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PÊCHE | Greenpeace tire la sonnette d’alarme sur le stock de thon

Après une visite de trois jours, le Rainbow Warrior, bateau de Greenpeace, a repris cet après-midi la mer en direction des Maldives. Cette tournée de l’océan Indien s’inscrit dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur la surexploitation des ressources marines, particulièrement le thon. Greenpeace a eu des réunions de travail avec les autorités et les opérateurs du seafood hub en vue de développer des méthodes de pêche plus durables. Selon Sari Tolvanen, porte-parole du mouvement, si Maurice ne fait pas attention, elle risque de perdre sa population de thon.
Après une campagne de cinq semaines dans l’océan Indien, le Rainbow Warrior est arrivé à Port-Louis vendredi matin. La présence du mouvement écologiste dans notre région tient du fait que l’océan Indien est la deuxième plus importante zone d’exploitation de thon, après le Pacifique.
« 21 % du thon sur le marché mondial vient de l’océan Indien », souligne Sari Tolvanen, Oceans campaign coordinator. Mais avec le temps, le stock de poisson s’épuise. Plusieurs espèces sont même menacées de disparition. Qui plus est, la pêche industrielle pratiquée par les thoniers senneurs en provenance d’Europe ou du Japon met l’écosystème en péril. Vidéo à l’appui, Greenpeace démontre comment les bycatch, ces espèces marines non-désirées prises dans les sennes, sont par la suite jetées mortes à la mer.
Tous ces dangers ont été évoqués avec le ministre de la Pêche, Nicolas Von Mally, la semaine dernière. « La rencontre a été très positive, j’espère que nous pourrons développer un partenariat et revenir plus tard pour des actions concrètes. Nous voulons aider Maurice à développer une industrie de pêche plus durable », ajoute Sari Tolvanen.
La visite de Greenpeace intervient au moment même où un nouvel accord de pêche est en passe d’être signé entre Maurice et l’Union européenne (UE). Cet accord permettra à 86 thoniers senneurs de l’UE de pêcher dans notre ZEE pour une durée de trois ans. Or, prévient Sari Tolvanen, « la population de thon dans l’océan Indien est sous une grosse pression due à la surexploitation ».
Cependant, concède la porte-parole de Greenpeace, il est assez difficile de faire un assessment du stock exact de poisson, en l’absence de données. Pour cela, le mouvement écologiste devrait obtenir la permission des autorités pour une surveillance dans notre ZEE comme cela a été le cas avec le Mozambique récemment.

Les ressources s’épuisent
Tout de même, le déclin dans la quantité des prises donne une indication claire que les ressources s’épuisent. « Cette tendance à la baisse fait suite à une prise record de 1,2 million de tonnes dans l’océan Indien en 2005 ».
En 2007, poursuit Sari Tolvanen, l’océan Indien a enregistré sa plus basse production depuis plus d’une décennie. Cette situation découle également du non-respect du code de conduite de la FAO pour une pêche responsable. Greenpeace relève qu’en dehors de la pêche à la senne soutenue par le Fish Attracting Device (FAD), une autre technique dangereuse est utilisée par les flottes étrangères pour la pêche au thon dans l’océan Indien : le long-line fishing. « On peut retrouver quelque 3 000 hameçons dans une seule ligne. Une fois de plus, les prises non-désirées sont jetées mortes à la mer ».
Sari Tolvanen note que le nombre exact de bateaux utilisant le long-line fishing dans la région n’est pas connu, « alors qu’ils auraient dû être enregistrés auprès de l’Indian Ocean Tuna Commission ».
Une surveillance permettrait d’identifier les pratiques dangereuses et illégales. Lors de la mission au Mozambique, Greenpeace devait noter une autre pratique qui prend de l’ampleur : la pêche au requin. Les ailerons de requin sont très prisés dans les pays asiatiques. Lors des inspections, il a été noté que les requins sont pêchés et amputés de leurs ailerons avant d’être jetés à la mer.
Malheureusement, pour effectuer de telles inspections, Greenpeace doit compter sur la collaboration des capitaines des bateaux. « Au cours de notre surveillance au Mozambique, nous avons observé 17 bateaux et inspecté quatre long-liners. Ils pêchaient des requins. Malheureusement, le capitaine d’un cinquième bateau a refusé de nous laisser monter à bord. Nous avons entrepris des démarches légales contre lui ».
Greenpeace encourage les États riverains à développer une industrie de pêche durable où les pêcheurs artisanaux ne seraient pas laissés sur la touche. Sari Tolvanen cite l’exemple du Sénégal où le nouveau président a mis un terme à l’accord de pêche avec 89 bateaux européens pour développer une industrie de pêche plus responsable avec les Sénégalais. « C’est dommage que 50 % de la pêche au thon dans l’océan Indien soit exploité par des flottes étrangères ».
Elle invite les usines dans le seafood hub à se montrer également plus responsables en proposant des produits émanant d’une pêche durable. « En Grande Bretagne par exemple, les boîtes de thon doivent obligatoirement préciser s’il s’agit d’un sustainable product et prévoir la traçabilité du produit ».
Greenpeace souhaite que sa visite aura permis aux Mauriciens d’être plus conscients des enjeux derrière l’exploitation de nos ressources marines. Le Rainbow Warrior était d’ailleurs ouvert au public samedi dernier dans cet objectif. Greenpeace souhaite maintenant que les décideurs accepteront de voir la réalité en face et qu’un partenariat puisse être trouvé pour le développement d’une pêche durable. « Cela permettra de générer plus de poissons et plus d’argent restera à Maurice ».


