Avec un total de 66 médailles d’or décrochées lors des 9es Jeux des Iles de l’océan Indien, en août 2015 à La Réunion, le Club Maurice a frappé un gros coup et réalise,  du coup, la performance de l’année 2015. Maurice n’a certes pas remporté les Jeux – La Réunion vainqueur avec 84 médailles d’or – mais ses athlètes ont eu le mérite d’avoir terminé à la deuxième place, loin devant Madagascar qui n’a pu que prendre 36 médailles d’or. La cerise sur le gâteau : le Club Maurice a réalisé un record de 66 médailles d’or contre 56 en 2003, lors des Sixièmes Jeux organisés à Maurice. Il y a eu certes plus d’épreuves lors des Jeux réunionnais, mais toujours est-il que cette performance mérite d’être saluée comme il se doit.
Si le Club Maurice a été transcendante à La Réunion, c’est en partie grâce aux grosses performances réalisées au gymnase du Moufia où se tenaient les compétitions en haltérophilie. En effet, sur les 13 catégories engagées, les protégés du Roumain Urdas Constatin en ont remporté plus de la moitié, soit sept catégories. Au total, 21 médailles d’or ont été décrochées par les leveurs de fonte. Sans cela, il n’y aurait jamais eu de record de médailles et c’est sûr que l’écart entre La Réunion et Maurice aurait été plus conséquent.
Ranaivosoa, Coret, Pierrot et les autres
De cette belle performance, on retiendra celle de Roilya Ranaivosoa dans la catégorie des moins de 53 kg. Petite de taille certes, mais avec un talent fou, elle a réalisé 82 kg à l’arraché, 105 kg à l’épaulé-jeté et un total olympique de 187 kg, loin devant la Malgache Sabrina (135 kg). A la clé : record des Jeux et record national. Sans compter que Roilya Ranaivosoa, épaulée par le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) est bien placée pour aller chercher une qualification pour les Jeux olympiques d’août prochain, à Rio au Brésil.
Hormis Roilya Ranaivosoa, la Mauritius Weightlifting & Powerlifting Association a pu compter sur un Cédric Coret des grands jours dans la catégorie des moins de 77 kg. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’assurance et de maîtrise qu’il a remporté la médaille d’or de cette catégorie avec un total olympique de 278 kg devant le Malgache Claudio (254 kg). A l’arraché, il avait réalisé 123 kg, alors qu’à l’épaulé-jeté, il avait soulevé une charge de 155 kg. Tout comme Roilya Ranaivosoa, il a également battu le record des Jeux et le record national.
Idem pour le jeune Yvan Pierrot, 19 ans seulement, qui a fait vibrer le gymnase du Moufia en réalisant, sans aucun doute, la plus grosse performance de ces Jeux en comptabilisant un total olympique de 324 kg, avec 142 kg à l’arraché, puis 182 kg à l’épaulé-jeté ! Il a d’ailleurs été l’une des rares haltérophiles à avoir surclassé le champ, puisque le médaillé d’argent de sa catégorie, à savoir le Seychellois Jean Pierre Estico, n’a pu que réaliser un total de…200 kg. Une belle performance pour cet athlète du TFES qui a connu une année 2015 faste dans le sens où il a également brillé dans d’autres compétitions de haut niveau.
La razzia des badistes
2015 aura également été une année fructueuse pour l’Association mauricienne de Badminton. Aux Jeux des Iles, les badistes ont été tout simplement irréprochables dans le sens où ils n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Sur les sept médailles d’or possibles, et bien, ils ont  tout simplement tout rafflé. Derrière ce succès, on retrouve le travail d’un homme, plus précisément le directeur technique national, l’Indonésien Annas Jauhari, sans qui le badminton mauricien n’aurait pas connu autant de succès à ces jeux et lors des autres compétitions disputées l’année dernière.
On doit également saluer la belle performance de son chef de fil, Kate Foo Kune, couronnée sportive de l’année 2015 de Week-End, il y a deux semaines. Lors de ces Jeux, elle a été tout simplement époustouflante en remportant le simple et le double dames, sans oublier la compétition par équipe. Elle a même décroché une médaille d’argent aux côtés de Julien Paul, dans un double mixte perdu face à l’autre paire mauricienne composée de Sahir Edoo et Yeldy Louison.
