Rezistans ek Alternativ en embuscade à l’agenda politique, comprenant les délibérations du comité XLD et le Constitutional Case toujours sur le Roll de la Cour suprême
Préoccupations socio-économiques : la précarité de l’emploi et la politique des bas salaires
Le Challenge sur le plan économique en ce début d’année 2016 pour le compte du gouvernement de Lalyans Lepep est connu : majorer la croissance économique famélique des 3% de ces dernières années pour atteindre les 5,5%, condition sine qua non menant sur la voie du miracle économique. Les prévisions initiales de 3,9% de cette année ne devront nullement suffire. En parallèle, l’incertitude demeure top on the agenda sur le plan politique. Et pour cause ! Deux des leaders politiques, prétendants au poste constitutionnel suprême de Premier ministre, en l’occurrence Pravind Jugnauth, leader du MSM, et Navin Ramgoolam, leader du Labour, sont logés à la même enseigne. Leur avenir sur le plan politique est suspendu à un arbitrage du judiciaire et toute décision de cette instance constitutionnelle se traduira par des conséquences majeures sur l’échiquier. D’autre part, l’agenda sociopolitique se définit sous forme de préoccupations de premier plan, que ce soit sur le plan de la réforme électorale ou encore de combat syndical en faveur de l’introduction d’un salaire minimal.
En ces premiers jours de la nouvelle année, Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam ont les mêmes soucis, soit des rendez-vous de nature délicate. Le leader du MSM, qui aspire à succéder à sir Anerood Jugnauth, en tant que Premier ministre, met actuellement la dernière main en collaboration avec ses conseils légaux aux préparatifs de son appel contre sa condamnation du 30 juin 2015 à douze mois de prison pour conflit d’intérêts dans le méga scandale du siècle de MedPoint de Rs 144 millions.
L’affaire sera prise devant la Cour d’appel au début de la deuxième semaine de janvier. Il est évident que le juge de la Cour suprême désigné pour entendre pendant les deux jours réservés à cet appel ne fera pas connaître son jugement on the bench. Néanmoins, le véritable suspense est encore plus aigu quant aux conséquences du ruling dans un sens comme dans l’autre.
Le leader du MSM sait qu’il jouera son va-tout politique avec l’appel de la semaine du 11. Un jugement en appel favorable à son égard pourrait se révéler n’être qu’une première manche, car l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) sans tête depuis le 31 décembre, et sur avis de l’Office of the Director of Public Prosecutions, dont le patron, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, est sur le sentier de guerre contre l’Hôtel du gouvernement sur plusieurs fronts, peut interjeter appel. Ainsi, un recours au Judicial Committee du Privy Council contre tout éventuel renversement de la condamnation du 30 juin 2014 reste toujours dans le domaine du possible, avec pour résultats que le leader du MSM devrait continuer à faire le pied de grue devant la principale porte d’accès du Prime Minister’s Office au Treasury Building.
Par contre, une confirmation du jugement des magistrats de la Cour intermédiaire, Niroshnu Ramsoondar et Azeam Neerooa, pourrait se traduire par un séisme politique au Sun Trust Building, avec un jeu de positionnement des aspirants leaders aux fonctions suprêmes, jusqu’ici réservées à Pravind Jugnauth. Dans ce scénario, le recours au Conseil privé est également possible même si le principal partenaire de Lalyans Lepep verra sa position être fragilisée vis-à-vis de ses deux partenaires, soit le PMSD et le Muvman Liberater sans compter un regain d’agressivité politique de la part des partis d’opposition, en particulier du PTr, qui redoublera d’efforts dans sa campagne « Kot nou, pena kupab ki ine kondamné ».
De con côté, Navin Ramgoolam doit également passer par les instances judiciaires en ce début d’année dans le cadre des séquelles de l’opération Lakaz Lerwa Lion menée par le Central CID sous la supervision de l’assistant-commissaire de police, Heman Jangi. L’urgence de l’heure pour le leader du PTr porte sur le problème de fond des Rs 220 millions + Rs 4 millions saisies dans les River Walk Coffers lors de la perquisition du vendredi 6 février de l’année dernière.
Navin Ramgoolam s’attend à être fixé sur son sort
Les conseils légaux de l’ancien Premier ministre, menés par Me Gavin Glover, Senior Counsel, devront dans les prochains jours saisir la Cour suprême d’une application formelle en vue d’avoir accès aux documents en possession du Central CID sur les transferts et virements bancaires dans les comptes de Navin Ramgoolam.
Ce volet de l’enquête sur le contenu des Navin’s Coffers, dont les Rs 110 millions sous forme de Never-Used US Dollar Notes avec des numéros de série consécutifs, revêt toute son importance sur cette affaire qui a été révélée au grand jour il y aura bientôt un an. Les premiers éléments de la demande de Legal Mutual Assistance logée auprès d’un pays européen, dans lequel avait transité en dernier lieu cette cargaison de dollars américains avant d’atterrir dans les coffres de River Walk, devront être versés dans le dossier à charge en vue de confondre le principal concerné.
