L’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam, qui avait été arrêté le 6 février dernier après la perquisition de ses résidences à rue Desforges et à River-Walk, demande que tous ses biens saisis chez lui, y compris les millions de roupies découverts dans ses coffres-forts, lui soient restitués. Dans une plainte logée en Cour Suprême, il réclame également une roupie symbolique comme dommages pour le préjudice subi. L’affaire sera appelée le 14 mai.
Dans sa plainte logée en Cour Suprême, Navin Ramgoolam s’attaque à l’État, au Commissaire de police, à trois officiers du Central Criminal Investigation Department (CCID) — les sergents Ramdoo et Seebaruth et le constable Veder —, ainsi qu’aux trois juges de district Shavina Jugnauth-Chuttur, Kadampanavasini Sockalingum-Juwaheer et Shefali Gannoo. L’ex-Premier ministre fait ressortir dans sa plainte que, lors de la dernière campagne électorale, le Premier ministre sir Anerood Jugnauth, qui était alors le leader de l’Alliance Lepep, avait déclaré publiquement qu’il ordonnerait une enquête policière contre sa personne s’il remportait les élections. L’actuel Premier ministre aurait déclaré que « si mo pa mett Navin andan, mo sanz mo nom ». Selon Navin Ramgoolam, les actions qui ont été prises contre lui après sa défaite aux dernières législatives relèvent « d’une vendetta politique orchestrée par une unité spécifique de la police, le Central CID ». Navin Ramgoolam soutient « qu’il y a des liens de famille entre le chef du Central CID, l’ACP Heman Jangi et le Premier ministre actuel ».
Dans sa plainte, l’ex-PM remet en question les six mandats de perquisition obtenus par les trois policiers par les trois magistrates siégeant en Cour de Port-Louis et de Curepipe. Ces mandats ont autorisé la perquisition des résidences de l’ex-PM, le 6 février dernier, à River Walk, à Floréal — où la police a saisi une importante somme d’argent, deux valises et deux coffres-forts —, et à rue Desforges, à Port-Louis, où une somme d’argent ainsi que six téléphones portables ont été saisis. L’ex-PM avance qu’il « n’avait pas d’alternatives que de les laisser exécuter leurs mandats de perquisition » et rappelle que ce jour-là, une foule s’était rassemblée devant sa résidence à Port-Louis et que certains badauds ont endommagé le véhicule de son homme de loi. Navin Ramgoolam soutient que les six mandats de perquisition étaient « injustes, illégaux et anticonstitutionnels » du fait que le policier requérant un mandat de perquisition a « simplement statué qu’il possédait des raisons valables pour penser qu’un motif pour un mandat existe » et que la magistrate « a trouvé la déclaration suffisante pour accorder un mandat de perquisition ».