PAUL BÉRENGER : Le MMM s’engage à mettre bon ordre dans tout le secteur des jeux d’argent 

Le MMM accueille favorablement départ de Raouf Gulbul comme pré sident de la GRA mais « sévère avertissement » aux autres membres
  • L’affaire Sumputh : dès le retour du PM, la publication du rapport Aujayeb sera réclamée haut et fort

Commentant la controverse suscitée par les conditions attachées à l’arrivée du Pari Mutuel Urbain (PMU) sur le sol mauricien et, plus généralement, les pertes substentielles de revenus pour l’État occasionnées par les paris illégaux et autres « protections » dont bénéficieraient certains organisateurs véreux de paris, Paul Bérenger s’est engagé à mettre bon ordre dans tout le secteur des jeux d’argent, « comme entre 2000 et 2005 », une fois le MMM de nouveau au pouvoir.
Paul Bérenger dit noter « avec satisfaction » que la Speaker, Maya Hanoomanjee, a donné son aval pour que la motion de blâme du député MMM Rajesh Bhagwan contre celui de la majorité Kalyan Tarolah soit débattue à l’Assemblée nationale. « La balle est dans le camp du Leader of the House, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, et nous verrons ce qu’il compte faire », indique-t-il. Le chef de file des mauves s’inquiète néanmoins de l’imminence des vacances parlementaires qui, selon certains, devraient débuter le 8 décembre. Aussi, pour lui, il serait « scandaleux » si cette motion de blâme n’est pas à l’agenda avant que l’Assemblée nationale n’entre en congé.
Pour le leader du MMM, il est évident que le député controversé a été contraint, mardi dernier, de retirer l’interpellation qui était inscrite à son nom à l’ordre du jour. Il considère néanmoins « choquant » que quatre questions parlementaires sont cette fois inscrites à son nom pour la séance de mardi prochain.
Paul Bérenger a enchaîné avec ce qui est désormais connu comme l’affaire Sumputh. Il s’étonne que, mardi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre suppléant, Ivan Collendavelloo, a « prétendu » n’avoir pas pris connaissance du rapport du comité d’enquête présidé par l’Assistant Solicitor General Lutchmeeparsad Aujayeb. Selon lui, le rapport de ce comité institué pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles les salaires de l’ancienne directrice du Trust Fund for Specialised Medical Care, Vijaya Sumputh, furent généreusement rehaussés a été déposé auprès du Bureau du Secrétaire au Cabinet « depuis au moins deux semaines ».
Pour le chef de file des mauves, cela ne pourrait qu’être « méprisant » à l’égard d’Ivan Collendavelloo si, tout Premier ministre par intérim qu’il est, il n’est « pas au courant » de ce que contient ce rapport. Quoi qu’il en soit, le MMM, indique son leader, attend le retour au pays du Premier ministre pour réclamer haut et fort que ce rapport d’enquête soit publié.
Paul Bérenger juge positif, dans ce contexte, le réveil de l’opinion publique, ces derniers temps. Ce qui a contraint le gouvernement à prendre un certain nombre de décisions. Pour lui, le fait qu’Anil Gayan, ministre de la Santé au moment des faits, tente aujourd’hui de questionner la légalité du travail du comité Aujayeb « donne à penser qu’il est au courant de ce que contient ce rapport ».
« Indécent que Soodhun nous représente »
Paul Bérenger critique par ailleurs la décision « indécente » du Premier ministre de demander au vice-Premier ministre démissionnaire Showkutally Soodhun « d’aller parler au nom du pays en Arabie Saoudite ». « Comment donc Soodhun peut nous représenter à l’étranger quand il a été décidé qu’il n’est plus capable d’être ministre à Maurice même ? »
Abordant la mise en chantier du projet Metro Express, Paul Bérenger reconnaît en Larsen & Taubro « l’une des meilleures sociétés indiennes ». Il souligne néanmoins que cela ne doit pas pour autant diminuer son devoir de vigilance. Le leader du MMM explique, dans ce contexte, qu’il est déjà prévu que le Métro d’Hyderabad en Inde, aussi mis en chantier par Larsen & Taubro, coûtera 30% plus cher que son coût initialement prévu.
Il indique malgré tout qu’un futur gouvernement MMM aura la responsabilité d’assurer la pérennité de l’État de droit et qu’il n’est surtout pas question de rééditer l’exemple Betamax. « Nous avons des engagements envers l’Inde et il y a des accords conclus qui ne peuvent être remis en question. Mais le défi qu’il nous incombera de relever sera de faire de ce projet un succès dans les années à venir ».
PMU : « 127 points de vente »
Par rapport à la controverse autour de l’arrivée du Pari Mutuel Urbain (PMU) à Maurice, Paul Bérenger regrette que la Speaker n’ait pas permis que toutes les questions afférentes soient adressées mardi dernier lors des travaux parlementaires. Il rappelle, de manière générale, comment sous le précédent gouvernement PTr-PMSD dirigé par Navin Ramgoolam le gambling avait déjà pris une dimension alarmante. « Arrivé au pouvoir, le MSM, par la voix de son ministre des Finances d’alors, Vishnu Lutchmeenaraidoo, s’était engagé à combattre la mentalité zougader ».
Néanmoins, selon le leader du MMM, c’est tout le contraire qui s’est fait. A l’image de ce PMU Moris qui, pour Paul Bérenger, est un encouragement de plus au jeu d’argent. Se fiant aux estimations des spécialistes, le chef de file des mauves évalue à quelque Rs 400 millions annuellement les pertes sous forme de taxes sur les jeux favorisées par les paris illégaux, les « protections » dont bénéficieraient un certain nombre « d’organisateurs de paris véreux ».
« La Police des Jeux que nous avions créée et qui faisait du bon travail quand nous étions au gouvernement entre 2000 et 2005 ne fait plus son travail », trouve-t-il. Le leader du MMM juge « choquant » qu’avec le PMU il est dorénavant possible de parier sur des courses à l’étranger alors que, jusqu’ici, il n’était permis que de parier sur les courses locales. Il en est de même, dit-il, de la publicité interdite sur les jeux d’argent mais autorisée pour le PMU. Paul Bérenger compare, en outre, les 24 points de vente du Tote avec les 127 de PMU Moris.
Se fiant à la réponse parlementaire du Premier ministre suppléant, Ivan Collendavelloo, à l’interpellation du député Rajesh Bhagwan, le leader du MMM ne manque pas non plus de souligner la rapidité avec laquelle l’opérateur du PMU a obtenu son permis d’opérer.
Paul Bérenger dit prendre l’engagement de mettre bon ordre dans tout le secteur des jeux d’argent une fois le MMM au pouvoir, « comme ce fut le cas entre 2000 et 2005 ». « Tant mieux si Gulbul s’en est allé mais je profite de l’occasion pour lancer un sévère avertissement à tous les membres de la Gambling Regulatory Authority (GRA) : au moment opportun, les uns et les autres auront des comptes à rendre ».
Le leader du MMM dénonce par ailleurs l’astuce commencée à l’époque où Rama Sithanen était ministre des Finances sous le gouvernement PTr/PMSD dirigé par Navin Ramgoolam qui consiste à alourdir outre mesure le Finance Bill pour le rendre comme un fourre-tout. Dans le cas présent, sous Pravind Jugnauth comme Premier ministre, Paul Bérenger critique une disposition votée en catimini qui vient remettre en question tout accord collectif dans les corps paraétatiques sans le feu vert du ministre de tutelle et l’accord d’un High Powered Committee.
Cette affaire a été ébruitée par le syndicat des employés du Central Electricity Board (CEB). Parallèlement, même s’il reconnaît le secteur touristique comme étant sensible, le leader du MMM estime qu’il semble que le syndicat des travailleurs de l’hôtel Sofitel Impérial est dans son bon droit dans le litige industriel qu’il a déclaré au patronat de cet établissement hôtelier.
Par rapport à la commémoration de la Journée internationale de Solidarité avec les Victimes du VIH/Sida observée vendredi, Paul Bérenger trouve que même si des fonctionnaires ainsi que des ONG se sont employés à continuer le « bon travail » qui avait été dans le temps effectué, ce travail a été beaucoup remis en question ces dernières années, surtout quand Anil Gayan officiait au ministère de la Santé.


