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PERSPECTIVE: La face cachée de l’éventuelle réforme électorale…

On assiste en ce moment, après la Private Notice Question de la rentrée parlementaire cette semaine, du « koz-koze » avorté Navin Ramgoolam / Paul Bérenger sur la réforme électorale et le prononcé du Comité onusien des Droits de l’Homme, à une levée de boucliers entre, d'une part, les partisans du BLS en majorité et, d’autre part, les abolitionnistes de tout poil. Mais aussi entre les deux hommes politiques. Une occasion en or à ne pas rater pour Bérenger : couper la poire en deux et ainsi plaire à tout le monde ! Calcul politicien quoi ! Digne d'un vrai stratège qui sait très bien que, de tous les politiciens, seuls Ramgoolam, Boolell et Bachoo peuvent se faire élire facilement sans le BLS…
La situation aurait été burlesque, à voir les honorables membres de notre auguste Assemblée pris à leur propre piège et un chef de gouvernement avouant son impotence sans les trois-quarts et faisant publiquement appel aux trois-quarts (sans jeu de mots) qui, il le sait fort bien, ne lui sont guère acquis, si tout ce tapage autour de la réforme électorale et le BLS ne cachait pas de cruelles vérités.
Le monde entier est, aujourd'hui, en faillite, ayant été construit sur une économie artificielle après que Bretton Woods eût remplacé, en 1948, l'étalon-or par le dollar - du papier et de l'encre sans valeur intrinsèque - comme monnaie de référence. Et Maurice n'y échappe pas, ayant à ce jour une dette de plusieurs centaines de milliards de roupies à rembourser à cause de nos parlementaires passés et présents – et qui s'accroît davantage –, et aussi, avec la chute prévisible du dollar et la hausse du prix de l'or et de l'essence à la pompe. De plus, on sera contraint de déprécier la roupie pour soutenir nos exportations et, en même temps, payer plus cher tant nos importations que les frais d'universités étrangères de nos enfants. La pauvreté gagnera progressivement les autres couches sociales alors que l'austérité sera à l'agenda. On pourra, dès lors, en imaginer les effets sur la stabilité sociale du pays, au vu de la situation préoccupante dans d'autres pays.
« Maja-karo »…
Notons que le gouvernement l'a échappé belle, cette fois-ci, la réforme électorale ayant été astucieusement brandie pour amadouer l'Opposition ; et faire passer en juillet dernier un budget supplémentaire de quelque Rs 6,08 milliards comme une lettre à la poste pour l'exercice financier 2011 ! Et ce, alors même que le Grand Argentier avait annoncé qu'il augmenterait à compter de janvier 2013 le salaire mensuel d'un travailleur mauricien dans le privé de quelques malheureux centaines de roupies ! Et on ose parler de peuple, de l'homme au centre du développement, de bonne gouvernance, de mauricianisme, bla bla bla… ! On dira qu'on n'a pas assez d'argent pour payer plus. Mais, alors comment a-t-on pu dépenser six milliards de plus l'année dernière ? Qui avait autorisé ces dépenses en 2011 ? Où avait-on pu trouver tout cet argent si ce n'est en créant de nouvelles charges sur nos finances ? Pourquoi ne pas rendre le tablier et dire au peuple qu'on est en train de le rouler dans la farine ? Qu'on ne finit pas d'emprunter pour financer nos ministères au lieu de carrément les fermer, à commencer par le ministère des Finances lui-même ? Combien de temps ce petit jeu va-t-il durer avec la complicité ou l'approbation tacite de l'Opposition ? Combien de temps encore durera ce « maja-karo » ?
Le monde est secoué de crises. Le dépeuplement est à l'ordre du jour. On utilise les élections ou des réformes constitutionnelles pour créer des conflits sectaires. La réforme électorale constitue-t-elle véritablement une priorité à Maurice ? Pourquoi ne pas être à l'écoute de tous les Mauriciens, des chômeurs et des gens qui gagnent leurs vies honnêtement en travaillant sur les trottoirs ? Pourquoi ne pas faciliter la vie des gens et les rendre responsables au lieu de durcir les lois et les rendre de plus en plus contraignantes pour le commun des mortels ? Pourquoi ne pas trouver d'alternatives au système économique actuel, repenser notre économie et réduire notre dépendance sur des devises étrangères ?
Quant au prononcé du comité onusien, a-t-on réfléchi à la possibilité que ce soit cette instance qui ait violé l'intégrité constitutionnelle de notre pays en allant à l'encontre du jugement de la Cour Suprême et des conclusions du Privy Council ? Le prononcé n'est-il pas dans un sens une manière de ridiculiser nos deux instances judiciaires suprêmes ? En serait-il de même pour un autre pays comme les États-Unis ou une autre cour comme la Cour européenne de Justice ? Où est « Nou pays, nou fierté » qu'on voit placarder sur tous les murs ? Pourquoi devons-nous subir un ultimatum ? Quel pays aurait-il accepté cela ? Notre souveraineté a-t-elle encore un prix ? N'est-il pas plus judicieux dans l'intérêt suprême du pays de suspendre temporairement nos affiliations aux deux protocoles optionnels de la Convention en donnant les raisons de le faire et, en même temps se servir de ces mêmes raisons pour émettre des réserves à notre ratification de la Convention, même si c'est un peu sur le tard, en soulignant les propres spécificités du pays ? Et ce, pour ne pas blesser le pays davantage ? Question : peut-on le faire ?
Enfin, n'est-il pas temps pour nous, Mauriciens, de mettre en commun nos compétences, d'identifier nos véritables priorités et de repenser notre avenir, tout en préservant nos différentes cultures et nos repères ? Bien sûr qu'on le peut…