Depuis que la statue de Notre Dame de Velankanni est exposée à l’église St Léon, Quartier Militaire, les personnes toutes foi confondues viennent de tous les coins de l’île pour lui offrir leurs prières. Sur place, on parle de phénomènes extraordinaires. En peu de temps, l’église de St Léon est devenue un lieu de pèlerinage incontournable. Les personnes n’hésitent pas à faire la queue pendant des heures pour être reçues par le prêtre.
Il y avait des fidèles partout. Assis sur les marches de l’église, debout dans la cour, regroupés dans la grotte… Ceux-là n’ont pas pu trouver une place dans l’église qui avait été prise d’assaut depuis le matin, pour une messe qui devait avoir lieu dans l’après-midi. L’engouement n’est pas sans rappeler les premières sessions de prière du père Jocelyn Grégoire. Mais on est loin de là. Les fidèles sont venus prier Notre Dame de Velankanni et obtenir la bénédiction du prêtre.
Notre Dame de Velankanni est une représentation de la Vierge Marie telle qu’elle serait apparue dans le village du même nom, en Inde. Le père Dorai Raj, prêtre d’origine indienne et basé à la paroisse de St Léon est derrière ce phénomène. Il ne s’attendait pas à une telle réaction des Mauriciens, mais d’emblée, il avance que c’est Notre Dame de Velankanni elle-même qui en a voulu ainsi.
Au cours d’une messe célébrée à Saint Sébastien, L’Espérance, le père Dorai Raj tombe sur une photo de Notre Dame de Velankanni. Et en interrogeant ses fidèles il découvre que ceux-ci ne connaissent pas son histoire. « Leurs ancêtres priaient Notre Dame de Velankanni et ils ont continué cette pratique sans en connaître l’histoire. Lors d’un voyage en Inde, j’ai décidé d’en rapporter une statue et nous avons construit la grotte ici depuis septembre 2010. » Il faut dire que c’est surtout au sein de la communauté indo-catholique que le phénomène a commencé à prendre de l’ampleur, avant de s’étendre à toutes les religions.
C’est le cas de Bharati, qui vient régulièrement de Saint Julien D’Hotman pour prier Notre Dame de Velankanni. Elle parle de ses « visions » en pleurs et se jette aux pieds du prêtre. Bharati n’est pas catholique. Elle dit venir en pèlerinage ici parce que c’est son propre Dieu qui le lui a demandé.
Relatant l’histoire de Notre Dame de Velankanni, le père Dorai Raj avance que cela s’est passé au 17e siècle en Inde. « Un jeune garçon allait livrer du lait à un grand patron du village. Après s’être endormi près d’une rivière, il est réveillé par une grande lumière. Il voit ainsi une belle dame tenant un enfant dans sa main, lui demandant du lait à boire. Sans hésiter, il lui en donne. » Une fois chez le patron, il se fait gronder car il manque du lait dans le récipient. Le jeune garçon raconta alors sa vision mais personne ne le crut. Mais au même moment, le lait commence à déborder du récipient. Le patron qui était très sévère, changea son coeur depuis ce jour et fit construire une chapelle en paille à Notre Dame de Velankanni.
Deux autres apparitions de la Vierge sont attribuées à cette même région. La deuxième à un enfant handicapé qui fut guéri. Et la troisième, au capitaine d’un bateau en détresse, qui fit construire une église en Inde dédiée à Notre Dame de Velankanni. Elle y est encore.
Depuis la deuxième apparition, Notre Dame de Velankanni est aussi surnommée Notre Dame de la Santé. C’est ce qui explique sans doute l’engouement des Mauriciens pour ce lieu de pèlerinage. Beaucoup de malades viennent prier et demander la bénédiction du prêtre. Certains n’hésitent pas à parler de « guérison miraculeuse ».
Devant une telle situation, le père Dorai Raj a décidé de consacrer ses mercredis et ses vendredis uniquement à recevoir des fidèles. Quand on passe du côté de Quartier Militaire ces jours-là, on voit les personnes faisant la queue et attendant leur tour. Il faut au préalable prendre un numéro. D’autres achètent le livret pour faire la neuvaine à Notre Dame de Velankanni. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’a pas vu un tel engouement pour un lieu de culte, depuis longtemps.