PINK FLOYD THE MAURITIAN TRIBUTE : Comfortably Numb

Excellent concert que celui donné à Casela World of Adventure samedi soir. Pink Floyd The Mauritian Tribute s’est déroulé dans l’esprit du groupe. Voilà comment l’on s’est ressenti Comfortably Numb.
Les avis divergent quant au vrai sens de cette chanson considérée comme l’une des plus appréciées des fans de Pink Floyd. Entre les refrains blancs de David Gilmour et les couplets sombres de Roger Waters, d’aucuns parlent aussi d’un agréable engourdissement provoqué par une de ces quelconques substances qui ont écarté Syd Barret de l’immense succès qu’il avait déclenché après la création du groupe anglais au milieu des années 60. Mais comme gravée sur la face éclairée de la lune, l’histoire de Pink Floyd est éternelle. Elle ne se racontera jamais au passé tandis qu’elle vogue constamment sur les airs du présent propageant à travers le temps cette sensation Comfortably Numb qui ne provoque jamais d’OD. Mais faut-il encore que l’esprit, l’univers, le génie de Pink Floyd soient respectés pour que chaque hommage soit effectivement another brick in the wall dans la construction de l’édifice. Pink Floyd The Mauritian Tribute 2017 a fait sa part et a gagné le mérite d’être cité. Le concert donné à Casela samedi soir fait date indéniablement.
Rien n’était pourtant gagné pour l’équipe qui s’est attelée à l’improbable défi que de reprendre l’un des groupes les plus mythiques du rock progressif/psychédélique. Face aux irréductibles venus en nombre, la moindre fausse note aurait fait tache dans le tableau. Manquer de respect au sacré tiendrait du sacrilège : elle l’aurait cher payé. Mais, rassurez-vous, personne n’a été conduit au bûcher. Ce sont finalement de chaudes et sincères acclamations qui ont fermé le concert après la dernière note.
Des incontournables présents sur les compils marquées du sceau best of aux titres plus pointilleux, Pink Floyd The Mauritian Tribute a passé en revue les différents moments qui ont marqué le groupe qui a connu plusieurs saisons. Au sein des spectateurs composés d’émules de différentes générations, chacun a trouvé sa part et certains couplets ont été repris en chœur. Un concert vécu le sourire aux lèvres, les sens en éveil portés par ce capharnaüm de sons, de mélodies et de lumière libérés comme des bêtes indomptées dans le parc pour voguer jusqu’à l’horizon aux larges des côtes de Rivière-Noire.
Tout cela à mettre sur le compte de la très bonne, voire souvent excellente, performance des artistes réunis pour que cet hommage ne soit pas un pâle ersatz. On devine la grande préparation nécessaire en amont pour construire un tel projet où la reproduction des morceaux ne suffit pas. Faut-il encore savoir les incarner, leur donner de la dimension et tout placer dans cet univers où la moindre petite vibration a toute son importance et où le plus banal des bruitages fait toute la différence. Fidèle le plus souvent, l’équipe a aussi pris des libertés qui en valaient le détour, comme pour sa version jazz de Money.
De la dextérité, certes, mais aussi de l’humilité dans le jeu pour que ce soit avant tout l’œuvre qui soit mise de l’avant et non pas soi ou des histoires d’ego. La sobriété optée dans le jeu de scène des artistes a permis à l’esprit de Pink Floyd de prendre possession de ce spectacle qu’il a habité à chaque instant. Yavin Coopan, Steed Lebon, Arnaud Gauthier, Marc Giraud, Eric Desvaux, Ashvin Seewoochurn, Roro Constantin, John Chee-Ting, Grace Gauthier et Mirella Desvaux ont eu le ton et l’inspiration justes. Et très certainement la performance de Thibault de Robillard à la lead guitar a donné à ce spectacle sa puissance et son sens.
Des écrans géants, des images puisées des clips, des effets de lumières psychédéliques pour contribuer à cet univers reconstitué à Casela. Un concert donné au clair des étoiles ; des crazy diamonds venus dire Wish you were here.