Les pêcheurs, membres de la coopérative, portent plainte contre le secrétaire

Mohamed Mustapha : « Je ne peux plus mettre les pieds sur le bateau »

Alors que l’aide gouvernementale pour l’achat d’un bateau semi-industriel devait permettre aux pêcheurs de devenir autonomes, la Mandrin Offshore Fishermen Cooperative Society connaît de gros problèmes. Après deux campagnes de pêche infructueuses, le secrétaire de la coopérative a pris toutes les opérations en main, interdisant même aux pêcheurs de mettre les pieds sur le bateau. Ces derniers ont porté plainte aux ministères de la Pêche et des Coopératives.

Première coopérative à bénéficier du “grant” pour l’achat d’un bateau semi-industriel, la Mandrin Offshore Fishermen Cooperative Society passe par des turbulences. Cette semaine, quatre pêcheurs, membres de la coopérative, ont en effet essayé, en vain, de porter plainte à la police sur «l’accaparement » du bateau Mariam 1 par le secrétaire. La police leur a toutefois réclamé une note du ministère des Coopératives pour prendre leur plainte en considération. Or, à ce niveau, on refuse de donner une quelconque lettre, préférant initier une enquête sur la situation de la coopérative.

Le Mariam 1, appartenant à la Mandrin Offshore Fishermen Cooperative Society, mené par Mohamed Mustapha, alias Gandhi, a fait sa première campagne de pêche en juin de l’année dernière. Il est rentré avec cinq tonnes de poissons, accusant une perte. La deuxième campagne n’a pas non plus donné les résultats escomptés. C’est à partir de ce moment, disent les pêcheurs, que les choses ont commencé à s’envenimer. « Le secrétaire de la coopérative, qui avait investi de l’argent dans ces campagnes, a pris les opérations en main après des arrangements avec Gandhi. Nous n’étions au courant de rien. De plus, il a fait une troisième campagne et nous n’avons aucune indication sur les prises. Nous n’avons pas reçu un sou non plus de la vente, alors que nous sommes une coopérative », disent Michel Ernest Casimir, Jeanbard Plaiche, Joseph Ronald et Louis Sidney Vythilingum.

Ces derniers se sont ainsi rendus au ministère des Coopératives, où ils ont logé une plainte. Ils ont également averti le ministère de la Pêche, en vue d’interdire au Mariam 1 de quitter le port pour une nouvelle campagne de pêche. Sollicité sur la question, Mohamed Mustapha, le président de la coopérative, confirme les dires des autres membres. Il dément toutefois l’affirmation selon laquelle il aurait loué le bateau. « Le secrétaire est quelqu’un que je connais, étant donné qu’il habite ma localité. Il a investi avec nous dans la coopérative, mais aujourd’hui, c’est lui qui contrôle tout. Après deux campagnes à perte, j’ai été contraint de signer un papier pour le laisser opérer le bateau pour une troisième campagne, car nous devons rembourser notre emprunt à la MauBank. J’ai même été interdit de mettre les pieds sur le bateau. Mais comme nous sommes une coopérative, il devait nous mettre au courant du déroulement de la campagne et des gains. De plus, il devait rembourser le prêt, ce qu’il n’a pas fait jusqu’ici. »

Au ministère des Coopératives, on confirme avoir reçu la plainte des pêcheurs. Une réunion est prévue avec toutes les parties concernées mercredi prochain afin de clarifier la situation. Une enquête est également en cours pour savoir comment on en est arrivé là. Au ministère de la Pêche, ce cas est également pris au sérieux. Même si c’est les Coopératives qui mènent l’enquête, la Pêche envisage de revoir ses critères pour l’obtention du “grant” pour l’achat de bateau semi-industriel afin que de telles situations ne se reproduisent plus à l’avenir.

De son côté, Gandhi a dit son intention de se rendre à l’ICAC prochainement pour porter plainte. Les autres pêcheurs attendent, eux, la lettre des Coopératives pour une plainte à la police. Le Mauricien n’a pu entrer en contact avec le secrétaire de la coopérative afin d’obtenir sa version des faits.