Le 3 août, sur les instructions des officiers du ministère du Logement et des Terres, plusieurs maisons de squatters ont été détruites par des bulldozers à Coteau Raffin. D’autres bicoques, affichant des numéros rouges encerclés, tiennent toujours debout. Malgré la crainte et la précarité, ces habitants “chanceux” n’ont pas été voir ailleurs. Loin de se sentir au-dessus des lois, ces hommes et ces femmes tentent de résister. Leur situation ne relève pas d’un choix. Il leur faut surmonter de nombreuses difficultés de la vie quotidienne en faisant face au mépris et aux critiques.
Comme dans un jeu de cache-cache, nous apercevons quelques petites têtes courant vite se tapir derrière un arbre, une clôture ou à l’abri de leur case en tôle. Depuis le récent passage des bulldozers à Coteau Raffin, l’heure est à la méfiance. La présence d’inconnus est scrutée. Les enfants ont eu pour consigne de ne pas trop s’éloigner, alors que certains adultes évitent de parler pour ne pas attirer l’attention sur eux. Ils espèrent ne pas être les prochains sur la liste de démolition. Ceux qui veulent bien se confier sont unanimes : “Si j’avais le choix, je ne serais pas ici à vivre dans de telles conditions.” Pour ces squatters, cette occupation illégale est un fardeau qu’ils portent chaque jour. “On nous considère comme la peste. On nous colle toutes sortes de titres et nous traînons une mauvaise réputation.”
Mais derrière ces bouts de bois et ces feuilles de tôle se cache une lutte quotidienne. Une réalité que “les gens ignorent ou font semblant de ne pas voir ou comprendre” : se nourrir, se laver, s’habiller et surtout dormir au chaud. “C’est le minimum que tout être humain recherche. Pour nous, si nous parvenons à l’avoir, c’est comme si nous recevions notre plus beau cadeau. Il faut se mettre dans notre peau pour comprendre à quel point ces petites choses peuvent être importantes.”