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Pei bato fou !

L’amalgame est aujourd’hui (délibérément ?) à son comble – entre mode de scrutin, best loser system et système électoral. Tout le monde y va de son couplet, histoire de mettre en exergue son point de vue. Nous sommes en démocratie même si cela ressemble fort à de la cacophonie. Demeure la question primordiale : qui a vraiment intérêt à ce que cela change ? Ne vous bousculez-pas au portillon ; de toutes les propositions il convient de faire le distinguo : l’enjeu est bien de consolider notre démocratie fondée sur des bases nouvelles et intégrant les aspirations de ce début du 21e siècle. Avec en prime l’expérience acquise ici et ailleurs, ce qui représente un capital de connaissance assez appréciable.
Avec les moyens de communication et l’amélioration des infrastructures ne pourrait-on pas envisager la formule suivante ? Des circonscriptions plus petites au nombre de 60, élisant chacune au scrutin majoritaire uninominal (un seul député) à deux tours un député et son suppléant. Le tout soutenu par un scrutin proportionnel selon le party list system, 10 députés avec une barre de qualification de 5% pour la désignation des candidats à la députation.
Cette formule qu’il conviendrait d’affiner permettrait au niveau des circonscriptions une plus grande proximité des mandants avec leur élu ; et si ce dernier était appelé à des fonctions ministérielles ou autres son suppléant pourrait poursuivre le travail de terrain. L’élu, ainsi soulagé de la pression des considérations locales, pourrait mieux se consacrer à la dimension nationale de sa fonction ministérielle entre autres.
Par ailleurs, l’idée d’un Sénat doit être remise au cœur du débat. Un sénat pourrait regrouper un nombre restreint de 20 personnes dont la désignation et l’élection restent à être déterminées. Des professionnels du droit pourraient y siéger en apportant l’éclairage de leur l’expérience notamment les ex-Chef Juge, anciens présidents et Premiers ministres (sous réserve qu’ils ne soient plus actifs en politique).
Rodrigues : autonomie encore sous perfusion
Rodrigues a marqué le dixième anniversaire de son autonomie le 12 octobre 2012. Dix ans d’une ère nouvelle où les dissensions et soubresauts politiques ont quelque peu brisé l’élan d’enthousiasme qui avait marqué dans l’île en 2002 l’avènement de ce statut novateur au sein de la République de Maurice. Pour des raisons sur lesquelles il est inutile de revenir, l’OPR - véritable fer de lance de l’autonomie – revenu aux affaires depuis un an n’a pu encore laisser sa marque sur ce processus de dévolution des pouvoirs et aussi d’évolution vers une plus grande prise en charge de Rodrigues par les Rodriguais notamment au plan fiscal et financier. 10 ans après l’autonomie, pas une seule fois le Chef Commissaire n’a été convié au Conseil des ministres, comme le prévoit la Rodrigues Regional Assembly Act. Mais le chantier demeure exaltant. Suggérons quelques pistes : que Rodrigues vive pleinement sa spécificité en établissant une liste de congés publics reflétant cette dernière notamment au plan socioculturel et religieux. Que Rodrigues mette en place une fiscalité qui lui permette de trouver des revenus afin d’ambitionner un autofinancement de son autonomie ! Que Rodrigues s’ouvre au monde et soit relié directement à ce dernier ! Que Rodrigues puisse faire acte de candidature en tant que telle au sein de la Commission de l’océan Indien (il y a bien le cas de Mayotte et de la Réunion) ! Que Rodrigues puisse participer aux Jeux des Iles en tant que Rodrigues (ce sont les jeux des îles et non ceux des États – encore une fois citons l’exemple de Mayotte et de la Réunion). Que Rodrigues puisse avoir des comptoirs d’information et de documentation à Maurice et dans la région. Que Rodrigues puisse bénéficier d’un statut d’observateur au sein de la SADC et surtout que Rodrigues vienne expliquer à Maurice et à d’autres États sa vision et son ambition de territoire autonome au sein de la République de Maurice. Et ce, jusqu’à l’avènement d’une consultation sur le futur statut de l’île dépassant ce cadre…
Silence, on vire !
En ces jours où l’on ne cesse de faire appel à une participation accrue des femmes sur le terrain politique, le silence de certains regroupements féminins est assourdissant depuis la brutale mise à pied de Danielle Turner du Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine… Dommage, elles ont encore une fois raté une occasion, ces bonnes âmes, de donner un peu de texture crédible à leur ramage. Mme Turner a été brutalement démise de ses fonctions alors que l’enquête n’a toujours pas soumis ses conclusions…. Voilà une drôle de conception de la justice, de l’équité et du bon sens : une question s’impose – à qui cela profite-t-il que le Centre Nelson Mandela rentre dans les rangs ? Si tout cela ne vous laisse pas comme qui dirait perplexe !!!