Une bougie pour le Rainbow Warrior

C’est à Maurice que le Rainbow Warrior a fêté son premier anniversaire dimanche. Il s’agit du troisième bateau du genre construit pour Greenpeace. L’événement a été célébré lors d’une réception en compagnie des pêcheurs et des organisations non-gouvernementales hier soir.
Pete Wilcox est le capitaine du Rainbow Warrior depuis le premier bateau. Il précise que le Rainbow Warrior est eco-friendly, puisqu’il utilise principalement ses voiles pour se déplacer, sauf en cas de mauvais temps. « La structure du bateau, en forme de A, vise à optimiser l’utilisation de l’énergie du vent ».
En plus de 25 ans de navigation, Pete Wilcox a dû consentir à des sacrifices pour s’engager pleinement avec Greenpeace. L’équipage en campagne dans l’océan Indien comprend 26 personnes de nationalité différentes, ce qui facilite la communication avec les capitaines des bateaux étrangers.
Le capitaine a fait le tour du monde avec Greenpeace pour essayer de convaincre les gouvernements d’adopter des pratiques plus responsables. « Tout le monde sait qu’il faut un changement, mais souvent, on pense d’abord à sa réélection ».
Malgré les changements climatiques, Pete Wilcox est d’avis qu’il est plus sûr de naviguer de nos jours, car les technologies, notamment en termes de prévisions météorologiques, sont très avancées. Cependant, pour la campagne dans l’océan Indien, le Rainbow Warrior a dû faire face à un danger de taille : les pirates de Somalie. « C’est vraiment embêtant d’avoir à éviter certaines destinations comme les Seychelles en raison des pirates, alors que nous avons un gros travail à entreprendre ».
Un équipage s’embarque à bord du Rainbow Warrior pour trois mois. Après quoi, il laisse la place à une autre équipe. Et c’est ainsi qu’à tour de rôle, les militants de Greenpeace sensibilisent sur le respect de l’environnement et assurent la surveillance.

Commentaires

We do hope that the local authorities have taken note of the problem of overexploitation in our ocean. Like the Senegal, Mauritius will withdraw all their agreement with the EU and keep pending until we are confident of a healthier stock of Tuna. Dont look only at short term gain. Hope that Greenpeace have done what was supposed to be done by the fisheries advisors.

banne authorite au lieu montrer ki zotte pe faire zot travail par harcel banne ti bato mauricien ki pe la peche avec deux ti lamecon ale harcel banne navire pirate ki pe lapeche avec 3000 hamecon. Zot servi zote utile.

Esperons qui dan budget pu mette cash pou nu aster bato pu lapess nu pwason dan nu zone exclusive économique. Sa va faire Mauriciens mange mieux ek pour pa cher.