a conclu une coalition légale mais immorale avec le PTr.
On aurait dû avoir des élections en 1981, mais le Premier ministre d’alors sir Seewoosagur Ramgoolam a tout fait pour se maintenir au pouvoir. Finalement il a été balayé du pouvoir. 1982 fut un grand moment d’unité. Au pouvoir, nous avons jeté les bases du développement économique et consolidé la démocratie en rendant impossible le renvoi des élections générales prévues tous les cinq ans. Malheureusement il y a eu la trahison terrible de certains dont je ne citerais pas les noms. Ce qui a amené la rupture de 1983, tout le monde s’était ligué contre le MMM, Anerood Jugnauth, Ramgoolam, le PMSD ont mené une campagne hystérique et communale sans pareil. Il s’en est fallu de peu que le MMM ne remporte ces élections. En 50 ans d’indépendance, on aura connu 10 élections générales. À cinq reprises, le PM est resté en place. Durant cinq élections, la population a viré le gouvernement.

Regrettez-vous de ne vous être pas présenté comme Premier ministre en 1982 ?
Non. C’est une fausse question. La question n’aurait pas dû concerner 1982 mais 1976. À cette époque c’était notre première participation électorale. Lorsque Anerood Jugnauth se joint au MMM en 1971, nous étions un ramassis de révolutionnaires. Ce que Anerood Jugnauth appellera plus tard des têtes brûlées. À cette époque il y avait Kader Bhayat et moi qui étions surtout les principaux meneurs du parti et Anerood Jugnauth était notre caution modérée. Il était la seule personne à avoir été ministre dans le passé. Il était la partie rassurante. Lorsque nous étions en prison en 1972, Anerood Jugnauth n’était pas un héros mais il était là. Il ne s’est pas sauvé. Il est vrai que c’est Kader Bhayat qui faisait le va-et-vient entre la prison et les militants. En 1976 on a décidé de présenter Anerood Jugnauth comme Premier ministre. Dans le contexte d’alors nous avions raison. Arrivé en 1982, il faut mal me connaître pour penser que j’aurais déplacé Anerood Jugnauth pour me présenter comme Premier ministre. Nous avions été aux élections en 1976 comme une équipe avec lui comme Premier ministre, il était logique que nous fassions la même chose en 1982. Je n’aurais jamais accepté même si on me l’avait demandé.

Parmi les grands moments que vous avez connus durant ces 50 ans, est-ce que vous comptez votre passage comme Premier ministre ?
Il faut être modeste. J'ai été Premier ministre pendant deux ans, soit une période bien courte. Je suis fier de ce que j'ai accompli à la tête du gouvernement. En fait, je dois dire que je suis satisfait des cinq ans du gouvernement MMM-MSM. Nous avions fait un travail extraordinaire. Je reconnais que sir Anerood Jugnauth ne m'a pas mis de bâtons dans les roues. Il est vrai que le MMM disposait d'une majorité de parlementaires, mais il a joué le jeu pleinement. Je me suis fait un devoir de visiter les cinq pays de peuplement. C'était un devoir sacré. J'ai aussi visité d'autres pays, comme le Pakistan, l'Afrique du Sud et les Seychelles. Je suis également fier de la sérénité avec laquelle s'est déroulée la passation de pouvoir en 2005.  

Quelle faiblesse a retenu votre attention durant ces 50 ans d'histoire ?
Comme je l'ai dit, c'était les circonstances extrêmement difficiles dans lesquelles l'indépendance est née : les bagarres raciales, la coalition répression, etc. Nous avions pris un très mauvais départ. Ceux qui portent cette responsabilité devant l'histoire ne sont plus là. Aujourd'hui, le seul survivant de la conférence constitutionnelle est sir Anerood Jugnauth. Là encore, ceux qui disent qu'ils avaient été pris par surprise concernant les Chagos n'avaient pas voulu s'informer véritablement parce qu'à cette époque, toute la presse internationale parlait des Chagos. Toutefois, je ne blâmerais seulement que SSR, parce que les Anglais ont profité de notre faiblesse. La conférence constitutionnelle avait été “very tough” parce qu'en vérité, seul le PTr était pour l'indépendance. Le PMSD était contre, le CAM s'était concentré sur les garanties pour la communauté musulmane, avec raison, mais pas tellement pour l'indépendance. Au niveau de l'IFP, Bissoondoyal avait du mal à se défaire de sa haine pour Ramgoolam. Il voulait que la monnaie, la sécurité et la défense restent entre les mains des Anglais. Selon sir Anerood Jugnauth, c'est lui qui a convaincu de retirer ces conditions et de se prononcer en faveur de l'indépendance. C'est sous la pression que Harold Wilson a imposé le détachement des Chagos du territoire mauricien. Ce qui évidemment n'avait pas de valeur légale, d'autant que nous étions encore une colonie.

