PHILIPPE REY, éditeur : « Au catalogue de l’éditeur, environ un livre sur trois connaît l’échec commercial »

L’éditeur d’origine mauricienne Philippe Rey a participé la semaine dernière aux rencontres professionnelles des éditeurs et libraires francophones, organisée par le Bureau international de l’édition française et l’Organisation internationale de la francophonie. Avec le recul de son pays d’adoption, une longue expérience chez Stock puis dans la maison qui porte son nom, il nous parle ici de ses expériences de coédition, de ses collaborations avec les écrivains africains et de sa perception du marché du livre dans l’océan Indien. De Boubacar Boris Diop à Joyce Carol Oates, en passant par Christiane Taubira, Felwine Sarr ou Kerry Hudson, il nous raconte aussi ses coups de cœur et ses grands bonheurs de lecture et de partage.

Quel regard portez-vous sur le marché francophone de l’édition ?
Le marché de l’édition francophone est assez compliqué pour les éditeurs, dans le sens où tout dépend de la taille de leur marché… Les éditeurs canadiens ou suisses peuvent être indépendants par rapport au marché français même s’ils sont assez demandeurs de partenariats avec les maisons d’éditions françaises. Par exemple, je travaille régulièrement avec Mémoires d’encrier au Québec, avec qui j’ai publié pour la première fois cette année un roman de l’auteur haïtien Rodney Saint-Éloi par exemple. Le problème se pose surtout pour de plus petits marchés comme ceux de Maurice, des Comores, de Madagascar et beaucoup de marchés africains, dont la taille critique est insuffisante pour que des éditeurs indépendants puissent être viables. Ils sont condamnés à faire des éditions locales sponsorisées ou à compte d’auteurs, ou avoir des partenariats avec des éditeurs français, avec toujours un risque pour eux que leur auteur se rapproche de l’éditeur français et veuille finalement traiter directement, voire exclusivement, avec lui. Lorsque j’édite des auteurs étrangers ou des francophones venant de l’espace francophone hors Hexagone, j’essaie de respecter le lien entre l’éditeur d’origine et l’auteur, je crois que c’est très important.

Vous ne débauchez pas les auteurs… Quels avantages à cela ?
C’est contraire à ma déontologie. Les auteurs se plaignent souvent de ne pas avoir accès au marché français. J’ai lu souvent dans la presse mauricienne que les auteurs se plaignaient de ne pas avoir accès aux marchés étrangers. Mais la question ne relève pas tellement des structures ou des accords éditoriaux, mais plutôt de l’universalité de l’œuvre. Tel texte de tel auteur francophone va-t-il en effet trouver des lecteurs sur le marché français ? Peut-il intéresser un public étranger ? Beaucoup d’auteurs mauriciens ont été publiés en France avec un certain succès, d’Ananda Devi à Nathacha Appanah, en passant par Barlen Pyamootoo, Shenaz Patel, Carl de Souza, etc. À mon avis, la difficulté d’accès pour les auteurs mauriciens ne se pose pas. Beaucoup d’éditeurs à Paris sont intéressés par la littérature qui vient d’ailleurs. Moi-même si je trouve un manuscrit d’auteur mauricien intéressant, je serai très heureux de les publier. Il y a quelques confrères sur la place parisienne qui sont du même avis que moi. Nous publions des Antillais, des Haïtiens, des Africains. Pourquoi pas des Mauriciens, des Malgaches, des Comoriens ou des Réunionnais ?

N’est-ce pas un phénomène relativement récent dans l’édition française ? On a souvent parlé dans le passé du manque d’ouverture des éditeurs de la France hexagonale, y compris à l’égard des auteurs du monde francophone…
Non pour moi cette attitude existe au moins depuis une vingtaine d’années quand même. N’oubliez pas le Goncourt attribué en 1992 à l’auteur antillais Patrick Chamoiseau pour Texaco. À ce moment-là, les gens ont commencé à s’intéresser à la littérature antillaise, puis les éditeurs ont proposé encore d’autres littératures. Vous avez Alain Mabanckou qui a remporté le Renaudot avec Verre cassé et qui est entré au Collège de France cette année, l’auteure rwandaise Scholastique Moukasonga (prix Renaudot et Ahmadou-Kourouma), Danny Laferrière, Haïtien élu membre de l’Académie française depuis 2013. Ces reconnaissances viennent couronner un intérêt qui existe depuis un certain temps déjà. Bien sûr, ce n’est pas facile pour tout le monde.

