Bateau de pêche semi-industriel de la coopérative Yéyé en construction au Sri Lanka

Le bateau de la coopérative Yéyé complété au Sri Lanka mais attend l’argent de la banque pour être livré.

Depuis deux ans, le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a lancé un projet en vue d’aider les pêcheurs à se lancer dans la pêche semi-industrielle. Alors qu’une première coopérative a déjà démarré ses opérations, la deuxième retenue par le ministère de la Pêche butte sur le décaissement de leur emprunt de la MauBank pour la livraison de son bateau. Celui-ci, en construction au Sri Lanka, est déjà complété. On n’attend plus que le paiement pour démarrer les tests et livrer le bateau.

La Yéyé Offshore Fishing Co-operative Society Ltd est l’une des trois bénéficiaires du premier programme d’aide aux pêcheurs pour la pêche semi-industrielle, présenté dans le budget 2016-2017. À ce jour, une seule coopérative, Mandrin, a déjà démarré ses opérations. Yéyé est la deuxième sur la liste des bénéficiaires. Elle a déjà touché le “grant” du gouvernement, à hauteur de Rs 4 M, qui a servi à financer une première partie de la construction d’un bateau de pêche semi-industriel chez Cey-Nor Foundation Ltd, au Sri Lanka. Cette somme représente 50% du coût total du projet.

Selon le plan élaboré par le gouvernement, la MauBank accordera un emprunt aux coopératives de pêcheurs, pour la somme restante, soit Rs 4 M. La condition est que la coopérative ait 10% de cette somme, soit Rs 400 000, dans ses caisses. Dans le cas de la Yéyé Offshore Fishing Co-operative Society Ltd, toutes ces conditions ont été respectées et l’emprunt a déjà été approuvé depuis cinq mois. Sauf que l’argent n’a pas été décaissé jusqu’ici.

Judex Rampaul, membre de la coopérative, est revenu du chantier naval au Sri Lanka il y a quelques semaines. Il témoigne : « Le bateau est presque complété et il est prévu qu’on le mette en mer cette semaine pour les tests. Toutefois, le constructeur attend une partie de l’argent pour des travaux supplémentaires en vue de cette opération. Mais à la banque, on nous demande encore des documents pour attester du progrès des travaux. Or, le constructeur a déjà envoyé des lettres à cet effet. »

Dans une lettre datée du 9 octobre 2018, portant l’entête de la Cey-Nor Foundation Ltd, on peut ainsi lire : « We are happy to inform you that the boat is currently being manufactured and we hope to finish all work of the 55-CN-MD-02 boat on 12th November. » Cette même lettre précise également : « As per payment schedule of the Agreement signed on the 18th December 2017, please be good enouth to emit the 3rd installment of… »

Toutefois, selon Judex Rampaul, la banque demande encore des documents avant de procéder au décaissement de l’argent. Dans une lettre adressée à Cey-Nor Foundation Ltd, la banque demande trois informations spécifiques, soit un rapport détaillé de la construction, des détails des autres travaux à venir et un “sea worthy certificate”.
Les pêcheurs se disent dépassés par autant de difficultés, d’autant qu’il n’est pas possible d’obtenir un “sea worthy certificate” tant que les tests en mer n’auront pas été effectués. « Et c’est justement pour ça que le constructeur demande un nouveau versement, car il y a des équipements à mettre sur le bateau pour les tests », déplore Judex Rampaul. Ce qui est d’ailleurs confirmé dans une nouvelle lettre que le constructeur a envoyée à la banque cette semaine : « We have 97% completed your boat. We have to do some finishing works and some plumbing work. We plan to launch the boat on 9th this month and engine commission work. After sea trial, we can get sea-worthy certificate. »

Judex Rampaul ajoute que la banque insiste sur le fait que les conditions de l’emprunt mentionnent que le décaissement sera fait après un rapport complet des travaux. La condition numéro six du contrat mentionne en effet : « Loan amount meant for the project financing will be released in tranches based on progress report and Bank Officer site visit report. » La question qui se pose est de savoir si la banque a envoyé un représentant sur place pour faire son rapport comme stipulé dans le contrat.

Les pêcheurs regrettent qu’il y ait autant d’obstacles à la concrétisation de leur projet. « Le Premier ministre a mis un plan debout pour aider les pêcheurs à se lancer dans la pêche semi-industrielle. Malheureusement, nous rencontrons beaucoup de difficultés pour aboutir à cela. Nous aurions aimé que le Premier ministre puisse voir ce dossier de près car nous sommes dépassés par les événements. »

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