Est-ce qu'on peut trouver une solution à ce problème des Chagos ?
Obligatoirement oui. Mais la question est de savoir quand. L'affaire est devant la Cour internationale de justice. Peu importe son “outcome” mais les conclusions ne sont pas “binding”. Il faudra trouver d'autres solutions. Je pense que nous avions la solution en 2000/2005. Nous avions commencé à travailler dans la direction d'une solution, malheureusement, nous avons été malchanceux car la solution a été bouleversée avec l'attentat du 11 septembre 2001. Nous avons continué à pousser vers une solution, mais malheureusement, Ramgoolam a « fane ». Au lieu de continuer le travail sous Barack Obama, par fanatisme politique, il ne s'est pas engagé dans la voie qui avait été tracée. Je ne sais pourquoi Jugnauth n'a pas repris les discussions après son arrivée au pouvoir.

Peut-on dire que la Constitution a été la colonne vertébrale de Maurice durant ces 50 dernières années ?
Il y a deux choses dont il ne faut pas sous-estimer l'importance, à commencer par la Constitution, qui est solide, mais avec laquelle on avait tripoté pour le renvoi des élections en 1969 et qui a été enlevée en 1982. La deuxième chose, c'est la commission électorale ainsi que le commissaire électoral et les garanties prévues dans la Constitution. Maurice est un des rares pays qui, en plus de la commission électorale, a un commissaire électoral ayant le statut d'un juge, nommé par le JLSC, et qui dispose d'un staff permanent. Au moment de l'accession au statut de République, la Constitution a été consolidée avec des amendements pour transférer bon nombre de pouvoirs dont disposait le Premier ministre au président de la République. Il y a encore la possibilité de l'améliorer à travers le renforcement des pouvoirs du président. Je précise que je ne suis pas pour l'élection d'un président au suffrage universel, mais je ne suis pas satisfait de l'élection d'un président uniquement par l'Assemblée. Il faudrait nous inspirer de ce qui se passe en Inde, mais il faudrait pour cela réformer toute notre administration régionale. Je suis aussi fier de l'autonomie de Rodrigues.

Quel regard jetez-vous sur le pays aujourd'hui ?
Le pays est dans une impasse. Tout fout le camp. Il y a un problème de légitimité. Cette affaire de papa/piti passe très mal. C'est très mauvais pour la santé morale d'un pays. Plus vite nous irons vers des élections générales – civilisées, démocratiques et transparentes –,  mieux ce sera pour le pays. À l'occasion de la célébration de notre 50e anniversaire, c'est le cadeau qu'on aurait dû offrir à Maurice. C'est ce que je souhaite pour le pays.

Avant ou après le 12 mars ?
Même avant, parce que rien ne va plus dans le pays, sans entrer dans les détails pour cette interview.

Maintenez-vous que le MMM se rendra seul à ces élections ?
Nous le maintenons et nous travaillons activement sur la liste des 60 candidats. J'insiste qu'il faut oublier toute possibilité de rapprochement entre le MMM et le MSM ou avec le PTr de Ramgoolam. Nos préparatifs sont bien engagés et Pravind Jugnauth doit réaliser que plus il tarde à donner les élections, et plus il risque d'être balayé. On risque d'avoir une répétition de 1982. Quand à sir Anerood Jugnauth, il n'est plus “in the picture”. Mon souhait, à l'occasion de ces 50 ans, c'est de permettre au pays de prendre un nouveau départ.

Est-ce que l'accord de 2014 vous est resté à travers la gorge ?
Pas 2014, mais le manque de parole de 2014. Il y avait un deal “to kick him upstairs”. Il fallait à tout prix le retirer comme Premier ministre parce qu'il avait été une catastrophe depuis 2005. Mais aujourd'hui, je suis convaincu qu'il avait un “hidden agenda” et ne voulait pas obtenir une majorité de trois quarts pour rester Premier ministre. C'est pourquoi il a tout fait pour perdre les élections. Je n'ai aucune amertume, aucune rancune, mais j'ai une colère vis-à-vis du nouveau gouvernement. On ne peut trahir à ce point les promesses faites à la population. Ils auront à rendre des comptes.

Commentaires

"Election" He says!!!

Election - to elect who??????

How insulting????

Rubbing noses with a corrupt figure with fresh foreign currencies in coffers (tax-free) at private abode

MMM shal not recover in your lifetime for having abandoning the foundation philosophy of defending the right of workers, pension and the rest of workers benefit, which is much needed in privatisation