Vous avez marqué l’actualité en publiant “L’Afrique répond à Sarkozy” en 2008, livre dans lequel plusieurs grands intellectuels africains répondent au discours de Dakar de l’ancien président français. Mais d’une manière générale, quels sont les auteurs africains que vous publiez ?
Je publie l’intellectuel sénégalais Boubacar Boris Diop depuis plusieurs années (La gloire des imposteurs : Lettres sur le Mali et l’Afrique, coécrit avec Aminata Traore, L’Afrique au-delà du miroir ou encore Les petits de la guenon, Kaveena et L’impossible innocence). Récemment, nous avons sorti l’essai Afrotopia de Felwine Sarr, un intellectuel sénégalais lui aussi, qui a une grande influence en Afrique en ce moment auprès des jeunes. Felwine a organisé récemment avec Achille Mbembé Les ateliers de la pensée à Dakar, en invitant les grands intellectuels africains qui comptent aujourd’hui.

Parlez-nous de ce qui vous intéresse chez ce penseur…
Économiste à la base, Felwine écrit aussi des fictions et j’aimerais bien publier un de ses romans un jour. Felwine Sarr a beaucoup de facettes. Il est convaincu que l’Afrique peut et doit s’en sortir par elle-même sans sombrer ni dans l’habituel afro-pessimisme ni dans cet afro-optimisme béat qui nous parle du continent de l’avenir, etc. Il faut lutter contre un afro-pessimisme qui disait qu’il n’y avait aucun avenir pour l’Afrique. Quand Sarkozy a dit que l’Afrique n’est jamais entrée dans l’histoire, c’était quand même une insulte à des dizaines de millions de personnes ! Felwine Sarr propose une solution médiane, qui prenne en compte les sociétés traditionnelles et renonce à la dictature des indices de productivité au nom desquels on peut tout se permettre aujourd’hui. Il invite à prendre en compte certaines spécificités tout en ne reniant pas les réalités économiques bien sûr. Il faut trouver d’autres moyens de résoudre à la fois ces conflits, ces problèmes économiques et ces blocages de société.
Ce texte a été une belle surprise commerciale cette année. Tous les étudiants le lisent. Felwine a aussi une maison d’édition, Jimsaan, et il est libraire. J’ai coédité avec lui Comment philosopher en islam de Souleymane Bachir Diagne, moi pour le marché français, lui pour le marché sénégalais. Ce sont des collaborations que j’aime beaucoup car les éditeurs locaux nous demandent une résonance sur des marchés francophones à des projets qui sinon seraient diffusés seulement localement. En passant, je voudrais dire que je suis à la disposition des auteurs mauriciens, dont je reçois très peu de manuscrits. Étrangement, je reçois beaucoup de propositions d’Afrique de l’Ouest mais pratiquement rien de la région dont je suis originaire.

Ces coéditions se produisent-elles aussi dans le sens inverse ?
J’ai travaillé avec des éditeurs locaux à travers l’Alliance internationale des Éditeurs Indépendants (AIEI) sur deux projets. Par exemple, nous avons coédité un roman de Boubacar Boris Diop dans cinq pays d’Afrique sur une proposition de l’AIEI. Je centralise l’édition, le livre est imprimé et édité en un seul lieu, en France, je cède les droits pour les pays francophones, et les éditeurs de ces pays gèrent la diffusion dans leur zone géographique. C’est quasiment du militantisme éditorial ou de l’édition solidaire. Nous avons mené le même type d’opération avec Mes étoiles noires de Lilian Thuram, qui était très triste que les jeunes Africains ne puissent pas lire ce livre. Cette opération également menée avec l’AIEI et la fondation Lilian Thuram a permis de toucher en 2014 douze pays africains, dont Madagascar, pour un tirage total de 30 000 exemplaires, ce qui est un très gros succès. Le livre a été imprimé au Canada par Mémoires d’encrier et a ensuite voyagé vers le continent africain car il y a un déficit d’imprimeurs sur le continent. Lilian Thuram a fait une tournée dans une dizaine de pays, il a été dans les écoles et a parlé avec les enfants, c’était en quelque sorte le point d’orgue de cette belle aventure. Il est venu à Maurice dans un autre contexte car on n’a pas trouvé d’éditeurs intéressés ici. Ces exemples montrent qu’il y a des choses à faire pour que les éditeurs puissent publier à des conditions intéressantes.

