Le piège de l’énergie cinétique (suite)

La vue est le sens essentiel pour toute catégorie d’usagers de la route. L’homme est naturellement programmé pour circuler à pied et à une vitesse moyenne de 3,5 km/h en marchant ou de 10 km/h en courant. Son champ de vision est, entre autres, adapté à ces vitesses de déplacement. Cependant, lorsqu’il se déplace à des allures supérieures, par exemple en conduisant un véhicule motorisé, son champ visuel se rétrécit, compromettant la sécurité de son parcours si les limitations et les précautions appropriées ne sont pas respectées. Si à 40 km/h, le champ est à 100 degrés, par conséquent, à 130 km/h, il sera réduit à 30 degrés ! À cette vitesse, qui d’ailleurs n’est pas permise sur nos routes, mais qui est fréquemment enregistrée chez des milliers d’automobilistes irresponsables, les piétons, animaux, cyclistes et motocyclistes sont complètement occultés en périphérie. Une seule incartade suffit pour provoquer une funeste débandade qui sera d’ailleurs très difficile à éviter, considérant les 150 mètres que nécessite le véhicule pour absorber son énergie cinétique après freinage. Ceux qui ont inventé les limites de vitesse ne sont pas des imbéciles. Nous sommes fragiles et la vie ne tient qu’à un fil d’autant plus que les différentes catégories d’usagers de la route ne sont pas séparées sur nos routes.
Dans certains pays, les deux roues motorisées, les piétons et les cyclistes occupent des tronçons séparés. Chez nous, l’espoir initial réside dans notre capacité de bien voir et de se faire voir. Or, nombreux sont ceux qui portent des habits sombres la nuit et qui seront visibles à 25 mètres par les phares d’un véhicule, alors que ce n’est qu’à moins de 35 km/h qu’un véhicule pourra l’éviter ! D’où la nécessité du piéton aussi de se protéger en fonction des vitesses auxquelles il s’expose.

“Last but not least”

Si la vie n’a pas de prix, l’amour, lui, en a un. C’est celui de la responsabilité et, là, je m’adresse particulièrement aux parents. Vous qui peinez pour l’avenir de vos enfants, je peux vous assurer, ayant rencontré plusieurs parents anéantis par la disparition soudaine de leurs enfants dans des accidents, que rien n’est pire qu’une telle situation. Aussi, vous êtes invités à avertir vos enfants des dangers de la vitesse. Cela se fait d’abord en donnant le bon exemple, puis en vous assurant que votre enfant maîtrise la sagesse, le sens de la responsabilité et les aptitudes à conduire un véhicule sur la route. Je ne vous souhaite pas d’être les fossoyeurs de vos propres enfants en négligeant votre responsabilité primordiale, soit celle de vous assurer qu’ils ne meurent pas avant d’avoir vécu. Ne sont-ils pas la prunelle de vos yeux ?

P. S : les jeunes sont largement représentés dans les accidents impliquant la vitesse.