D’autre part, Navin Ramgoolam, s’attend à être fixé sur son sort en ce début de 2016 au sujet des deux premiers dossiers d’enquête bouclés par le Central CID. Le premier, qui concerne les incidents dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 dans le bungalow de Roches-Noires, devra être révélateur dans le sens où cette affaire se transformera en un affrontement direct entre Navin Ramgoolam et le dénommé Rakesh Gooljaury, son ancien bras droit dans les affaires devenu aujourd’hui son ennemi juré sous le signe de Viré Mam.
L’autre dossier également compromettant pour l’ancien Premier ministre vise à confirmer des liens plus qu’étroits avec le clan de Dawood Rawat. In the dying days de 2015, le Central CID s’apprêtait à soumettre des recommandations pour des poursuites au pénal au sujet du prêt de Rs 40 millions accordé par la Bramer Banking Corporation à Navin Ramgoolam pour l’acquisition du campement de Roches-Noires. Il devrait se retrouver sur les bancs des accusés avec des ex-Top Guns de la banque de Rawat, en l’occurrence Hassam Vayid, ancien Chairman du Board. Ce jour, pas un sou n’a été remboursé sur cet emprunt consenti le 18 novembre 2010.
Néanmoins, dans les deux cas, le feu vert de l’Office of the Director of Public Prosecutions sera déterminant quant à la suite qui sera donnée à des premières enquêtes du Central CID depuis le déclenchement de l’opération Netwayaz.
Un autre sujet, qui devrait monopoliser l’attention même si le dénouement devrait se dessiner plus difficilement tant les positions tranchées entre les partis concernés paraissent conflictuelles. La réforme électorale, avec le comité ministériel, dont la présidence a été confirmée au Deputy Prime Minister et leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, représente un pari quasi impossible à gagner à ce jour.
Mais la pression exercée par Rezistans ek Altenativ depuis plusieurs années ne devrait nullement s’atténuer. En prélude à l’affaire sur la réforme électorale, qui sera appelée en Cour suprême le 22 mars prochain, le secrétaire au Cabinet, Satyaved Seebaluck, a écrit officiellement au conseil légal de ce parti, Me Rex Stephen, pas plus tard que le 30 décembre. « The issue of mandatory declaration of community has already been included in the terms of reference of the ministerial committee and it will therefore be addressed in the wider context of electoral reform proposed by government », affirme le chef de Cabinet en vue de rassurer Rezistans ek Alternativ.
La question du salaire minimal
Face à cette nouvelle incertitude, Ashok Subron de Rezistans ek Alternativ appelle à une mobilisation tout azimut. « Eski guvernman Lalyans Lepep pu kav sirmont so bann kontradiksyon intern ek amenn enn reform elektoral ki eliminn klasifikasyon kominal ek so best loser kominal ? Kuma Xavier Duval ( PMSD),  ki defann sistem klasifikasyon kominal, pu zer zesyon Komite Ministeryel, ki li mem prezide? Ki pu pozisyon MMM apre bann deklarasyon an seki konsern Best Loser system resaman?  Antuleka bann muvman sitwayenn ek anti kominal apele a fer tann zot lavwa boner an 2016, pu asire ki reform elektoral ena lye ek reform la anti-kominal ek antrenn enn aprofondisman la demokrasi. Fode met bann lafors paseist ek konservater lor defansiv », fait-il comprendre.
Sur le front social, que ce soit dans les rangs de la General Workers Federation (GWF) ou de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), le mot d’ordre en faveur d’un salaire minimal fait l’unanimité. A la fin de l’année, le National Remunration Board a annoncé l’enterrement des salaires de moins de Rs 6 500 par mois avec des propositions de rajustement des salaires dans 14 secteurs, touchant quelque 100 000 salariés, dont la majeure partie dans la zone franche manufacturière.
Un autre combat syndical sera celui de l’emploi décent avec le négociateur de la GWF s’interrogeant sur la position du gouvernement. « Eski pei Lalayans Lepep pu reysi fer sanzman ki bizin pu buz ver enn model ekonomik ki repoz lor lanplwa desan avek saler desan, olye model ekonomik ki mindev bomarse, kuma finn ena dan dernye 30-40 an? Eski lanplwa pu preker, kontraktyel  ubyen travay kot ena sekirite danplwa? », ajoute Ashok Subron, qui met l’accent sur des amendements à la loi du travail, notamment les questions de droit de grève et de licenciement économique.
Pour sa part, Dany Marie confirme que « nous avons besoin de l’introduction d’un salaire minimal d’au moins Rs 10 000 pour qu’un employé puisse joindre les deux bouts. Il est primordial de préserver l’emploi. Cela passe par l’amendement de Employment Rights Act pour empêcher les patrons de Hire and Fire comme bon leur semble. L’Employment Relations Act doit être amendé pour reconnaître le droit de grève ». Autant d’éléments pour prévoir que la rentrée de 2016 pourrait s’avérer être nullement de tout repos…