Mais comment regardez-vous l’édition dans l’océan Indien ? Y aurait-il un moyen de faciliter la circulation des livres entre nos îles où les locuteurs du français sont nombreux ?
Le problème ici est que chaque marché est différent. La Réunion joue un rôle moteur et représente un marché très différent des autres. Tous les enfants réunionnais qui vont jusqu’au Bac ont fait de la littérature, ce qui n’est pas forcément le cas des jeunes Mauriciens diplômé du HSC. Le prix du livre est-il dissuasif ? Probablement. Quand on va chez les libraires mauriciens, c’est un peu comme les petites librairies de province en France où on ne trouve quasiment que des best-sellers. C’est le signe que ce marché est très faible. Il faut peut-être essayer de parler un peu plus des livres, qu’ils soient plus présents dans les médias.

Le marché électronique peut-il contribuer à résoudre ce type de problème ?
Tous nos livres sont disponibles en version téléchargeable. Mais en France le livre électronique ne représente que 2,5 % du marché du livre, parce que le prix fixe du livre pour les éditeurs français permet de protéger les libraires. Nous avons un des plus beaux réseaux de libraires au monde. Si ces versions électroniques étaient vendues à un prix plus proche de leur coût, cela mettrait certainement en péril le flux d’achat de livres physiques dans toutes ces librairies qui jouent un rôle très important pour le livre et le commerce détail. Jusqu’à présent, cette stratégie a très bien marché. Ceux qui veulent télécharger les livres peuvent le faire avec une décote de 25 %. Dans le monde anglo-saxon, on casse les prix à 50 % par rapport aux versions en papier. Peut-être que le téléchargement numérique pourrait être une chance pour les lecteurs à Maurice car cela permet une immédiateté de l’accès au livre vraiment intéressante.

Comment expliquez-vous le succès phénoménal de Joyce Carol Oates que vous éditez depuis longtemps maintenant ?
Joyce Carol Oates est un peu le fleuron de la maison. Elle écrit depuis les années soixante. J’ai commencé à l’éditer chez Stock mais elle était déjà éditée en France depuis longtemps. J’ai publié pas loin d’une trentaine de livres d’elle et mon programme de parutions avec elle est rempli jusqu’en 2019 à raison de trois romans par an, traduits en français. Un des prochains est The book of American martyrs qui fait 900 pages en anglais, auxquelles il faudra en ajouter environ 20 % pour la version française. C’est un roman absolument hallucinant de force qui porte sur la bataille entre les pro et les anti avortement aux États-Unis, et qui se termine sur quatre matchs de boxe. Joyce Carol Oates porte en elle une inventivité inouïe. Plus elle écrit, plus ce qu’elle écrit est bon. Elle vit une espèce d’âge d’or de l’écriture.