À LA SOURCE : Au pouvoir, le MMM gouvernera  autrement, sans arrogance
Paul Bérenger, qui intervenait vendredi soir à La Source, Quatre-Bornes, lors d’un congrès de son parti en marge de la partielle du 17 décembre, a pris l’engagement d’un « vrai changement » une fois son parti de nouveau au pouvoir. « Le MMM s’engage à gouverner autrement sans l’arrogance d’un Gayan », devait-il ajouter.
Si, pour lui, ce sont des élections générales dont le pays a besoin, la partielle du 17 décembre à Belle-Rose/Quatre-Bornes servira quand même de tremplin vers l’organisation des législatives. « Le plus tôt ces élections générales, le mieux ce sera. » « San fer fezer », devait assurer Paul Bérenger, le MMM s’apprête à affronter seul les prochaines législatives « comme en 2010 ». Si pour lui l’élection partielle à venir se résumera à « un match entre le MMM et le PTr », il devait soutenir que l’électorat ne peut « se permettre d’oublier Navin Ramgoolam et son coffre-fort ».
Selon lui, même le candidat travailliste Arvin Boolell est gêné d’avoir à ses côtés  les amis les plus proches de Ramgoolam qui hantent ces jours-ci les rues de Belle-Rose/Quatre-Bornes pour mener campagne en sa faveur. « Je le répète encore : un vote pour Arvin Boolell c’est un vote pour Ramgoolam ».
Pour sa part, la candidate mauve, Nita Juddoo, devait expliquer que ce n’est que quand elle s’est sentie prête à s’engager entièrement à plein temps et sur le long terme qu’elle s’est décidée à se jeter dans la bataille politique. Elle a insisté sur la nécessité pour les électeurs d’accomplir leur devoir civique, au risque que le gouvernement en place n’interprète un trop fort taux d’abstention comme un plébiscite de sa politique. Critiquant son adversaire PTr, elle n’a pas manqué de dénoncer l’inaction d’Arvin Boolell du temps où Navin Ramgoolam accordait toutes les faveurs à ses amis Soornack et Gooljaury.
Critiques également à l’adresse de Xavier Duval, qui a pendant longtemps « bat boul dan gouvernman Ramgoolam » puis « avec le MSM ». « Ce n’est qu’aujourd’hui qu’il veut vous faire croire qu’il réparera vos trottoirs et fera installer des points de lumière. Mais qu’a-t-il fait durant tout ce temps qu’il était au gouvernement ? »