Sans oublier que Kate Foo Kune a été médaillée d’or aux Jeux d’Afrique en battant en finale la Nigériane Grace Gabriel. L’actuelle No. 1 africaine est même très bien placée pour décrocher une qualification olympique pour les Jeux de Rio au Brésil. L’autre grand bonhomme de ces Jeux demeure sans conteste le jeune Julien Paul. A l’image de Kate Foo Kune, il s’est offert trois médailles d’or en simple et doubles hommes et dans le tournoi par équipe. Avec Kate Foo Kune, il a été battu en finale du double mixte. Mais peu importe, c’est déjà une grosse performance pour ce jeune homme de 19 ans seulement qui n’a cessé de gravir les échelons depuis un peu plus d’un an. Reste maintenant à confirmer au niveau continental où nous sommes convaincus qu’il ne tardera pas à le faire.
En natation, on soulignera les envolées de Bradley Vincent, là encore un athlète du TFES, à la piscine du Chaudron à St Denis. Le nageur s’est, en effet, imposé au 50m et 100m Nage Libre et dans le relais du 4X 100m Nage Libre aux côtés des Darren Chan Chin Wah, Yohan Lim et Mathieu Marquet). Bradley Vincent a ensuite confirmé en réalisant les minima B (50:70)  pour les Jeux olympiques dans le temps de 50:39. Il envisage sérieusement maintenant de réaliser les minima A (48:99) et pour ce faire, il pourra compter sur un soutien de Rs 500 000 grâce aux démarches du TFES auprès de Lottotech.
Triplé historique au javelot féminin
En athlétisme, la fédération a dressé un constat d’échec avec seulement neuf médailles d’or obtenues, alors qu’elle visait 12. Saluons toutefois la très belle médaille d’or décrochée par la Rodriguaise Antoinette Milazar qui avait offert à la République de Maurice sa toute première médaille d’or à ces Jeux en s’imposant dans le semi-marathon à St Paul. Bravo aussi au triplé historique réalisé par Jessika Rosun, Vanessa Colin et Bernadette Perrine au javelot. Un autre triplé historique tient toujours, notamment à la longueur masculin, réalisé lors des premiers Jeux de 1979 à La Réunion toujours, grâce à Vivian Rivière, Patrick Stanley et Jean Chelin.
Hormis cette performance au javelot féminin, on retiendra l’envolée de Jonathan Drack au triple saut,lui qui a dominé le concours avec un saut de 17m05, mais pas homologué en raison d’un vent trop favorable au stade olympique de St Paul. Saluons également la quatrième médaille d’or de suite décrochée par le lanceur Nicholas Li Yun Fong au marteau et la victoire des deux relais 4x100m avec comme représentants chez les hommes Jonathan Permal, Jean-Yan Degrace, Fabrice Coiffic et Julien Meunier (40:35) et chez les dames, Joanilla Janvier, Amélie Anthony, Aurélie Alcindor, Jessica Marie et Stéphanie Guillaume (45:89)
Au niveau de l’Association mauricienne de Boxe, les résultats ont été moins bons avec seulement trois médailles d’or obtenues grâce à Jordy Vadamootoo, Richarno Colin et Merven Clair. La boxe a certes fait mieux qu’en 2011 avec une médaille de plus, mais toujours est-il que cette performance ne correspond nullement à la valeur qui était sienne dans le passé. Les judokas ont, eux ,fait mieux que les boxeurs en remportant quatre médailles d’or grâce à Laurent Pascal, Priscilla Morand, Annabelle Laprovidence et dans la compétition par équipe féminine (Annabelle Laprovidence, Sarah Sylva, Priscilla Morand, Audrey Cathérine et Kimberley Jean-Pierre).
Quant aux pongistes de l’Association mauricienne de Tennis de Table, ils ont, eux, remporté trois médailles d’or, notamment en double dames grâce à Widaad Guhool et Isabelle Chowree et dans le tournoi par équipe masculin et féminin. Quant au vieux routier qu’est Yannick Lincoln,il s’est lui offert une belle médaille d’or dans la course cycliste en ligne. Il convient de souligner que Yannick Lincoln est le premier athlète mauricien à avoir décroché sa qualification pour les Jeux olympiques de Rio.