Son œuvre a été évoquée pour le Nobel de littérature…
Elle est nobélisable depuis 1979 quand elle a reçu pour la première fois la visite de représentants de l’Académie Nobel. Elle avait environ quarante ans et elle le vivait alors comme une épée de Damoclès, se disant que si elle obtenait ce prix, ce serait une catastrophe pour son œuvre. Elle en parle avec beaucoup de lucidité dans son journal. On dit généralement qu’il vaut mieux avoir cette distinction le plus tard possible car le Nobel de littérature paralyse, statufie presque les écrivains. Ils deviennent des sortes d’écrivains officiels et n’ont souvent plus la même spontanéité, la même liberté, la même innocence. Elle ne souhaitait pour rien au monde avoir le Nobel si tôt. Aujourd’hui ça lui ferait peut-être plaisir mais ce n’est pas important pour elle. Personnellement, j’ai été assez déçu que le Nobel ait été attribué à Bob Dylan cette année, car ça fait 24 ans qu’un écrivain américain n’a pas été récompensé, le dernier étant Tony Morrison. Face à des écrivains tels que Philippe Roth, Don de Lillo, Cormac Mc Carthy, et bien sûr Joyce Caroll Oates, donner le Nobel de littérature à Bob Dylan qui est un magnifique artiste dans son domaine, mais dont les œuvres ne tiennent pas sans la musique, c’est humiliant pour les Américains qui ont une œuvre importante.
L’année où Le Clézio a eu son prix, un article de Time Magazine avait tiré à boulets rouges contre la culture française, avançant que la France ne représentait plus rien. À l’époque, en 2008 donc, le secrétaire perpétuel de l’académie Horace Engdahl a répondu publiquement en accusant les États-Unis de fonctionner en vase clos, de ne pas être assez ouverts sur l’extérieur, de ne pas traduire suffisamment d’œuvres, etc. L’académie ne fait jamais cela. Il a fallu attendre huit ans pour distinguer un Américain mais ils le font en choisissant un artiste hors du sérail de la littérature, un éternel rebelle. D’ailleurs je me demande si Bob Dylan n’était pas lui-même gêné par cette distinction, s’il ne s’est pas senti comme un imposteur.

Comment l’écriture de Joyce Carol Oates a-t-elle évolué au fil du temps ?
Pour moi, elle est une sorte de Balzac américain. Elle offre une description extrêmement intéressante de l’Amérique contemporaine. Elle aborde les questions raciales, les questions du passé, des migrants, de la vie dans les villes industrielles, les rapports familiaux, la démesure des médias américains. Vous avez tous ces grands thèmes américains qu’elle exploite jusqu’au bout, avec une grande exigence. Son œuvre est une sorte de comédie humaine américaine, et elle continue dans ce sens. Sacrifice parle des questions raciales, d’une façon assez surprenante car elle aime attaquer le politiquement correct. Plus tard, elle abordera l’amnésie et la manipulation du cerveau, dans The man without a shadow.

Serait-il possible d’inventer un modèle du type de l’Association des éditeurs indépendants que vous évoquiez tout à l’heure, pour l’océan Indien, où il est assez compliqué de se procurer les livres édités dans les îles voisines ?
Il faudrait monter un réseau d’éditeurs locaux, Malgaches, Réunionnais, Comoriens, voire même de quelques pays d’Afrique de l’Est ou plutôt d’Afrique de l’Ouest qui est plus francophone, et voir s’il est possible d’imprimer à Maurice ou à La Réunion à de bonnes conditions et de là, les expédier en petites quantités sur les différents marchés. Mais cela suppose que les mêmes livres intéressent tous les marchés. Il faut trouver une certaine cohérence dans la politique éditoriale. Il y a certainement des choses à inventer mais de toute façon, cela demandera le soutien de mécènes. Il faut comprendre que par rapport aux investissements qui sont faits dans la culture, le livre ne coûte pas très cher à mécéner… Tout passe par la coopération internationale. Sinon ces marchés sont trop faibles et petits.

Vous éditez un petit livre intitulé “Dire ne pas dire”… Vous lancez-vous dans les précis de grammaire ?
Au départ, c’est une rubrique du site de l’académie française, Questions de langue, pour répondre aux questions des internautes sur les fautes de français qu’on fait tous. On en est au troisième volume et ça marche très bien. Le public français a une passion pour la langue. Par exemple, dans quel cas dit-on agir de concert ou de conserve ? Plus vous avancez dan ces questions de raffinement de la langue, plus vous vous apercevez que la langue française a son génie, qu’elle est très intelligente, extrêmement logique.

Vous avez un catalogue très varié mais vous imposez-vous des limites en termes de genre ?
Je ne publie pas de livre pour la jeunesse, pas de sciences humaines spécialisées comme la philosophie, l’histoire, la linguistique, etc. Je ne publie pas d’ouvrages de référence, ni de science-fiction, ni de fantasy ou encore de littérature sentimentale de type Harlequin.

Que recherchez-vous en littérature ou à travers les essais que vous éditez ?
Les essais représentent à peu près la moitié de ce que nous éditons. En littérature je cherche prioritairement l’originalité d’une écriture, d’un univers. Un écrivain écrit quelque chose que quelqu’un d’autre n’aurait pas pu écrire à sa place. C’est instinctif. Ce n’est pas scientifique, chaque éditeur a son approche. J’essaie aussi parfois de ne pas faire jouer mes propres critères de goût, en ce sens que je peux publier des livres que je n’aurais pas forcément achetés moi-même, mais je reconnais la force et l’intérêt de l’auteur et de son œuvre. Avec le temps on acquiert une certaine souplesse, une ouverture et on aiguise ses outils de recherches. C’est un vrai bonheur de publier un nouvel écrivain. J’ai eu une très belle surprise avec Sophie Daul qui a publié chez nous Camille mon envolée, et qui a été notre succès d’édition de la rentrée littéraire 2015, classé meilleur premier roman par la revue Lire.
Et puis nous avons eu le prix Femina étranger pour le deuxième roman d’une jeune écossaise, Kerry Hudson. C’était aussi le couronnement d’une découverte pour nous. Nous connaissons aussi des échecs commerciaux. Je dirais qu’au catalogue de l’éditeur, environ un livre sur trois connaît l’échec commercial. C’est très dur pour les éditeurs mais ça l’est beaucoup plus pour les auteurs, car ces livres représentent deux, trois, quatre années de travail. Pour l’auteur qui a mis une partie de sa vie dans un livre, ce genre d’échec est d’une extrême violence. L’éditeur perd de l’argent mais l’auteur perd beaucoup plus que cela.

Peut-il y avoir une seconde vie pour un livre qui a connu l’échec ?
Ça peut venir en cas de succès d’un livre ultérieur du même auteur qui va rejaillir sur ses parutions précédentes. Les choses vont très vite aujourd’hui, les rythmes de parutions littéraires font que les livres remplacent les précédents à un rythme effréné. Une rentrée littéraire est une sorte de gros entonnoir avec 750 ouvrages publiés, dont on sait que les deux tiers ne marcheront pas.

Comment faites-vous pour tenir en tant qu’éditeur indépendant sur ce marché dominé par des grandes maisons ?
Nous tenons le coup justement parce que nous sommes petits. Nous ne sommes que trois salariés, je sous-traite beaucoup de choses à l’extérieur. Puis nous publions des documents à côté de la littérature, qui permettent de compenser les années où la littérature a moins de succès. Les ouvrages de ce monument du cinéma qu’est Michael Lonsdale, ceux du prêtre-ouvrier Guy Gilbert ou encore cette année nous avons eu Murmures à la jeunesse de Christiane Taubira, qui est sorti à 750 000 exemplaires. C’est une aventure éditoriale dont je suis fier car elle m’avait demandé de fabriquer le livre et de le vendre dans la plus grande discrétion. Elle a démissionné le 26 janvier. La France a appris qu’elle démissionnait le jour où les livres arrivaient en librairie. Nous devions garder le secret, les diffuseurs ne l’ont su que trois jours avant et les libraires ont découvert le livre dans les cartons. Seuls le directeur de la rédaction du Monde et l’équipe de Laurent Ruquier puisqu’il y a eu un enregistrement le jeudi suivant la parution du livre, étaient dans la confidence. Les libraires ont commandé sous X. Comme je ne fais jamais ce genre de chose, ils ont passé commande pour une mise en place de 50 000 exemplaires. Le livre était déjà imprimé quand François Hollande a appris la démission. Nous tenons le coup parce que nous avons diversifié les domaines d’édition.